•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des roulottes pour accueillir les travailleurs saisonniers aux Îles-de-la-Madeleine

Un homme souriant se tient debout dans la porte d'entrée d'une roulotte.

LA renaissance des Îles a fait l'acquisition de 16 roulottes pour y héberger ses travailleurs étrangers pendant les mois de mai et juin.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Inspirée par l'initiative d'une entreprise, la Chambre de commerce des Îles met une douzaine de roulottes à la disposition des employeurs madelinots qui cherchent un hébergement pour leurs travailleurs saisonniers.

La dernière saison estivale a été difficile aux Îles et bon nombre d'entreprises n'avaient pas la capacité d'accueillir tous les employés dont elles avaient besoin, indique le directeur général de la Chambre de commerce des Îles, Antonin Valiquette.

La pénurie de main-d'œuvre est grandement exacerbée par le manque de logements aux Îles, explique-t-il.

C'est une pratique très fréquente d'aller recruter des travailleurs à l'extérieur du territoire pendant l'été. On attire les travailleurs en disant : ''Viens aux Îles, tu vas avoir un travail, tu vas avoir un hébergement''; mais là, la question de l'hébergement posait problème, poursuit M. Valiquette.

Antonin Valiquette est à l'extérieur, devant des roulottes.

Dès la fin de la saison estivale 2021, la Chambre de commerce des Îles cherchait des solutions au manque de logements qui complique le recrutement de la main-d'œuvre saisonnière, selon son directeur général, Antonin Valiquette.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Dans ce contexte, l'usine de transformation LA renaissance des Îles a décidé d'innover en achetant des roulottes pour y héberger les travailleurs mexicains qu'elle accueille pendant les mois de mai et de juin, soit au cours de la saison de pêche au crabe et au homard.

Le propriétaire de la Station Déli, Élie Chevrier, a accepté d'accueillir les roulottes sur son terrain, conformément à la réglementation municipale.

Pour l'industrie, je trouvais que c'était quand même important de participer à cette mission-là, explique M. Chevrier. Personnellement, je pense que la seule solution pour aider les entreprises à trouver la main-d'œuvre dont on a besoin, ça passe forcément par le recrutement d'immigrants.

Un homme souriant se tient dans la cuisine de la roulotte qu'il habite.

Les roulottes mesurent 32 pieds de longueur, donnent accès à l'électricité et sont équipées d'une petite cuisinière et d'une douche.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Un projet offert à tous les employeurs des Îles

Lorsqu'il a eu vent de cette collaboration, M. Valiquette a approché la direction de LA renaissance des Îles pour louer 12 roulottes à partir du mois de juillet et les offrir aux employeurs des Îles qui en ont besoin pour l'hébergement de leurs travailleurs saisonniers. C'est ainsi que le projet pilote a pris forme.

Je tiens à souligner le bel exemple d'entraide de deux entrepreneurs privés. Ce n'est pas leur job de soutenir la communauté entrepreneuriale, mais ils l'ont fait de gaieté de cœur, souligne M. Valiquette.

Comme LA renaissance des Îles a fait l'acquisition de 16 roulottes et en loue quelques autres, le terrain de 29 places de la Station Déli sera pratiquement entièrement réservé aux travailleurs cet été.

« Ça va faire une saison qui est un peu plus longue qu'à la normale, de mai à septembre, mais l'objectif premier, c'est de répondre à la demande. »

— Une citation de  Élie Chevrier, propriétaire de la Station Déli

M. Chevrier indique toutefois qu'il est prêt à accueillir des touristes pour une nuit au besoin, si des terrains sont vacants. On va vivre l'expérience. Probablement qu'au quotidien ce sera moins de préoccupations que de s'occuper de locations pour un ou deux jours pour beaucoup de personnes, avance-t-il.

Élie Chevrier est à l'extérieur, il s'adresse au micro de Radio-Canada devant des roulottes.

Le propriétaire de la Station Déli, Élie Chevrier, n'a pas calculé l'impact financier d'offrir son terrain à des entreprises plutôt qu'à des touristes. « L'objectif, c'est d'aider le milieu », dit-il.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le projet représente un investissement de 64 000 $.

On trouve que c'est un projet porteur. On va investir 5000 $ de nos propres fonds et on attend la confirmation d'un soutien municipal sur lequel je compte beaucoup, mais de toutes les façons, ce projet-là va avoir lieu, affirme le directeur général de la Chambre de commerce.

Les roulottes seront offertes aux employeurs au prix de 900 $ par mois et ceux-ci seront libres de s'entendre avec leurs employés sur le montant du loyer à payer.

Des roulottes sont garées les unes à côté des autres à la Station Déli.

Les roulottes, installées à la halte routière de la Station Déli, seront offertes aux employeurs des Îles à un tarif de 900 $ par mois pour l'hébergement de leurs employés saisonniers.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

L'intérêt des entreprises madeliniennes pour le projet n'a pas tardé, même si M. Valiquette admet qu'il a reçu moins de demandes qu'escompté, probablement parce que le projet a été annoncé assez près de la saison estivale, au moment où la plupart des employeurs ont déjà trouvé un arrangement.

« En moins de 24 heures, j'avais quand même une dizaine d'entreprises qui m'ont réservé des roulottes. J'estime que les 12 roulottes vont être occupées pendant l'été. »

— Une citation de  Antonin Valiquette, directeur général de la Chambre de commerce des Îles

Un projet en construction

Un bilan de l'expérience sera réalisé à la fin de l'été, mais M. Valiquette estime déjà que ce projet pourrait perdurer.

On le voit comme un projet pilote cette année, on sait qu'il va y avoir des irritants, plusieurs petites choses à arranger. Ce ne sera pas parfait, mais on avait le choix entre attendre d'avoir un projet parfait et ne rien faire cette année, ou faire de quoi pour 2022, indique-t-il.

Des roulottes sont garées les unes à côté des autres à la Station Déli.

La Station Déli n'a pas les installations nécessaires pour évacuer les eaux usées des roulottes, puisqu'elle accueille en temps normal des visiteurs pour une ou deux nuits seulement.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

La forme que prendra le projet à l'avenir reste aussi à déterminer. Par exemple, pour cette première année, l'entreprise les Lavages industriels Vigneau a accepté de s'occuper des eaux usées des roulottes, puisque la Station Déli n'a pas toutes les installations d'un camping. Mais une solution à long terme devra être trouvée pour les prochaines années.

Moi, ce que j'aimerais, c'est qu'il y ait éventuellement une gouvernance autonome, par exemple une coopérative d'employeurs, qui prenne en charge les infrastructures et le projet, conclut M. Valiquette.

Avec les informations d'Isabelle Larose

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !