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La crise des opioïdes, un enjeu crucial dans le Nord ontarien

Un homme tient dans sa main un petit sachet de drogue.

Le taux de décès attribuables aux opioïdes est très élevé à Timmins, selon la Dre Julie Samson.

Photo : CBC / Maggie MacPherson

Les ressources pour contrer la crise des opioïdes font cruellement défaut dans le Nord de l’Ontario. À son arrivée au pouvoir, le gouvernement Ford a mis un frein à l’ouverture des centres de consommation supervisée, un outil qui permet de limiter les surdoses et la transmission de maladies, tout en offrant aux utilisateurs des options pour contrôler leur dépendance.

Des villes comme Sudbury et Timmins n'ont pas de centres permanents, qui nécessitent l'approbation du fédéral et du financement gouvernemental.

Il a été prouvé que ces centres peuvent réduire les mortalités dues aux opioïdes de 35 %, affirme l’urgentologue Julie Samson. Pis encore, on se débat pour avoir ces centres-là, pour nos gens à Timmins, puis dans d’autres villes.

La Dre Julie Samson en entrevue dans le stationnement de l'hôpital de Timmins.

La Dre Julie Samson affirme que plus de gens sont morts d'une surdose d'opioïdes que de la COVID à Timmins pendant la pandémie.

Photo : Radio-Canada

La Dre Samson déplore que le processus soit si long. C’est triste.

En attendant, la Ville de Timmins a mis de côté un million de dollars pour financer un centre temporaire qui devrait ouvrir sous peu.

Un organisme de Sudbury a aussi géré un centre temporaire, sans avoir l'approbation de la Ville.

Les libéraux et le NPD promettent, s’ils forment le prochain gouvernement, d’accélérer l’approbation de nouveaux centres. Mais les conservateurs ont fait peu de cas de la question.

Dimanche à Timmins, où il venait rappeler des promesses d’investissements en transport et infrastructures, le chef progressiste-conservateur n’a pas voulu parler directement des centres de consommation supervisée.

Doug Ford s'adresse aux médias pendant un arrêt de campagne à Timmins.

Doug Ford a plutôt insisté sur les dépenses de son gouvernement pour la santé mentale et les problèmes de dépendance.

Photo : Radio-Canada

Nous sommes le seul gouvernement qui s’est assuré de nommer un ministre de la santé mentale et des dépendances , a fait valoir Doug Ford, en soutenant que son gouvernement avait consacré 3,8 milliards de dollars aux problèmes de santé mentale et de dépendance, du jamais vu au pays.

M. Ford a promis de continuer à soutenir les Ontariens qui sont aux prises avec des problèmes de santé mentale et de dépendance, en déclarant qu’il s’agit d’un problème important à ses yeux.

Selon le député néo-démocrate sortant Gilles Bisson, la décision des progressistes-conservateurs de limiter le financement des centres de consommation supervisés était idéologique. 

Ils sont opposés à la notion elle-même, dit-il. Mais il faut réaliser que les gens consomment des drogues, ce n’est pas une question, c’est une réalité. Et puisqu’ils en consomment, on a besoin de trouver des solutions pour les aider à faire des pas pour être capables de réduire leur dépendance.

Le candidat néo-démocrate de Timmins, Gilles Bisson, en entrevue.

Le candidat néo-démocrate Gilles Bisson croit que la résistance des progressistes-conservateurs aux centres de consommation supervisés est idéologique.

Photo : Radio-Canada

M. Bisson pense que des centres de consommation supervisés sont nécessaires, tout comme un approvisionnement en drogues sûres et des services de soutien liés aux autres aspects de la vie, comme le logement ou l’emploi.

À Timmins, le taux de décès attribuables aux opioïdes est un des plus élevés en Ontario, soutient la Dre Samson, plus élevé qu’à Vancouver, même.

Outre les centres de consommation, elle aussi souligne la nécessité d’offrir du soutien aux toxicomanes, mais aussi aux hôpitaux qui leur prodiguent des soins.

L'entrée de l'Hôpital de Timmins et du district

L'Hôpital de Timmins et du district est un des établissements qui a reçu des fonds pour augmenter le nombre de lits de soins en toxicomanie.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Le gouvernement a accordé 2,3 millions de dollars en mars pour l'ajout de 15 places en traitement des dépendances et service de désintoxication à Timmins.

La Dre Julie Samson constate, comme beaucoup d’autres, que la pandémie a aggravé le problème. On a eu plus de décès dus aux opioïdes qu’à la COVID dans notre ville de Timmins.

Elle rappelle que les régions du nord de la province sont plus durement touchées par cette autre crise de santé publique, mais on a oublié ça, déplore-t-elle.

Avec les informations de Natasha MacDonald-Dupuis

Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections 2022 en Ontario.

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