•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La quantité d’eau prélevée par les embouteilleurs au Québec demeure secrète

Chargement de l’image

La Cour du Québec a statué que les données sur le volume d'eau prélevé par les embouteilleurs relève du secret commercial, mais des organismes souhaite que les données soient publiques.

Photo : Radio-Canada

Chargement de l’image

Une action de mobilisation est lancée pour que les volumes d'eau prélevés par les plus grands embouteilleurs du Québec, dont l’usine Eska en Abitibi-Témiscamingue, deviennent publics.

Le Centre québécois du droit de l'environnement (CQDE) et l'organisme Eau secours, à l’origine de cette initiative, souhaitent que le gouvernement rende publiques les quantités d’eau prélevées par les plus importants embouteilleurs au Québec, incluant Eska à Saint-Mathieu-d’Harricana.

Depuis 2018, les deux organismes tentent de faire diffuser ces données sur l’eau, mais le gouvernement affirme qu’elles relèvent du secret commercial.

Chargement de l’image

L'entreprise d'embouteillage d'eau Eska à Saint-Mathieu-d'Harricana

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Rébecca Pétrin, directrice générale d'Eau secours, affirme qu'il est important de connaître la quantité d'eau prélevée par ces grandes compagnies afin de protéger cette ressource naturelle.

Si, dans un bassin versant, on utilise largement trop d'eau par rapport à ce que l'environnement nous apporte, on va puiser dans les réserves et on va peut-être se retrouver, dans 10, 15 ou 20 ans avec un bassin versant qui va être mis à sec. Donc on ne peut pas prévoir à long terme où l'eau va se faire plus rare et où on pourrait en exploiter un peu plus sans que ça nuise trop, indique-t-elle.

Chargement de l’image

La directrice générale de l'organisme Eau secours, Rébecca Pétrin

Photo : Gracieuseté : Eau secours

Marc Bishai, avocat partenaire du CQDE, espère que le gouvernement modifiera son cadre juridique pour que les données puissent être diffusées.

Il rappelle que l'eau est une ressource épuisable et commune.

Selon nous, la population a des attentes en matière de transparence dans la gestion de cette ressource, qui est collective. L'eau étant une chose commune, en principe, elle appartient à tous et toutes. Donc c'est pour nous le gros bon sens que le public ait accès à ces informations-là, fait-il valoir.

En avril, la Cour du Québec a statué que les quantités d'eau prélevées par les embouteilleurs relèvent du secret commercial. Les deux organismes déplorent cette décision et ont donc lancé l’action de mobilisation.

Cependant, la Société d’eau souterraine de l’Abitibi-Témiscamingue (SESAT) avait eu accès au registre sur les prélèvements d’eau des plus importants préleveurs publics et privés pour l’année 2013 en Abitibi-Témiscamingue.

La demande de la SESAT, à la différence d’Eau secours et du CQDE, avait visé un territoire, et non un secteur industriel.

Si on a réussi à y avoir accès en 2013, ce n’est pas qu’il y a eu une interprétation différente de la loi. C’est simplement que la totalité de nos préleveurs privés, ici en région, ont fait le choix de dire "On autorise la divulgation de ces prélèvements-là" , rapporte Olivier Pitre, directeur général de la Société de l'eau souterraine de l'Abitibi-Témiscamingue.

En 2013, l’entreprise Rayonier, autrefois Tembec, représentait 49 % de l’eau prélevée par les grands préleveurs d’eau de toute l’Abitibi-Témiscamingue.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !