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Quand la pénurie de main-d’œuvre fait jeter la serviette

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Le propriétaire Plomberie Ghislain Porlier se voit contraint de fermer boutique par manque de relève.

Photo : Radio-Canada / Félix Lebel

Radio-Canada

Preuve que la pénurie de main-d'œuvre affecte de nombreux domaines d’activités dans nos régions, une entreprise de plomberie bien connue à Sept-Îles et Port-Cartier va fermer ses portes. L’absence de relève est au cœur de la décision de son propriétaire.

Ça fait une couple de matins que je me lève à reculons parce que là, je suis tanné, indique sans détour Ghislain Porlier, à bout de souffle.

Après 23 ans à œuvrer dans le domaine de la plomberie dans les secteurs de Port-Cartier et de Sept-Îles, l’entrepreneur en plomberie jette officiellement la serviette. Ce n’est pas l’appel de la retraite qui le pousse à fermer boutique, mais plutôt la pénurie de main-d'œuvre qui sévit en région.

On était quatre plombiers qui [travaillions] pour moi. On est descendus à trois, à deux, à un. Après ça, je me suis dit que je ne pouvais plus descendre. Il faut qu’on reste à un minimum, je ne peux pas aller plus bas que ça, relate-t-il.

Le plombier déplore que ses efforts de recrutement n’aient malheureusement pas porté leurs fruits.

« J’ai essayé pendant deux ans de placer des annonces partout pour avoir des plombiers et ça ne marchait pas. »

— Une citation de  Ghislain Porlier, propriétaire de Plomberie Ghislain Porlier

À défaut de pouvoir céder son entreprise à une relève, M. Porlier doit maintenant se résoudre à vendre tous ses outils et son fonds de commerce. Il calcule pourtant avoir formé une dizaine d’apprentis plombiers au cours de sa carrière. Or, il demeure difficile, selon lui, de faire concurrence aux plus grandes entreprises industrielles.

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Plusieurs projets majeurs demandent actuellement de la main-d'oeuvre, note Développement économique Port-Cartier. C'est notamment le cas du côté de l'usine de bouletage qui transforme le minerai provenant de la région de Fermont.

Photo : Arcelor Mittal

À son avis, le problème principal n’est pas le manque de plombiers, mais le fait que la Côte-Nord ait de la difficulté à les attirer. Tous ceux qui sont ici veulent travailler, mais dans l’industriel, ajoute-t-il.

Selon lui, la rétention de personnel dans le domaine résidentiel est beaucoup plus ardue que dans le secteur industriel. Ils ont des demi-heures de lavage, des plus gros salaires, des primes de soir, de nuit, énumère l’entrepreneur.

Ghislain Porlier aurait souhaité une fin de carrière plus heureuse. Il dit toutefois ne pas pouvoir à lui seul freiner cette tendance.

Un cercle vicieux

La course aux salaires, aisément remportée par les grandes entreprises, fait par ailleurs craindre une diminution de la qualité des services offerts régionalement. Selon le président de Développement économique Port-Cartier, Gilles Couture, un cercle vicieux est créé.

«  Souvent, la grande industrie est un peu coupable par la force des choses parce qu'elle va elle-même piger un peu dans ces [petites et moyennes entreprises] pour pourvoir ses besoins en main-d’œuvre. »

— Une citation de  Gilles Couture, président de Développement économique Port-Cartier

M. Couture juge que la fermeture de l’entreprise de M. Porlier est triste et très préoccupante pour tout le monde. En même temps, c’est symptomatique de la situation que l’on vit au point de vue un peu plus général, indique-t-il.

Selon lui, Plomberie Ghislain Porlier était une entreprise très dynamique, qui avait sa réputation et qui était bien établie.

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Gilles Couture est le président de développement économique Port-Cartier.

Photo : Radio-Canada / Félix Lebel

Ce dernier rappelle que les besoins toutefois sont bien présents dans le secteur de la construction alors que d’importants projets se concrétisent actuellement sur la Côte-Nord. Il cite à cet effet le parc éolien Apuiat ainsi que les investissements majeurs à l'usine de bouletage d'ArcelorMittal.

Selon le reportage de Félix Lebel

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