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Les Premières Nations du Yukon investissent dans l’énergie verte pour assurer leur avenir

Vue aérienne du site de Haeckel Hill.

Les quatre éoliennes de Haeckel Hill devraient être prêtes à entrer en service dès l'automne 2023.

Photo : Photo fournie - GBP Creative

La Première Nation Kwanlin Dün a signé une entente pour élaborer un nouveau projet d'énergie éolienne, le dernier d'une série d'initiatives des Premières Nations du Yukon en matière d'énergies vertes.

L'entente prévoit un investissement de 13 millions de dollars du gouvernement fédéral, en plus de fonds provenant de la Première Nation Kwanlin Dün et de la Société de développement du Yukon.

Cet investissement vise à construire quatre éoliennes sur la colline Haeckel. Selon les estimations des promoteurs, celles-ci produiront suffisamment d’électricité pour alimenter jusqu’à 650 foyers pendant 20 ans, de quoi économiser 40 millions de litres de carburant diesel.

L’objectif principal de ce projet est de pouvoir produire de l'électricité à partir de l’automne 2023, afin, notamment, d'assurer un approvisionnement en cours d'hiver, au moment où l'hydroélectricité ne suffit pas à combler les besoins énergétiques grandissants de la capitale yukonnaise.

Des éoliennes pensées pour le Nord

Ce sont des éoliennes polaires. Elles sont plus hautes, avec des pales 30 % plus longues, de 23 à 30 mètres. Donc, elles disposent de 70 % de surface en plus pour mieux capturer l'énergie du vent, explique Michael Muller, de la firme d'investissement Chu Níikwän. Cette conception signifie que les turbines vont tourner malgré un vent plus faible.

Visualisation du site de Haeckel Hill.

Les quatre éoliennes sont placées stratégiquement sur une colline exposée à un vent qui souffle principalement en hiver.

Photo : Photo fournie : Northern Energy Capital

Pour qu'elles soient efficaces lorsque le Yukon a le plus besoin d'énergie, ces éoliennes ont été conçues pour faire face à la rudesse du climat, selon Michael Muller.

Contrairement aux éoliennes du passé, celles-ci disposent d’un système de chauffage à l'intérieur même des pales qui empêche la formation de glace ou la fait fondre, explique-t-il.

Cela va changer la donne, affirme-t-il. Là où, avec les anciennes éoliennes, il aurait fallu attendre des jours pour que la glace fonde naturellement de leurs pales, nous estimons que celles-ci n’auront besoin que de quelques heures.

Quand les Premières Nations investissent pour la planète

La cheffe Doris Bill est ravie d'avoir obtenu du financement pour le projet de parc éolien sur la colline Haeckel. C’est une chose dont nous pouvons tous être fiers, je pense.

Le projet éolien de Whitehorse s'ajoute aux investissements dans l'hydroélectricité à Atlin, la biomasse à Teslin et la ferme solaire d’Old Crow, qui comptent parmi les initiatives des Premières Nations en matière d'environnement.

Nous sommes les gardiens de cette terre et nous la détenons en fiducie, estime Doris Bill. C’est la terre de nos ancêtres, et il y a un mouvement à travers le monde vers plus d'énergies vertes.

Une femme sourit devant une oeuvre d'art autochtone sur un mur.

Doris Bill est la cheffe du conseil de la Première Nation Kwanlin Dün, à Whitehorse, depuis 2014.

Photo : Radio-Canada / Philippe Morin

Cette réalisation de la Première Nation Kwanlin Dün sera le premier parc éolien d’une Première Nation à être relié au réseau électrique dans le nord du pays. Doris Bill rappelle qu’elle a été rendue possible grâce à la collaboration entre les différents ordres de gouvernement.

Par son statut de plus grand propriétaire terrien de la région de Whitehorse, la Première Nation Kwanlin Dün est devenue un partenaire de premier plan pour les gouvernements, et ce, sur de nombreux sujets.

Nous savions que nous en arriverions là, dit Doris Bill, ajoutant que c’est en créant des partenariats comme celui-ci que les projets peuvent aboutir, notamment à cause du coût élevé du développement dans le Nord.

« Les Premières Nations ouvrent la voie dans de nombreux domaines, et je souhaite que l’environnement soit l’un d’entre eux. »

— Une citation de  Doris Bill, cheffe de la Première Nation Kwanlin Dün
Des panneaux solaires dans un champ.

Construire une ferme solaire à 127 kilomètres au nord du cercle arctique a été un exploit d'ingénierie, selon les responsables.

Photo : Caleb Charlie

À Old Crow, la communauté a réussi à se détourner de décennies de dépendance aux génératrices au diesel grâce à la création d’une ferme solaire.

Même si une ferme solaire est silencieuse et a rendu le calme et le silence à notre village, sa voix porte à travers l’Amérique du Nord et dans le monde, explique Dana Tizya-Tramm, le chef de la Première Nation Vuntut Gwitchin d’Old Crow.

Depuis sa réalisation, la ferme solaire suscite de l'intérêt. Selon le chef de la Première Nation, de nombreuses communautés et peuples autochtones d'Amérique du Nord se renseignent sur la viabilité et la rentabilité de ces projets et sur les progrès socioéconomiques qui en découlent.

Il explique que, dans le cas d’Old Crow, en plus de l'abandon des génératrices au diesel, 400 000 dollars par an retombent dans les caisses de la communauté grâce à l’accord sur l’achat de son énergie, des fonds qui pourront être réinvestis dans la communauté.

Ce travail peut alimenter bien plus que le réseau électrique, il peut donner du pouvoir aux communautés, note Dana Tizya-Tramm.

Au-delà de l'aspect environnemental, il voit, dans la réalisation de projet comme celui-là, une source d'indépendance énergétique et d’autodétermination.

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