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Pas d’annonce majeure de Poutine lors de la commémoration de la victoire sur les nazis

À Kiev, le président Volodymyr Zelensky assure que l'Ukraine ne laissera pas la Russie « s’approprier la victoire sur le nazisme » en 1945.

Vladimir Poutine, entouré d'anciens combattants en uniforme.

Le président russe Vladimir Poutine, entouré d'anciens combattants, avant d'aller déposer une gerbe de fleurs sur la Tombe du soldat inconnu, lundi, à Moscou.

Photo : La Presse canadienne / AP/Anton Novoderezhkin

Radio-Canada

Vladimir Poutine n’a pas profité du jour de commémoration de la victoire soviétique sur l’Allemagne nazie pour annoncer une mobilisation générale ou une quelconque victoire en Ukraine, contrairement à ce qu’avaient avancé des sources ukrainiennes et occidentales.

Dans un discours de 11 minutes prononcé depuis une tribune installée près du mausolée de Lénine, en prélude de la traditionnelle parade du 9 mai, sur la place Rouge, à Moscou, le président russe a plutôt exalté l’héroïsme et le patriotisme russe.

Il n’a fait que de rares allusions à la guerre qu’il a déclenchée en Ukraine le 24 février, en réitérant ce qui l’a poussé à agir de la sorte, y compris des faussetés, comme le fait que le gouvernement du président Volodymyr Zelensky est d’obédience nazie.

« Je m'adresse à nos forces armées : vous vous battez pour la patrie, pour son avenir. […] Il n’y a aucune place dans le monde pour les exécuteurs, les punisseurs et les nazis. »

— Une citation de  Vladimir Poutine, président de la Russie

Le maître du Kremlin a en outre répété que les autorités ukrainiennes préparaient une attaque contre des séparatistes prorusses dans l'est du pays, voulaient se doter de la bombe atomique et étaient soutenues par l'OTAN.

Une menace absolument inacceptable se constituait, directement à nos frontières, a-t-il affirmé, en qualifiant son offensive de riposte préventive et de seule bonne décision.

Le président russe a cependant évoqué le sacrifice ultime des hommes et des femmes en uniforme, morts en Ukraine par centaines, selon une évaluation déjà datée du Kremlin, voire par milliers, selon les services de renseignements ukrainiens et occidentaux.

Chaque mort d'un soldat ou d'un officier est une souffrance pour nous, a-t-il déclaré. L'État fera tout pour prendre soin de ces familles.

Vladimir Poutine n’a fait aucun commentaire sur l’évolution du conflit ni d’indications sur sa durée ou les développements qui pourraient le convaincre d’y mettre un terme.

Un blindé roule sur la place Rouge. Des militaires qui y prennent place font un salut militaire.

La traditionnelle parade du jour de la Victoire donne toujours l'occasion au Kremlin d'exhiber son matériel militaire sur la place Rouge.

Photo : Getty Images / AFP/ALEXANDER NEMENOV

Le président russe a terminé son discours par un cri de ralliement à l’adresse des soldats rassemblés sous la tribune. Pour la Russie, pour la victoire, hourra!, a-t-il lancé, les soldats sur la place Rouge lui répondant hourra! à l'unisson.

Après son discours, 11 000 soldats, dont certains revenant du front ukrainien, ainsi que des dizaines de véhicules, dont des lance-missiles stratégiques et des chars, ont défilé devant le public rassemblé sur la place Rouge.

La partie aérienne du spectacle, au cours de laquelle des chasseurs devaient former un « Z » au-dessus de la capitale russe, a toutefois dû être annulée à cause d'une météo défavorable.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000, la traditionnelle parade du 9 mai célèbre autant la victoire soviétique sur l’Allemagne nazie que la puissance russe retrouvée après l’humiliation de la chute de l’URSS.

