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Des transporteurs de l’Outaouais manifestent devant le bureau de Mathieu Lacombe

Des camions devant une maison.

Des camionneurs se sont rassemblés devant le bureau du ministre Mathieu Lacombe, lundi matin.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Radio-Canada

À travers la province, les transporteurs en vrac membres de l'Association nationale des camionneurs artisans inc. (ANCAI) manifestent, lundi, notamment en raison de la hausse des prix du carburant qui nuit à leur activité.

En Outaouais, les membres de l’ANCAI manifestent devant le bureau du ministre de la Famille, député de Papineau et ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe.

Ils dénoncent une situation devenue insupportable pour leur profession.

Déjà aux prises avec un Recueil de tarifs du ministère [des Transports] qui est irréaliste et désuet, les membres de l'ANCAI ont perdu 0,60 $ par litre de carburant au cours du mois de mars 2022. Chaque heure travaillée est présentement déficitaire, ce qui place ces petites entreprises dans une position financière précaire, indique l’association dans un avis aux médias diffusé jeudi dernier.

« Ce qu’on demande au ministère, c’est compenser nous à la juste valeur. »

— Une citation de  Gaétan Légaré, directeur général de l'Association nationale des camionneurs artisans inc.

L’ANCAI, qui regroupe 5200 membres, soit quelque 8000 camions, estime injustifiable l'inertie du ministère des Transports à prendre ses responsabilités et à assumer l'explosion des prix du carburant.

Des camions devant le bureau du député de Papineau Mathieu Lacombe.

Les transporteurs considèrent également que le Ministère, dont les tarifs de transport de son Recueil sont basés sur un prix du carburant dépassé, est complètement déconnecté de la réalité.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Les transporteurs considèrent également que le Ministère, dont les tarifs de transport de son Recueil sont basés sur un prix du carburant dépassé, est complètement déconnecté de la réalité.

Ils réclament que les tarifs de transport en vrac du ministère des Transports soient augmentés de manière à représenter les coûts réels de 2022, et ce, de toute urgence.

La méthode de compensation pour le carburant du Ministère n’a plus aucun sens. Au mois de mars, on mangeait environ 60 sous du litre. À 300 litres par jour, c’était 180 pièces de moins de revenus, par jour. Les gens ne sont pas capables de supporter ça. Et au mois de mai, si ça continue, ça va être au-delà d’un dollar par litre. Les gens sont au bout du rouleau. Et d’autant plus que quand on travaille pour le ministère des Transports, on n’est jamais payé avant 45 jours. Donc imaginez ce que je dois financer pour attendre ma paie. Ça n’a aucun sens, enrage le directeur général de l'ANCAI, Gaétan Légaré, en entrevue, lundi. Les camionneurs sont tannés, ils ne sont plus capables. À un moment, il faut que ça s’arrête.

Le Ministère promet des solutions

Du côté du ministère des Transports, on assure être très attentif à la situation et comprendre la période très délicate que traversent les transporteurs.

C’est un contexte qui est exceptionnel, rappelle Gilles Payer, relationniste-porte-parole au ministère des Transports du Québec (MTQ). Le ministère est très très sensible au fait que la hausse est fulgurante et qu’il y a des moyens qui s’imposent le plus rapidement possible.

M. Payer explique que la province a conclu une entente, depuis 2008, avec l'ANCAI qui prévoit une carte de tarif avec les camionneurs, avec un prix de référence annuel, qui varie si on parle de transport de vrac ou de transport de sel de déglaçage, l’hiver, par exemple. Le tarif qui est actuellement appliqué a été fixé en novembre dernier.

Maintenant, on sait que le prix du carburant, l’essence, ce sont des prix qui fluctuent, alors il y a un mécanisme qui est aussi en place depuis plusieurs années [...]. Ce tarif, lorsqu’il augmente ou dépasse de plus de 10 % du prix de référence - donc le prix qui a été établi - il y a un mécanisme mensuel qui est en place, qui prévoit des facteurs pour compenser [...] pour atténuer les effets.

Le porte-parole du MTQ reconnaît toutefois que la situation actuelle nécessite d'autres solutions.

Il y en a une de compensation, mais c’est sûr que [la hausse des prix] est tellement importante, tellement subie, qu’on peut comprendre qu’il faut faire des choses plus rapidement, mais le ministère des Transports s’y applique, assure-t-il, indiquant que des solutions à court et moyen terme sont à l'étude. Il s’agit de s’entendre sur comment on module les tarifs et dans quelle grandeur. [...] Mais la discussion est ouverte et le ministère des Transports n’est pas fermé du tout [...] Les discussions ne se passent peut-être pas à la vitesse que l’industrie du camionnage le voudrait, mais les conditions changent rapidement aussi.

L’ANCAI envisage d'autres actions si la manifestation de lundi ne produit pas les résultats escomptés, comme des interventions lors d'activités politiques ou d'annonces publiques.

Oui, les relations sont bonnes, mais c’est rien que des belles paroles. Les choses n’avancent pas. [...] Y a rien qui bouge, dénonce M. Légaré. On donne la chance aux coureurs [...]. Mais à l’avenir, les ministres qui vont sortir, car là ils s’en vont en élection [...], on va les suivre de près, ils vont nous trouver fatigants, promet-il.

L'association pourrait notamment se faire entendre lors du congrès de la Coalition Avenir Québec, les 28 et 29 mai prochains, à Drummondville.

Si vous voulez y aller, rentrez de bonne heure, car il va manquer de place dans le stationnement. On va être présent et on va se faire entendre.

Le prix du carburant devrait continuer à augmenter

La situation actuelle ne devrait pas s’améliorer dans les prochaines semaines, prévient Dan McTeague président de Canadians for Affordable Energy [Canadiens pour de l'énergie abordable, traduction libre],

Ça va faire mal. Ça va être douloureux et ça ne semble pas près de finir, a-t-il évalué. [Les prix] vont probablement augmenter jusqu'à 10 cents supplémentaires le litre d'ici le week-end du 24 mai.

Les prix du carburant ont rapidement augmenté au cours de l'année dernière, l'invasion russe en Ukraine exacerbant cette tendance. En mai dernier, le prix moyen de l'essence au Canada était de 1,32 $.

Le 9 mai, si [le président russe Vladimir] Poutine profite d'une journée nationale de célébration pour dire qu'il en a assez, qu’il ne veut plus de guerre... Je pense que cela pourrait diminuer la pression, a estimé M. McTeague.

Une pompe à essence.

En mai dernier, le prix moyen de l'essence au Canada était de 1,32 $ (archives).

Photo : Radio-Canada

Mais le principal problème concerne surtout l'offre et la demande, selon M. McTeague, qui ne voit pas d’issue immédiate à la hausse du prix du carburant.

Nous allons devoir dépenser beaucoup plus d'argent [pour le carburant], a-t-il prévenu. Cela porte un coup direct aux Canadiens, surtout ceux qui ont un revenu faible ou moyen.

Avec des informations de Gabriel Le Marquand Perreault, Rebecca Kwan et Rachelle Elsiufi de CBC News

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