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Protection du caribou : Québec et Ottawa doivent s’entendre, insiste Résolu

Un caribou dans un champ.

L'habitat du caribou forestier est fortement perturbé (archives).

Photo : iStock

La Presse canadienne

Le président et chef de la direction de Produits forestiers Résolu (PFR), Rémi Lalonde, plaide pour que le fédéral et Québec s'entendent sur la protection des caribous forestiers. Il estime que le gouvernement Legault fait la bonne chose dans ce dossier.

On veut s'assurer qu'il y ait une approche mesurée qui balance tous les intérêts, affirme-t-il en entrevue après le dévoilement des résultats du premier trimestre. Il semble y avoir un manque de communication entre les paliers de gouvernement.

Un homme derrière un lutrin.

Rémi Lalonde est le président-directeur général de Produits forestiers Résolu (PFR) (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

M. Lalonde a fait ces commentaires peu de temps avant que le ministre fédéral de l'Environnement, Steven Guilbeault, déclare que les discussions avaient repris entre les deux ordres de gouvernement.

Le ministre Guilbeault laisse toujours planer la possibilité de l'adoption d'un décret afin de protéger des parties de l'habitat des animaux sur le territoire québécois, quelles que soient les objections de la province. J'avance avec ça au cas où il n'y aurait pas d'entente avec le gouvernement du Québec, mais je préfère — qu'il y ait une entente, a dit M. Guilbeault.

Steven Guilbeault devant un micro.

Steven Guilbeault, ministre de l'Environnement et du Changement climatique (archives)

Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito

À Québec, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, avait mis en garde le fédéral contre l'idée d'agir trop prestement et de mettre en péril des emplois. Le ministre veut laisser la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards mener ses consultations jusqu'au 17 mai.

M. Lalonde pense que Québec fait la bonne chose avec cette consultation.

« L'approche au Québec vise à balancer tous les intérêts. Il y a les intérêts environnementaux, les intérêts sociaux économiques et l'intérêt des communautés. »

— Une citation de  Rémi Lalonde, président et chef de la direction de Produits forestiers Résolu (PFR)

L'exploitation forestière est vue comme principale responsable du déclin des caribous forestiers et montagnards. Les chemins forestiers favorisent notamment le déplacement des prédateurs naturels du caribou, comme l'ours et le loup.

À la fin avril, le fédéral a conclu une entente avec l'Ontario afin de protéger le caribou boréal. L'entente avec l'Ontario a toutefois été critiquée par les groupes environnementalistes, qui jugent qu'elle est insuffisante pour protéger l'espèce menacée.

Pour sa part, M. Lalonde croit que cet accord démontre qu'il est possible d'arriver à une entente entre Québec et le fédéral. Moi, je maintiens que le gouvernement du Québec a pris de très bonnes initiatives. [Il] a un plan en développement qui devrait être robuste et ça devrait atteindre les attentes du gouvernement fédéral, ajoute-t-il.

Une certification à risque

Insatisfait des mesures prises pour protéger les caribous, le Forest Stewardship Council (FSC) a d'ailleurs prévenu le ministre Dufour que le Québec pourrait perdre accès à la certification, rapportait le journal La Presse la semaine dernière.

Cette certification est un argument de vente valorisé par l'industrie forestière, tandis que de nombreux clients l'exigent dans leur politique d'achat.

Près du quart (26 %) des terrains exploités par Résolu sont certifiés par la norme FSC. C'est le cas dans cinq unités d'aménagement au Québec, dans les régions de l'Abitibi-Nord-du-Québec, de la Côte-Nord et de la Mauricie.

La société précise que la totalité de ses terrains est certifiée par la Sustainable Forestry Initiative (SFI), une norme jugée moins stricte par les groupes environnementaux.

En 2013, Résolu avait d'ailleurs perdu la certification FSC sur deux terrains au Lac-Saint-Jean. L'organisme avait attribué sa décision à une protection jugée insuffisante des caribous et à un litige entre le gouvernement et les Cris. Pressé par Greenpeace, le détaillant Best Buy avait décidé de ne plus s'approvisionner chez Résolu.

M. Lalonde n'a pas voulu s'avancer sur les impacts possibles d'une perte de la certification FSC au Québec. Qu'est-ce que ça laisse présager pour nous? Je pense qu'il est trop tôt pour avoir une perspective là-dessus, lance-t-il.

Du bois coincé au Lac-Saint-Jean

Plus tôt jeudi, la société montréalaise a dévoilé ses résultats du premier trimestre où elle indique avoir profité de conditions favorables quant au prix du bois, mais avoir subi des contraintes quant à son transport par chemin de fer.

Les wagons du Canadien National (CN) ont été moins disponibles au cours des derniers mois dans la région du Lac-Saint-Jean, explique M. Lalonde.

La façon dont ça se reflète chez nous, c'est une augmentation importante de nos inventaires de bois d'œuvre. Nos inventaires ont presque doublé au cours du trimestre à 43 millions de dollars pour le produit fini de bois d'œuvre, note-t-il.

Le dirigeant espère que la situation se rétablira au cours de la deuxième moitié de l'année.

Au cours des trois premiers mois de l'année, Résolu a dévoilé un bénéfice net de 210 millions de dollars, contre un bénéfice net de 87 millions à la même période l'an dernier.

Les ventes, pour leur part, ont atteint 945 millions de dollars, en hausse de 72 millions par rapport à la période correspondante de l'exercice précédent.

M. Lalonde souligne que la situation financière de l'entreprise PFR s'améliore, tandis que la dette nette atteint 140 millions de dollars.

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