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Un site Internet qui sert de babillard pour revendiquer des actes de vandalisme de militants anarchistes est sous la loupe des autorités policières.

Un site Internet qui sert de babillard pour revendiquer des actes de vandalisme de militants anarchistes est sous la loupe des autorités policières.

Photo : capture d'écran

Le site Internet Montréal Contre-Information, actif depuis une dizaine d'années, est dans la mire des policiers après une série de revendications d'actes de vandalisme pour protester contre le capitalisme.

L'une des plus récentes victimes de ces militants d'extrême gauche est l'ex-ministre et sénateur conservateur Michael Fortier. Ce dernier, qui est l'un des vice-présidents à la tête de la banque RBC depuis octobre 2010, a vu ses deux véhicules personnels être incendiés devant sa résidence privée dans la nuit du 4 au 5 mai dernier.

Pendant que fondent les glaciers, que la sécheresse, le feu et la famine se propagent, M. Fortier pense peut-être que son argent et ses contacts l’épargneront, lui, ses enfants et ses petits-enfants. Mais les enragé.e.s connaîtront les noms des grands responsables. Il doit comprendre que personne n’est à l’abri dans ce merdier, peut-on lire dans une revendication écrite publiée sur Montréal Contre-Information.

Il appert que M. Fortier, qui ne souhaite pas commenter l'incident, a été ciblé parce que la RBC est l'un des principaux créanciers du gazoduc de TC Énergie, long de 760 km. Des militants d'extrême gauche anarchistes s'opposent à la construction du gazoduc Coastal GasLink, qui traverse le territoire des Wetʼsuwetʼen dans son tracé.

Michael Fortier.

Deux véhicules de Michael Fortier ont été incendiés la semaine dernière.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

[...] Il n’y a aucun doute que M. Fortier se sent bien à l’aise avec la décision de son patron de poursuivre le financement du gazoduc Coastal GasLink (ou de tout autre projet dégueulasse financé par RBC), écrit-on dans le même texte.

Les enquêteurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont interrogé Michael Fortier et ont récupéré des images de caméras de surveillance se trouvant dans le secteur de sa résidence privée.

Dans la mire des policiers depuis des années

Le SPVM et la Sûreté du Québec (SQ) s'intéressent aux activités du site Montréal Contre-Information qui revendique, depuis des années, bon nombre d'incendies criminels et d'actes de vandalisme visant des chemins de fer.

Jusqu'ici, nos informations nous portent à croire que ces militants, qui se présentent comme des anarchistes, n'agissent pas sous une forme de regroupement précis. S'ils étaient le moindrement organisés sous une entité, nous aurions des informations sur eux, a commenté une source policière de la SQ.

Rappelons que celle-ci avait ouvert une enquête en juillet 2020 lorsque le véhicule personnel de Vince Parente avait été incendié à son domicile de Sainte-Thérèse. Ce dernier était conseiller du sous-ministre de la Sécurité publique pour la région de Montréal. Le dossier n'est toujours pas résolu à ce jour.

Au cours du même été, en 2020, une dizaine de voitures-patrouilles du SPVM, stationnées derrière un poste de quartier sur le Plateau-Mont-Royal, avaient été détruites par des incendies également criminels. Le geste avait été revendiqué par des anarchistes sur Montréal Contre-Information.

Pour être aussi discrets, ce sont probablement des gens aux intérêts communs qui échangent en privé dans des forums ou des applications sécurisés sur appareils intelligents. Sans forcément se connaître, ils décident de passer à l'action avant de disparaître, ajoute un enquêteur qui s'est intéressé au groupuscule gérant le site Internet.

Un site Internet hébergé en Islande

Selon l'analyse de Jean-Philippe Décarie-Mathieu, chef de la cybersécurité aux Commissionnaires du Québec, le site Montréal Contre-Information est présentement hébergé sur un serveur 1984.hosting situé en Islande.

Pour avoir suivi les activités du site web, on sait que les gestionnaires derrière ce babillard d'activistes savent très bien ce qu'ils font. Ils ont clairement des connaissances en contrôle de sécurité pour avoir échappé aux policiers depuis autant de temps, explique le spécialiste en cybersécurité. Pendant quelques années, le site était sur la plateforme Rise Up, un site d'hébergement basé en Allemagne qui offre des services à des groupes activistes.

Ces gestionnaires auraient une capacité de déménager leur site de serveurs en quelques heures seulement. Il y a quelques années, ils étaient hébergés en France quand le SPVM avait tenté d'obtenir des informations à partir de Montréal, sans succès.

En 2022, il est possible de commettre le crime parfait avec des connaissances et de la discipline. Il faut faire preuve de prudence et ne jamais se connecter à partir d'une adresse IP de l'endroit où on se trouve. Et il faut aussi faire un nettoyage de ses activités en ligne, réitère M. Décarie-Mathieu.

Officiellement, aucun des deux principaux corps policiers du Québec ne commente le dossier d'enquête, malgré la répétition des événements liés au site Internet.

Contactés par courriel, les gestionnaires du site web Montréal Contre-Information n'avaient pas répondu aux questions de Radio-Canada au moment de la publication de cet article.

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