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Il y a 30 ans, une explosion faisait 26 morts dans une mine en Nouvelle-Écosse

Un homme devant un monument à la mémoire des mineurs morts.

Joe MacKay vient chaque année se recueillir devant le monument des mineurs morts dans l'explosion de la mine Westray, en 1991. Son frère y a perdu la vie.

Photo : CBC/Paul Palmeter

Radio-Canada

Joe MacKay n’oubliera jamais l’explosion à la mine Westray, il y a 30 ans.

Le coup de grisou dans la mine de Plymouth, en Nouvelle-Écosse, a tué 26 mineurs, dont son frère Mike.

Il aimait ses motos. Il avait un modèle chopper. Il aimait sa famille. Ses enfants signifiaient tout pour lui , se souvient Joe.

Mike avait 38 ans. Il était père de deux jeunes enfants.

Comme les autres employés, il travaillait à la mine depuis seulement neuf mois après son ouverture en septembre 1991.

Une vue aérienne de la mine Westray, le 11 mai 1992. Deux jours plus tôt, une immense boule de feu a parcouru les tunnels de la mine, tuant 26 mineurs.

Une vue aérienne de la mine Westray, le 11 mai 1992. Deux jours plus tôt, une immense boule de feu a parcouru les tunnels de la mine, tuant 26 mineurs.

Photo : La Presse canadienne / Kerry Doubleday

Une étincelle provenant d’une machine à découper le charbon a mis le feu à une fuite de méthane dans le puits de la mine. Ce gaz, mélangé à de la poussière de charbon, a provoqué l’explosion.

Les corps de 11 mineurs n’ont jamais été retrouvés. Parmi eux, Mike MacKay.

« Le seul répit que j’ai eu, c’est que mon autre frère était censé aller travailler à la mine ce soir-là et qu’il a changé d’avis. Il a annulé son quart de travail. Si ce n’était pas de cela, il aurait été là aussi. »

— Une citation de  Joe MacKey, frère d'un mineur tué

Lundi matin, 30 ans après les événements tragiques, une marche et des cérémonies ont eu lieu à Plymouth, près du monument commémoratif.

Des élèves du secondaire profiteront également de cette journée pour en apprendre davantage sur les répercussions de la catastrophe de la mine Westray sur les règles en matière de sécurité au travail en Nouvelle-Écosse.

La Loi Westray

Avant l’explosion, plusieurs préoccupations en matière de sécurité avaient été soulevées par les employés, des représentants syndicaux et des inspecteurs du gouvernement.

Depuis la tragédie, des changements ont été apportés aux lois, notamment sur la façon d’établir la responsabilité criminelle des entreprises lors de décès ou de blessures en milieu de travail.

Monument commémoratif de la tragédie de Westray à Pictou en Nouvelle-Écosse.

Le monument commémoratif de la tragédie de Westray à Pictou, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Elisa Serret

Le projet de loi C-45, communément appelé la Loi Westray, est entré en vigueur en 2004.

Malheureusement, au cours des 10 premières années suivant l’adoption de ce projet de loi, aucune accusation de négligence criminelle n’a été portée. Je ne crois pas que ce projet de loi a donné les résultats escomptés et nous avons encore du travail à faire à cet égard , déplore Danny Cavanaugh, président de la Fédération du travail de la Nouvelle-Écosse.

Poursuites et accusations

Une poursuite d’une valeur de 30 millions $ a été intentée contre le gouvernement de la Nouvelle-Écosse de la part des familles des mineurs décédés. La Cour suprême de la Nouvelle-Écosse a rejeté la requête, statuant que la province était protégée des poursuites en vertu de la Loi sur la compensation aux travailleurs.

L’entreprise qui exploitait la mine, Curragh Ressources, a été accusée de 52 chefs d'accusations non criminels pour l'exploitation d’une mine non sécuritaire. La compagnie a fait faillite en 1993.

Les accusations ont ensuite été abandonnées après qu’un juge de la Nouvelle-Écosse ait critiqué la façon dont elles avaient été portées. La Cour suprême du Canada a alors ordonné la tenue d’un nouveau procès.

Des accusations de négligence criminelle et d’homicide involontaire avaient été déposées contre les gestionnaires de la mine, Gerald Phillips et Roger Paris. Elles n’ont rien donné lorsque la Couronne a suspendu les procédures, affirmant qu’il n’y avait pas assez de preuves pour assurer une condamnation.

Clifford Frame, fondateur et directeur général de Curragh Ressources, a refusé de témoigner pendant une enquête publique, tout comme Marvin Pelley, ancien président de la mine Westray.

L’enquête n’avait aucun pouvoir fédéral, ce qui signifiait que les assignations à comparaître ne pouvaient pas être exécutées à l’extérieur de la Nouvelle-Écosse, laissant les dirigeants de la compagnie en sécurité à leur siège social de Toronto.

Des rayons de lumière

Après la catastrophe, Joe MacKay a été l’une des personnes qui a milité pour l’aménagement d’un lieu commémoratif. Des arbres ont été plantés dans un parc, un pour chacune des 26 victimes.

Un monument commémoratif aux morts de l'explosion à la mine Westray.

Les noms des 26 mineurs morts dans l'explosion de la mine Westray, il y a 30 ans, jaillissent comme des rayons de lumière d'une lampe de mineur sur ce monument commémoratif.

Photo : CBC/Paul Palmeter / Paul Palmeter

Leurs noms apparaissent dans des rayons de lumière sortant d’une lampe de mineur sur un monument au cœur du parc.

Joe MacKay soutient que le 9 mai est un jour où il va toujours se réunir avec son petit frère.

Si je suis encore vivant pour le 40e anniversaire, alors je serai présent , promet l’homme maintenant âgé de 73 ans. C’est quelque chose en quoi la famille croit et cela nous fait nous sentir un peu plus proches de notre communauté.

D’après les informations de CBC

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