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L’ex-patron de la sécurité John Lee nommé à la tête de Hong Kong

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John Lee arrive pour saluer les membres de la commission électorale au Centre des expositions et des conventions le 8 mai 2022 à Hong Kong, en Chine.

Photo : Getty Images / Anthony Kwan

Agence France-Presse

L'ex-patron de la sécurité de Hong Kong, John Lee, qui avait supervisé la répression du mouvement prodémocratie, a été nommé dimanche à la tête de la ville par un petit comité loyal au régime chinois.

Cet ancien policier, âgé de 64 ans, était le seul candidat à la succession de la dirigeante sortante, Carrie Lam, qui n'a pas brigué un nouveau mandat de cinq ans.

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Opération de dépouillement pour le décompte des voix à Hong Kong.

Photo : Getty Images / PETER PARKS

Il est le premier dirigeant de Hong Kong issu du milieu policier. Chef de la sécurité de Hong Kong au moment des gigantesques manifestations prodémocratie de 2019, il a supervisé la répression de la contestation ainsi que la sévère reprise en main politique qui a suivi.

« Je comprends qu'il me faudra du temps pour convaincre la population [...]. Mais je peux le faire par l'action. »

— Une citation de  John Lee, nouveau dirigeant Hong Kong

M. Lee a déclaré vouloir construire un Hong Kong plein d'espoir, de possibilités et d'harmonie maintenant que les autorités ont restauré l'ordre après le chaos.

Jusqu'à présent, John Lee n'a pas donné beaucoup de détails concrets sur sa politique. Mais il a assuré qu'il en révélera davantage après sa prise de fonctions, le 1er juillet, jour du 25e anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni.

Un comité loyal au régime chinois

Hong Kong n'a jamais été une démocratie, ce qui a alimenté pendant des années la frustration de la population et des protestations parfois massives et violentes.

Son dirigeant est choisi par un comité électoral composé actuellement de 1461 personnes, soit environ 0,02 % de la population de la ville. Après un bref scrutin secret dimanche, 1416 membres ont voté pour John Lee et huit contre, les autres s'étant abstenus.

Salué par Pékin, dénoncé par l’UE

Pékin a salué ce résultat quasi unanime, affirmant qu'il montre que la société hongkongaise a un degré élevé de reconnaissance et d'approbation pour John Lee.

C'est une véritable démonstration de l'esprit démocratique a déclaré le bureau des affaires de Hong Kong et de Macao dans un communiqué.

L'Union européenne a pour sa part dénoncé cette désignation. Celle-ci viole les principes démocratiques et le pluralisme politique, a tweeté le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell. C'est une nouvelle étape dans le démantèlement du principe "un pays, deux systèmes", a-t-il dit estimer. Les autorités chinoises et de Hong Kong doivent respecter leurs engagements nationaux et internationaux, a-t-il conclu.

Les manifestations ont été largement interdites à Hong Kong, les autorités ayant recours à une interdiction des rassemblements publics de plus de quatre personnes en raison de la COVID ainsi qu'à une nouvelle loi sur la sécurité nationale.

Selon les médias locaux, environ 6000 à 7000 policiers ont été mobilisés pour éviter tout incident pendant le processus de désignation.

La Ligue des sociaux-démocrates – un des derniers groupes prodémocratie – a organisé une manifestation de trois personnes avant l'ouverture des bureaux de vote, scandant le pouvoir au peuple, le suffrage universel maintenant.

Nous savons que cette action n'aura aucun effet, mais nous ne voulons pas que Hong Kong soit complètement silencieux, a déclaré la manifestante Vanessa Chan sous les regards de dizaines de policiers.

Sous Xi Jinping, en 2020, Pékin a imposé à l'ancienne colonie britannique une loi draconienne sur la sécurité nationale qui a étouffé toute dissidence, de même qu'une réforme du système politique pour faire en sorte que Hong Kong soit dirigé exclusivement par des patriotes loyaux envers le régime chinois.

Selon les analystes, c'est le fervent soutien de John Lee à cette campagne de répression qui lui a valu d'obtenir la confiance du régime chinois, traditionnellement méfiant à l'endroit des élites politiques de Hong Kong.

Toutefois, cela vaut aussi à M. Lee de figurer sur une liste de personnalités chinoises et hongkongaises sanctionnées par les États-Unis.

John Lee hérite d'une ville en difficulté

Le mouvement prodémocratie a été écrasé par la loi sur la sécurité nationale, mais une grande partie de la population éprouve toujours un sourd ressentiment envers Pékin et contre les inégalités profondément ancrées dans la société hongkongaise.

Et Hong Kong, troisième place financière mondiale, continue de vivre pratiquement coupé du monde en raison de ses restrictions draconiennes contre la COVID-19.

Faisant la queue à l'extérieur d'un restaurant dimanche, Alex Tam, un résident âgé de 25 ans, a déclaré que lui et ses amis ne prêtaient guère attention à la procédure.

C'est simplement un geste vide de sens, a-t-il déclaré à l'AFP. S'il n'a pas écouté les manifestants, je ne vois pas comment il écouterait les jeunes maintenant, surtout ceux qui critiquent le gouvernement.

L'homme d'affaires à la retraite Yeung Wing-shun s'est montré plus positif, disant espérer que Lee dirigera Hong Kong d'une main ferme.

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