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Philippines : armée, police et inquiétude à la veille des élections

Trois policiers montent la garde devant un bureau de vote.

Malgré les 16 incidents survenus depuis le 9 janvier en vue des élections présidentielles, y compris quatre fusillades, la police nationale a dit estimer que la campagne électorale a été relativement pacifique.

Photo : Reuters / WILLY KURNIAWAN

Agence France-Presse

Plus de 60 000 soldats et policiers ont été déployés pour protéger les bureaux de vote à la veille de ces élections présidentielles qui pourraient ramener au pouvoir la dynastie Marcos.

Selon des responsables, environ 48 000 soldats et 16 000 policiers encadrent l'archipel. Nous sommes convaincus que nous aurons une élection sûre et ordonnée, a déclaré le porte-parole des forces armées, le colonel Ramon Zagala.

Plus de 18 000 postes allant du président aux conseillers municipaux sont à pourvoir lors de ces élections. Et c'est le fils de l'ancien dictateur Ferdinand Marcos qui devrait remporter le scrutin présidentiel haut la main, selon les sondages.

Une victoire au scrutin de lundi couronnerait des décennies d'efforts pour réhabiliter l'héritage de son père, le dictateur Marcos, renversé en 1986 et mort en exil aux États-Unis.

Ferdinand Marcos junior lève la main pour saluer la foule.

Le candidat aux élections présidentielles des Philippines, Ferdinand Marcos junior, lors du dernier rassemblement public de sa campagne, le 7 mai 2022

Photo : Reuters / ELOISA LOPEZ

Au cours de ses deux décennies au pouvoir, les forces de sécurité de Ferdinand Marcos ont tué, torturé, agressé sexuellement, mutilé ou détenu arbitrairement environ 70 000 opposants, estime Amnistie internationale.

Sous le régime Marcos, plus de 10 milliards de dollars ont été volés dans les caisses de l'État. À leur retour au pays, aucun membre de la famille n'a jamais été emprisonné et certains occupent toujours des fonctions politiques.

Et voilà que les sondages, qui prédisent que le fils de Marcos l'emportera avec la majorité absolue, en inquiète plusieurs.

Dans d'autres pays, les dictateurs ont fini le dos au mur. Cela n'est jamais arrivé [aux Philippines], a déclaré Bonifacio Ilagan, un ancien prisonnier politique qui a été détenu pendant deux ans dans les geôles de Marcos et torturé à plusieurs reprises.

Du côté des groupes de défense des droits, les dirigeants de l'Église catholique et les opposants considèrent ces élections comme un moment décisif pour la démocratie du pays et redoutent que Marcos junior ne gouverne d'une main de fer.

Un retour qui effraie

La réticence de Ferdinand Marcos junior à admettre l'histoire controversée de sa famille et son refus de reconnaître les crimes qui ont été commis sous le régime de son père laissent craindre qu'il ne les répète.

Sa campagne a diffusé d'innombrables mensonges historiques sur ce qui s'est passé aux Philippines entre 1965 et 1986, a déclaré Cristina Palabay, secrétaire générale du groupe de défense des droits de la personne Karapatan.

La campagne électorale actuelle a été soutenue par une vaste campagne de désinformation sur les réseaux sociaux qui a présenté la dictature comme un âge d'or de paix et de croissance économique, ce qui a convaincu des millions de personnes, notamment une population trop jeune pour avoir connu le régime Marcos.

Il ne suffit pas de changer la personne qui se trouve dans le palais présidentiel. L'important, c'est d'avoir des changements substantiels pour la majorité du peuple, a précisé Judy Taguiwalo, une militante anti-Marcos qui a été arrêtée et torturée à deux reprises.

Élections, synonymes de violence

Les élections sont généralement une période instable dans ce pays où la législation sur les armes à feu est laxiste et où la culture politique est violente. Malgré les 16 incidents, dont quatre fusillades, survenus depuis le 9 janvier en rapport avec les élections, la police nationale a estimé que cette campagne électorale avait été relativement pacifique.

À titre comparatif, lors des campagnes électorales de 2016 et de 2019, on a recensé respectivement 133 et 60 incidents violents.

Le porte-parole de la police, le colonel Jean Fajardo, a attribué cette forte baisse à une présence renforcée des services de sécurité ainsi qu'à des opérations militaires et policières qui ont ciblé les armes à feu et les groupes armés privés.

La commission électorale interdit largement le port d'armes pendant la période électorale, qui dure jusqu'au 8 juin.

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