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Renforts en santé : des agents administratifs qui n’ont pas de place

L'Hôpital Fleurimont, à Sherbrooke

Les nouveaux arrivants dans le réseau de la santé doivent souvent surmonter des obstacles inattendus, comme l'absence de bureaux.

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Les 3000 agents administratifs formés d’urgence pour prêter main-forte aux infirmières ont commencé à intégrer graduellement les établissements, mais ils doivent parfois le faire sans code d’accès au réseau informatique ni carte d’employé, ou même sans bureau ni ordinateur.

Les bureaux et les aires de travail n’étaient pas adaptés à recevoir un surplus de personnel, explique Tamara Espera, elle-même agente administrative et représentante syndicale au CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal. Certaines personnes avaient reçu des codes d’accès, mais ils n’étaient pas fonctionnels. On a manqué de préparation, ajoute-t-elle.

Le cas rapporté par Mme Espera n’est pas unique, reconnaît Chantal Marchand de l’Association des gestionnaires des établissements de santé et de services sociaux (AGESSS). Effectivement, c’est à géométrie variable d’une région à l’autre, la capacité d’accueillir les agents administratifs. Il faut un gros travail d’équipe pour leur trouver de l’espace et du matériel. Il peut y avoir plein de raisons pour expliquer ces difficultés, mais ce n’est pas une question de mauvaise foi, au contraire!

D’autres cohortes doivent arriver sur le terrain d’ici l’été. Plusieurs intervenants demandent au gouvernement de s’assurer de tout mettre en place pour améliorer leur intégration.

À la base : savoir quoi faire

Par exemple, Tamara Espera déplore que la charge de travail des nouveaux agents ne soit pas encore suffisamment définie. Certaines stagiaires auraient affirmé ne pas vraiment savoir quoi faire dans le cadre de leurs futures fonctions, tellement elles ont été déployées rapidement après leur formation de huit semaines.

Est-ce que la description de tâche est claire? Est-ce qu’on a pris le temps de bien regarder tout ça? demande Mme Marchand. Elle assure cependant qu’il ne faut pas penser que le réseau n’a pas besoin de ces gens-là. Elle demeure convaincue que le gouvernement a bien fait de lancer un tel programme, en pleine pénurie de main-d’œuvre.

Pour nous, l’arrivée de personnel administratif, c’est une bonne idée, affirme également la vice-présidente de la FSSS-CSN, Josée Marcotte. On le réclamait depuis longtemps! Cependant, c’est fait de façon improvisée. On ne sent pas que le réseau s’est préparé, parce que le gouvernement n’a pas pris le temps d’échanger avec les organisations syndicales [afin de connaître les besoins].

Appels à une meilleure planification

Le programme d’études accéléré a été lancé en décembre dernier par Québec pour délester le personnel soignant des tâches administratives. Des bourses de 4000 $ ont été distribuées dans toutes les régions de la province en vue d'encourager les inscriptions, en échange d’un emploi d’au moins un an dans le réseau.

Les nouveaux agents doivent notamment accueillir les patients, compiler des renseignements, remplir les dossiers et dresser l’inventaire du matériel nécessaire aux infirmières. Il y aurait lieu de faire une meilleure planification pour accueillir correctement ce personnel-là, pense Josée Marcotte. Elle souhaite que le gouvernement mette en place les conditions gagnantes pour favoriser leur rétention, sans quoi elle craint que les nouveaux agents quittent leur emploi après un an.

Moi, j’ai bon espoir que les choses vont se placer, conclut Mme Espera. Quand les premiers agents sont arrivés au mois de mars, c’était le chaos! Mais on va travailler à ce que ça suive son cours, comme on l’a fait pour les nouveaux préposés aux bénéficiaires. Avec le temps, on s’est adaptés.

Elle demande cependant aux gestionnaires de s’assurer aussi que les agents plus anciens ne seront pas brimés dans le processus. Certains se trouvent encore sur une liste d’appel et attendent d’obtenir un emploi permanent, tout en étant chargés de superviser les nouveaux.

Bien accueillir les employés contribue à les fidéliser, et tous les agents seront nécessaires pour affronter une potentielle septième vague de COVID-19, croit Chantal Marchand. On va se souhaiter que tout soit prêt pour l’automne. Soyez assurés que les gestionnaires sont très préoccupés par ça et mettent les bouchées doubles pour que ça puisse se réaliser.

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