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La Vallée-de-l’Or doit enfouir du bois qui s’accumule à son site d’enfouissement

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Des piles de bois s'accumulent dans les écocentres des MRC de la région.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

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L'an dernier, la MRC de la Vallée-de-l'Or a dû enfouir quelques centaines de tonnes de bois à son site d'enfouissement.

Auparavant, la MRC envoyait son bois à l'entreprise Résolu, à Gatineau, qui s'en servait comme biocombustible, mais elle a mis fin à cette entente parce que le ministère de l’Environnement ne voyait pas d’un bon œil les gaz à effet de serre que cela produisait.

Ce n’est plus pensable de dire qu’on charge des camions de copeaux et qu’on les envoie à Gatineau pour les faire brûler. Déjà, juste le transport, ça coûte une fortune et c’est polluant. Et en plus, le faire brûler rendu au bout, c’est polluant, indique Marco Veilleux, directeur du service de l’environnement à la MRC de la Vallée-de-l’Or.

Le site d'enfouissement de la MRC de la Vallée-de-l'Or a accumulé jusqu'à 11 000 tonnes de bois. On utilise le bois propre comme agent structurant dans le compost, mais c’est loin d’épuiser toute la quantité de bois au site.

Lorsque le bois est enfoui, il relâche des biogaz, y compris du méthane, un gaz à effet de serre considéré 25 fois plus puissant que le CO2 pour ce qui est du réchauffement climatique.

Marco Veilleux signale que la MRC recherche des solutions pour revaloriser le bois depuis 10 ans. En attendant, on a trouvé une solution de rechange, mais elle est loin d’être idéale, selon lui.

Ce qu’on fait maintenant, c’est qu’on s’en sert comme matériau de recouvrement au site d’enfouissement. On en fait des copeaux et les copeaux servent comme matériau de recouvrement. On les valorise à l’interne, mais uniquement une petite portion. C’est une solution temporaire, c’est un petit pansement et c'est tout, souligne M. Veilleux.

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La plateforme de compostage est située à l'écocentre de Val-d'Or près de la route 117.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Il est beaucoup plus facile de trouver des débouchés pour ce bois quand il est trié dans les écocentres. C’est ce qu'indique Mario Laquerre, rudologue et enseignant au Centre universitaire de formation en environnement et en développement durable (CUFE) de l’Université de Sherbrooke.

Le problème, c’est qu’on a tendance à amalgamer tout ce bois-là dans un gros tas, et à partir du moment où il y a des fractions qui sont moins intéressantes pour les recycleurs ou pour les valorisateurs, le monde ne veut pas de cette matière-là, explique M. Laquerre.

« Le leitmotiv numéro 1, c’est de voir si on est capables de séparer le bois en différentes fractions. Une fois qu’il est séparé, c’est beaucoup plus facile de trouver des débouchés. »

— Une citation de  Mario Laquerre, rudologue et enseignant au Centre universitaire de formation en environnement et en développement durable (CUFE) de l’Université de Sherbrooke

Par contre, le bois que les citoyens, les entreprises ou les commerces apportent à l’écocentre de la Vallée-de-l’Or n’est pas trié de la sorte, car il faudrait de l'équipement de centre de tri. On fait un tri sommaire en mettant de côté les gros morceaux.

On est installés pour que les citoyens puissent trier le bois propre de celui qui ne l’est pas. Malheureusement, ce n’est pas toujours fait. Le gros problème, c’est que tout le bois traité, peint, collé, ça contient des contaminants qui ne peuvent pas passer dans notre processus de valorisation pour qu’on s’en serve comme agent structurant dans le compostage, précise M. Veilleux.

Le bois des municipalités : moins populaire

Certaines entreprises, notamment des papeteries, sont intéressées à acheter les résidus de bois non traité.

Par contre, le bois des municipalités fait concurrence à celui de l'industrie forestière, très importante en Abitibi-Témiscamingue.

Si [une papetière] est capable d’avoir accès à du bois de scierie qui est beau, homogène, dont les copeaux sont égaux, elle va préférer ça, explique M. Laquerre.

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Les entreprises qui peuvent donner une deuxième vie au bois vont préférer celui des scieries à celui des municipalités.

Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola

Quand l’industrie forestière va moins bien, si je ne fais plus de ''deux par quatre'', je n’ai plus de résidus. Là, les papetières sont plus intéressées d’aller chercher du bois urbain qui a été mis en copeaux, ajoute Mario Laquerre.

Un autre problème auquel fait face la région quand il s’agit de trouver une deuxième vie pour le bois est la distance.

Il y a des coûts de transport quand même élevés parce que c’est généralement assez loin des marchés, souligne Mario Laquerre.

Les résidus générés par le secteur de la construction, de la rénovation et de la démolition ont représenté 28 % des matières envoyées à l'enfouissement en 2019, selon Recyc-Québec.

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