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Les inondations font craindre le pire aux agriculteurs manitobains

Un champ qui s'est transformé en lac géant en raison des inondations à Saint-Jean-Baptiste au Manitoba.

Un champ qui s'est transformé en lac géant en raison des inondations à Saint-Jean-Baptiste au Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Jérémie Bergeron

Radio-Canada

Face à la pénurie de blé provoquée par la guerre en Ukraine, l’espoir mondial repose sur les autres grands exportateurs, mais les producteurs du Manitoba, qui doivent composer avec des inondations, ne seront peut-être pas au rendez-vous.

Dans la vallée de la rivière Rouge, les inondations mettent de la pression sur les agriculteurs à tel point que certains craignent de ne pouvoir cultiver l'entièreté de leurs terres

La présence de l'eau qui pourrait durer des semaines retarde les semences, et le risque d'une mauvaise récolte à l'automne se profile à l'horizon.

L'agriculteur Alain Barnabé, basé à Letellier, dans le sud du Manitoba, a vécu plusieurs inondations, mais celles de cette année sont bien différentes, croit-il. 

L’eau a envahi une bonne partie de son domaine et le producteur pense qu’il ne pourra utiliser que les deux tiers de son terrain agricole cette saison.

Par ailleurs, les pluies ont radicalement changé le plan de M. Barnabé, qui prévoyait semer du maïs. 

Mais là, on est déjà rendu à la première semaine du mois de mai, ça fait déjà une semaine perdue juste à attendre que l’eau descende, puis elle monte encore, se plaint-il.

La présence de l'eau pourrait durer des semaines et retarder les semences, augmentant le risque d'une mauvaise récolte à l'automne, souligne le vice-président de l'organisme de recherche agricole LeftField Commodity Research, Jon Dridger.

Plus les semences sont tardives, plus le risque d'un mauvais rendement est grand, plus le risque d'une mauvaise récolte augmente, affirme-t-il.

Jon Dridger n’est tout simplement pas optimiste pour les producteurs de l’Ouest canadien, touchés d'une façon ou d'une autre par les caprices de la nature.

Il y a certains endroits où le climat est vraiment trop sec, d’autres où il est trop humide, en plus du retard dans les semences. Les risques de mauvaises récoltes sont réels.

Selon la Société des services agricoles du Manitoba (MASC), pour bénéficier de la couverture d’assurance récolte, les agriculteurs ont jusqu’au 20 juin pour réaliser des semences.

Si les conditions d'inondation des terres persistent, les producteurs peuvent modifier leur plan de culture ou, si nécessaire, déposer une demande d'assurance en raison de l'excès d'humidité, indique le chef de produit de la MASC, David Van Deynze, dans un courriel.

Un enchaînement de facteurs

Le contexte suscite de l'anxiété chez les agriculteurs, qui s’attendent à une baisse des récoltes.

Cette année, ile doivent déjà composer avec plusieurs autres réalités, notamment la hausse des coûts de production provoquée par le prix de l’essence, la guerre en Ukraine. À cela s'ajoute le prix élevé des fertilisants en raison des sanctions canadiennes imposées à la Russie

En effet, le Canada exige des droits de douanes de 35 % sur les engrais russes. Et le prix des engrais de façon générale est cinq fois plus élevé qu’il y a un an, constate Sylvain Charlebois, le directeur du laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire à l’Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse.

Une situation qui n’est pas sans conséquences pour les producteurs, selon lui.

Pour produire plus, il faut des engrais, mais actuellement, il y a un problème au niveau de l’abordabilité des engrais, dit-il. On dépend beaucoup de ceux de la Russie et de la Chine.

Avec les informations de Marie-Josée Paquette-Comeau

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