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La ministre de la Santé sermonne les régies sur la gestion des urgences à Moncton

Dorothy Shephard s'attaque à l’attente des patients dans les ambulances.

Des ambulances stationnées devant l'Hôpital de Moncton, le 6 mai 2022.

Quatre ambulances étaient stationnées devant l'Hôpital de Moncton, vendredi après-midi.

Photo : Radio-Canada / Pierre Richard

La ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick exige que les réseaux Vitalité et Horizon « rendent des comptes » sur leur gestion des services d’urgence dans les deux hôpitaux de Moncton.

Dorothy Shephard en a assez de constater que la durée de déchargement des patients durant le transfert entre l’ambulance et l’hôpital demeure très longue. Elle exige des changements et des résultats.

Dans une lettre envoyée aux pdg des réseaux de santé Vitalité et Horizon – dont Radio-Canada a obtenu copie – la ministre hausse le ton.

Dorothy Shephard devant des drapeaux.

La ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, Dorothy Shephard, en mars 2022 à Fredericton

Photo : Radio-Canada

Elle relate une visite effectuée au CHU Dr-George-L.-Dumont et à l’Hôpital de Moncton le jeudi 28 avril. Elle écrit avoir trouvé la situation préoccupante et ajoute [savoir] que les conditions ont empiré pendant la fin de semaine.

« Lorsque des employés paramédicaux sont retenus pour traiter un seul appel pendant tout un quart de travail de douze heures, je ne peux pas supposer que tout ce qui aurait pu être fait l’a été. Je dois en avoir la certitude absolue. »

— Une citation de  Dorothy Shephard, ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick

Pourquoi c’est inquiétant

Le temps de déchargement est le temps nécessaire entre l’arrivée de l’ambulance dans le stationnement de l’hôpital et la prise en charge du patient par l’équipe de l’hôpital.

À Moncton, des patients attendent parfois des heures dans une ambulance. Des ambulances occupées par des patients sont souvent stationnées devant le CHU Dr-Georges-L.-Dumont et l’Hôpital de Moncton.

Pendant ce temps, les ambulanciers ne peuvent pas répondre à d’autres appels. Des ambulances d’autres régions – parfois d’aussi loin que de Miramichi ou de Jemseg – ont récemment dû intervenir dans la région de Moncton.

Au début d'avril, les réseaux de santé expliquaient la situation par une importante pénurie de personnel et l'absentéisme des employés en raison de la COVID-19.

Des changements exigés

La ministre de la Santé demande, dans sa lettre, que les régies forment une équipe d’intervention d’urgence chargée de s’attaquer aux nombreux problèmes qui affectent ces délais de déchargement.

Elle demande également à ce qu’il y ait un effort concerté de planification des congés.

L'urgence du Centre hospitalier universitaire Dr-George-L.-Dumont.

L'urgence du Centre hospitalier universitaire Dr-George-L.-Dumont (archives)

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

De plus, la ministre réclame que les ressources humaines procèdent à un examen des équipes de gestion et des cadres intermédiaires.

Il y a un mois, Dorothy Shephard affirmait déjà que les réseaux de santé devaient régler la situation et que ce n’est pas un problème avec Ambulance NB. Elle ajoutait que certains hôpitaux réussissent à bien gérer la situation.

Vitalité et Horizon cherchent des solutions

Le Réseau de santé Vitalité estime que la situation est hors de son contrôle.

Dans une déclaration écrite, la pdg Dre France Desrosiers affirme que les deux régies de santé provinciales n’ont aucun contrôle sur les entrées d’ambulances ou encore sur le niveau d’achalandage aux urgences.

Elle dit tout de même qu'il s'agit d'une situation prioritaire sur laquelle se penche le réseau et ajoute que les hauts délais de déchargement des ambulances ont un impact significatif sur la qualité des soins aux patients.

De son côté, le président et chef de la direction du Réseau de santé Horizon, Dr John Dornan, avoue que la situation est inacceptable.

Je suis entièrement d'accord que la situation actuelle concernant les retards de déchargement des ambulances est inacceptable et nécessite des solutions qui peuvent être mises en œuvre rapidement et efficacement, indique-t-il dans une déclaration écrite.

Il affirme qu'il tiendra bientôt une réunion avec les équipes du service d'urgence pour trouver des solutions.

C’est pire que jamais, selon une ambulancière

Le passage de la ministre dans les hôpitaux de Moncton ainsi que les propos de sa lettre sont bien accueillis par l’Association des paramédics du Nouveau-Brunswick.

« C’est vraiment critique. Je travaille depuis 13 ans à Moncton et on n’a jamais vu une situation aussi pire que maintenant. »

— Une citation de  Tara Babineau, trésorière de l'Association des paramédics du Nouveau-Brunswick
Tara Babineau, ambulancière et trésorière de l’Association des paramédics du Nouveau-Brunswick.

Tara Babineau, ambulancière et trésorière de l’Association des paramédics du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Tara Babineau, qui est ambulancière à Moncton et trésorière de l'association, croit que la situation s’est empirée au cours des dernières années. Et rien n’indique que les choses vont s’améliorer, avec les vacances d’été, ajoute-t-elle.

Je peux arriver avec un patient dans l’après-midi et rester là tout le reste de mon quart de travail. Ensuite les ambulanciers qui travaillent la nuit peuvent rester là pendant 12 heures. Et après moi je peux retourner le lendemain matin avec le même patient qui est encore sur la civière. Et ça, ça arrive chaque jour, raconte Tara Babineau, pour illustrer la situation.

On pense que c’est un problème de l'hôpital. On peut les appuyer, mais on pense que les problèmes commencent là. [Par exemple], car il n’y a pas assez de docteurs ou d’infirmières, explique-t-elle.

Avec des informations de Nicolas Steinbach

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