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Des Autochtones veulent faire renaître une communauté dispersée il y a plus de 50 ans

Plusieurs personnes assises à des tables discutent.

Temius Nate, un aîné de la communauté qui habitait au lac Miminiska, souhaite organiser une renaissance de la communauté.

Photo : CBC / Jon Thompson

Radio-Canada

La communauté autochtone qui vivait autour du lac Miminiska il y a plus de 50 ans pourrait revivre de ses cendres grâce à l’initiative d’un groupe de descendants de ceux qui vivaient sur ces terres ancestrales.

Temius Nate a organisé la première réunion du groupe de Miminiska à Thunder Bay à la fin du mois de mars, en rassemblant les descendants de familles qui vivaient autour du lac Miminiska près du village de la Première Nation d'Eabametoong, à environ 350 kilomètres au nord-est de Thunder Bay.

Depuis la dissolution de la communauté il y a plus de 50 ans, ses membres se sont installés à Eabametoong, à Thunder Bay et dans d'autres communautés du Nord de l'Ontario.

Mais M. Nate rêve de retourner y vivre.

C'est là que j'ai été le plus heureux de ma vie et je suis encore le plus heureux quand j'y retourne, c’est ma maison, et je veux tout faire pour la préserver, explique-t-il.

Le chef et le conseil d'Eabametoong ont officiellement reconnu le groupe de Miminiska par une résolution du conseil de bande en 2009, mais la résolution stipule que le groupe doit présenter une demande officielle au gouvernement fédéral pour être reconnu comme une nouvelle bande.

Services aux Autochtones Canada a également encouragé le groupe à présenter une demande de reconnaissance en tant que bande en 2019, mais le groupe ne l'a pas encore fait.

Une carte de la communauté

La communauté autochtone du lac Miminiska a été dissoute il y a plus de 50 ans.

Photo : CBC / Jon Thompson

Ce groupe a exprimé par le passé son désir de se réinstaller sur son territoire traditionnel autour du lac Miminiska, dans le Nord-Oouest de l'Ontario, a écrit un porte-parole dans un courriel.

À ce jour, Services aux Autochtones Canada n'a pas reçu de demande officielle de séparation de bande de la part de ce groupe, peut-on lire.

Temius Nate a dit qu'il n'avait pas l'intention de suivre ce processus.

Nous voulons être une bande, mais nous ne voulons pas être confinés dans une réserve, explique-t-il.

En tant que réserve, le gouvernement possède la terre et vous êtes enfermé là comme un animal dans une ferme. Cela n'aide pas les gens qui veulent faire des affaires avec nous, ajoute-t-il.

Il n’est pas certain que le groupe pourrait obtenir le statut de bande sans suivre le processus établi par le gouvernement fédéral.

La nostalgie d’une communauté perdue

Nate se souvient du jour où l'agent du gouvernement a débarqué pour la première fois au lac Miminiska en 1959, informant les familles qui y vivaient qu'elles devaient déménager à Eabametoong pour que leurs enfants puissent recevoir une éducation, d’abord sans succès.

L'agent est revenu pendant cinq ans, explique M. Nate, apportant d’abord de la viande en conserve, puis des bons à échanger pour des marchandises au magasin d'Eabametoong.

Pour obtenir ces produits, les familles devaient faire le voyage de 40 kilomètres jusqu'à Eabametoong puis revenir dans la communauté.

En 1964, un membre de la famille de M. Nate a été élu au conseil d'Eabametoong. À partir de ce moment, presque tout le monde a déménagé.

Les enfants et petits-enfants de beaucoup de ceux qui ont vécu au lac Miminiska y retournent encore, surtout l'été.

Sur les lieux de l’ancienne communauté, il reste de nombreux vestiges.

Une ligne de trappe de 15 km en retrait de la rive demeure, la maison et l'église que le père de M. Nate, Edward, avait construites sont toujours debout près de l'endroit où il est enterré.

Mary Lou Baxter et sa sœur Flora ont assisté à la première réunion du groupe de Miminiska.

Aujourd'hui dans la cinquantaine, elles faisaient partie de la première génération de familles du lac Miminiska à grandir à Eabametoong.

Mais chaque année, à la fin de l'année scolaire, elles racontent qu’elles avaient hâte de retourner vivre au lac avec leurs grands-parents.

Flora se souvient que sa mère lui a répété pendant toute sa jeunesse qu'Eabametoong n'était pas vraiment sa maison et elle a l'ambition d'aider les familles à retourner au lac Miminiska.

Elle me disait que ma maison était en fait au lac Miminiska, que nous avions été amenés ici, que nous avions été déplacés, se souvient Flora.

Mary Lou affirme qu'elle envisage de déménager au lac Miminiska si une communauté s'y installait.

Un potentiel économique espéré

Si son groupe réussit à retourner au lac Miminiska, M. Nate croit que les petits-enfants des personnes qui ont été forcées de quitter la communauté vont hériter de l'économie qu'on lui a promise dans sa jeunesse.

Lorsqu'il était enfant, un ingénieur lui a dit qu'en exploitant l'énergie des chutes d'eau voisines, on pourrait produire suffisamment d'électricité pour alimenter Toronto et Montréal.

Aujourd'hui, avec les routes et les lignes électriques qui se dirigent vers le gisement minier du Cercle de feu, au nord-est d'Eabametoong, M. Nate voit une occasion pour que ces promesses de prospérité se réalisent.

Avec les informations de Jon Thompson, de CBC

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