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Regardez dès 21 h sur ICI RDI ou 22 h sur ICI Radio-Canada Télé une édition spéciale du Téléjournal avec Céline Galipeau est présentée directement de Kiev, en Ukraine

À Washington, le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price a vivement critiqué les affirmations de M. Poutine selon lesquelles l'invasion russe de l'Ukraine était préventive.

Parler d'une action défensive est une absurdité flagrante, parler d'autre chose que d'une guerre préméditée est un affront à la vérité historique, a-t-il dit. C'est une insulte à ceux qui ont perdu leur vie et ceux qui ont été victimes de cette oppression absurde.

Kiev refuse que Moscou « s'approprie » la victoire sur le nazisme

Un peu plus tôt, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré que son pays ne laissera pas la Russie s’approprier la victoire sur le nazisme en 1945.

Nous sommes fiers de nos prédécesseurs qui, avec d’autres peuples dans le cadre de la coalition anti-hitlérienne, ont vaincu le nazisme, a-t-il lancé dans un message vidéo, qui le montre marchant sur l’avenue centrale de Kiev, Khrechtchatyk.

« Nous ne laisserons personne annexer cette victoire, se l’approprier. »

— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine

Notre ennemi rêvait de nous voir renoncer à fêter le 9 mai et la victoire sur les nazis pour que le mot ''dénazification'' obtienne une chance, a-t-il observé.

Un vieil homme boutonne un veston décoré de plusieurs médailles devant un bâtiment en ruines.

Un ancien combattant de la Deuxième Guerre mondiale, Ivan Lusin, 97 ans, pose avec son veston décoré de plusieurs médailles devant sa maison détruite par une frappe russe à Zolochiv, près de Kharkiv, en Ukraine, le 6 mai 2022.

Photo : Reuters / RICARDO MORAES

Le chef d'État ukrainien a saisi l'occasion pour dresser des parallèles entre la Deuxième Guerre mondiale et le conflit actuel en citant des villes de l’est et du sud de l’Ukraine actuellement occupées par les troupes russes ou des villes de Crimée, annexée par la Russie en 2014.

Des millions d’Ukrainiens ont lutté contre le nazisme […], ont chassé les nazis de Louhansk, ont chassé les nazis de Donetsk, ont libéré des occupants de Kherson, Melitopol, Berdiansk, ont chassé les nazis de Yalta, de Simféropol, de Kertch et de toute la Crimée, ont libéré Marioupol des nazis, a-t-il mentionné.

« Ils ont chassé les nazis de toute l’Ukraine, mais les villes que j’ai citées aujourd’hui nous inspirent particulièrement, cela nous donne la foi dans le fait que nous chasserons les occupants de notre terre. »

— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine

Le jour de la victoire sur les nazis, nous nous battons pour une autre victoire. La voie vers cette victoire est longue, mais nous n’avons pas de doutes sur notre victoire, a-t-il insisté. Nous avons vaincu à l’époque, nous vaincrons maintenant.

Et très bientôt l’Ukraine fêtera deux jours de Victoire, a-t-il conclu.

« Les pays de l'OTAN n'avaient pas l'intention d'attaquer la Russie. L'Ukraine n'avait pas l'intention d'attaquer la Crimée. L'armée russe est en train de mourir non pas en défendant son pays, mais en essayant d'en occuper un autre. »

— Une citation de  Mikhaïlo Podolyak, conseiller du président Zelensky
Notre dossier Guerre en Ukraine

Poutine verse dans le totalitarisme, dénonce Londres

À Londres, le ministre britannique de la Défense a estimé lundi que le régime de Vladimir Poutine reflète le fascisme et la tyrannie de la Deuxième Guerre mondiale et estimé que les généraux russes devraient être traduits devant une cour martiale pour leurs actes en Ukraine.

Des hommes transportent un ruban noir et orange dans une rue.

Un gigantesque ruban de Saint-Georges, symbole patriotique russe, a été porté lundi par des séparatistes prorusses dans la ville portuaire de Marioupol, qui est presque totalement contrôlée par l'armée russe. Le ruban orange et noir est arboré depuis le début des années 2000 par des millions de Russes en souvenir des soldats soviétiques tombés au combat.

Photo : Getty Images / AFP/Pigiste

Lors d'un discours au National Army Museum, Ben Wallace a accusé le président russe d'utiliser l'anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie en 1945 pour dissimuler ses erreurs en Ukraine, où la réponse aux échecs sur le terrain n'a été qu'un affichage honteux d'autopréservation, doublée d'échec, de colère, de malhonnêteté et de recherche de boucs émissaires.

« À travers leur invasion de l'Ukraine, Poutine, sa garde rapprochée et ses généraux reflètent le fascisme et la tyrannie d'il y a 77 ans, répétant les erreurs des régimes totalitaires du siècle dernier. Ils font preuve du même mépris pour la vie humaine, la souveraineté nationale et le système international fondé sur des règles. »

— Une citation de  Ben Wallace, ministre de la Défense du Royaume-Uni

Pour Ben Wallace, les soldats russes sont non seulement engagés dans une invasion illégale et des crimes de guerre, mais leurs gradés ont laissé tomber leurs propres soldats au point qu'ils devraient être traduits devant une cour martiale.

Il appelle ainsi à dénoncer l'absurdité des généraux russes – resplendissants dans leurs uniformes de parade, alourdis par leurs nombreuses médailles – totalement complices du détournement par Poutine de la fière histoire de leurs ancêtres.

Au lieu de cela maintenant, ce sont eux qui infligent des souffrances inutiles au service d'un gangstérisme de bas étage, a dénoncé le ministre britannique, et pour eux, et pour Poutine, il ne peut y avoir de jour de la victoire, seulement le déshonneur et sûrement la défaite en Ukraine.

Dénonçant les histoires à dormir debout que la Russie invoque pour justifier ses craintes face à la perspective d'un élargissement de l'OTAN à l'Est, a également insisté catégoriquement sur le fait que l'OTAN, la Grande-Bretagne, l'Europe de l'Est ne projettent pas d'envahir la Russie et ne l'ont jamais fait.

Charles Michel pose ses mains sur les épaules de Denys Chmygal, qui porte une veste pare-balles.

En visite lundi à Odessa, où il a été accueilli par le premier ministre ukrainien Denys Chmygal (à droite), le président du Conseil européen, Charles Michel, a été forcé de s'abriter en raison de frappes de missiles, a rapporté lundi un responsable de l'UE.

Photo : Reuters / Service de presse du gouvernement ukrainien

Macron invite à penser à la paix

À Strasbourg, le président français Emmanuel Macron a tenu à rappeler lors d'une conférence de presse au Parlement européen que, pour mettre fin à la guerre menée en Ukraine par l'armée russe, la paix devra se construire sans humilier la Russie.

« Nous aurons demain une paix à bâtir, ne l'oublions jamais. Nous aurons à le faire avec autour de la table l'Ukraine et la Russie [...] Mais cela ne se fera ni dans la négation, ni dans l'exclusion de l'un l'autre, ni même dans l'humiliation. »

— Une citation de  Emmanuel Macron, président de la France

Le négociateur en chef russe, Vladimir Medinski, a déclaré lundi que les pourparlers de paix avec l'Ukraine n'avaient pas cessé et qu'ils se déroulaient à distance, a rapporté l'agence de presse Interfax. Interrogé sur le moment où des entretiens en personne pourraient avoir lieu avec les négociateurs ukrainiens, il a répondu : Nous avons besoin d'avoir plus d'éléments en main pour pouvoir nous rencontrer en personne. L'Ukraine et la Russie n'ont pas tenu de pourparlers en face à face depuis le 29 mars, bien qu'elles se soient rencontrées par vidéoconférence.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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