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Pyongyang tire un missile balistique, Washington s’attend à un essai nucléaire

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Le missile a parcouru une distance de 600 km à une altitude de 60 km, selon l'armée sud-coréenne, ce qui laisse à penser qu'il s'agissait d'un missile balistique à courte portée (archives).

Photo : Getty Images / ANTHONY WALLACE

Agence France-Presse

La Corée du Nord a tiré samedi un missile mer-sol balistique, a annoncé l'état-major de l'armée sud-coréenne quelques heures après la mise en garde des États-Unis sur la possibilité d'une reprise des essais nucléaires par Pyongyang au cours des prochaines semaines.

Il s'agit de la 15e démonstration de force cette année pour ce pays doté de l'arme nucléaire, qui a aussi lancé un missile balistique intercontinental pour la première fois depuis 2017.

Ce nouveau lancement survient avant l'entrée en fonction mardi du nouveau président sud-coréen, Yoon Suk-yeol, favorable au rapport de force avec le Nord, et accentue les craintes d'une escalade.

Le département d'État américain a prévenu vendredi qu'un essai nucléaire pourrait avoir lieu dès ce mois-ci, s'appuyant sur l'imagerie satellite.

Nos militaires ont détecté vers 14 h 07 [heure locale] qu'un missile balistique à courte portée présumé être un missile mer-sol stratégique a été tiré depuis la mer au large de Sinpo, dans le Hamgyong du Sud, a déclaré samedi l'état-major de l'armée sud-coréenne dans un communiqué.

Sinpo est une importante base navale de la Corée du Nord. Des images satellites ont pu y montrer la présence de sous-marins par le passé.

Le missile a parcouru une distance de 600 km à une altitude de 60 km, selon l'armée sud-coréenne, ce qui laisse à penser qu'il s'agissait d'un missile balistique à courte portée.

Il a fini sa course en dehors de la zone économique exclusive du Japon, a annoncé le ministre japonais de la Défense, Nobuo Kishi, ajoutant que la fréquence extrêmement élevée des tests cette année était absolument inacceptable.

Le développement remarquable de la technologie nucléaire et de la technologie liée aux missiles par Pyongyang constitue un risque pour la sécurité régionale et mondiale, a-t-il déclaré, faisant de plus savoir que le Japon pense également que la Corée du Nord sera prête à effectuer un essai nucléaire dès ce mois-ci.

En avril, à l'occasion d'un grand défilé militaire, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un s'est engagé à développer ses forces nucléaires le plus rapidement possible et a mis en garde contre d'éventuelles frappes préventives, évoquées par le futur président sud-coréen, Yoon Suk-yeol.

Le président américain Joe Biden doit se rendre ce mois-ci au Japon et en Corée du Sud, où les inquiétudes à propos de Pyongyang seront au menu des discussions.

Le dernier tir de missile pourrait être lié à cette visite ou à l'investiture mardi de M. Yoon, qui a promis une ligne inflexible face au Nord.

Au lieu d'accepter les invitations au dialogue, le régime de Kim semble préparer l'essai d'une ogive nucléaire tactique, avance Leif-Eric Easley, professeur à l'Université Ewha de Séoul.

Guerre de missiles entre les deux Corées

La Corée du Nord avait mené six essais nucléaires avant d'engager une diplomatie de haut rang avec les États-Unis, le président américain de l'époque Donald Trump ayant rencontré Kim Jong-un à quatre reprises.

Un septième essai nucléaire serait le premier depuis septembre 2017 et alimenterait les tensions sur la péninsule coréenne, ce qui accroîtrait les dangers d'erreur de calcul et de mauvaise communication entre le régime de Kim et la future administration Yoon, a ajouté M. Easley.

La Corée du Sud possède une capacité d'armements conventionnels supérieure à celle de son voisin du Nord et M. Yoon a demandé le déploiement d'une plus grande quantité de moyens militaires américains.

La Corée du Sud a testé en 2021 son propre missile mer-sol balistique, devenant un des rares pays à maîtriser cette technologie. Elle a aussi dévoilé un missile de croisière supersonique, soulignant ainsi une course à l'armement dans la péninsule.

Mercredi, Pyongyang a lancé ce que Séoul et Tokyo ont décrit comme un missile balistique, mais les médias d'État nord-coréens, qui signalent d'ordinaire les essais d'armement, n'en ont pas parlé.

Hong Min, chercheur à l'Institut coréen pour l'unification nationale, a dit penser samedi que le lancement d'aujourd'hui est similaire à celui du missile balistique de mercredi.

Il semble que le Nord mène une série de tests pour atteindre ses objectifs stratégiques, a-t-il ajouté.

Les négociations visant à convaincre Kim Jong-un d'abandonner les armes nucléaires n'ont rien donné.

Pendant cinq ans, le président sud-coréen Moon Jae-in a mené une politique de dialogue avec Pyongyang, mais selon son successeur, cette approche servile a été un échec patent.

Selon les analystes, Kim Jong-un pourrait vouloir prévenir, par cette série de tests, qu'il n'est pas ouvert à un dialogue avec le nouveau gouvernement.

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