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Un Franco-Ontarien s’offre la Pacific Crest Trail pour ses 30 ans

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Portant un chapeau de pêche qui lui sera aussi utile dans le désert en Californie, Jean-Michel s'entraîne dans les rues de Hearst.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Jean-Michel Cantin de Hearst s'envolera vers San Diego pour son 30e anniversaire, le 14 mai, afin de faire la Pacific Crest Trail, une randonnée à pied de 4265 km entre le Mexique et le Canada sur la côte du Pacifique.

Son entraînement avec un sac à dos de 50 L n'est pas passé inaperçu dans les rues de la petite municipalité. À Hearst, les randonnées pédestres ne font pas partie des habitudes des gens.

Il y en a qui ont fait des commentaires : c’est qui le cave qui se promène en ville avec un gros sac?, raconte à la blague, celui qui s’attaque à la randonnée popularisée par le film Wild du regretté Jean-Marc Vallée.

Afin de réaliser sa traversée de trois États américains, sept parcs nationaux, 24 forêts nationales, Jean-Michel devra faire en moyenne de 30 à 40 kilomètres par jour.

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Affiché sur l'armoire de la résidence familiale pour le suivre en direct pendant son périple, Jean-Michel nous montre la carte de la Pacific Crest Trail.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

La plupart des gens partent à la mi-avril. Je suis un mois en retard sur la grosse vague de monde qui fait ce chemin. C’est en grande partie à cause des chaleurs du désert : au mois d’avril, elles ne sont pas encore là, explique l’aventurier qui a eu son permis pour partir le 18 mai.

Jean-Michel nous raconte qu’il a tout fait pour obtenir son laissez-passer gratuit. Seulement 50 départs sont offerts quotidiennement pour préserver la nature. J’avais trois ordinateurs ouverts, soutient-il.

Le temps passe, il est toujours dans la file d’attente virtuelle, les meilleures places s’envolent comme de petits pains chauds à l’image de billets de spectacle.

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Muni de ses bâtons, Jean-Michel marche dans un sentier longeant la rivière de Hearst.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Un départ en haute saison voudra dire qu’il aura plus de kilométrage à faire par jour afin de rattraper la fenêtre météo.

Ils suggèrent de sortir avant le 1er octobre parce que je finis dans l’État de Washington et l’automne commence de bonne heure, et je vais pogner de la neige à la fin septembre, avance l’homme qui a mis une croix à une carrière dans le monde de la finance pour découvrir le monde au cours des cinq prochaines années.

Un sac à dos bien rempli

Les bifurcations vers les villes ne sont possibles que tous les cinq à sept jours en général. Jean-Michel compte faire du pouce vers les supermarchés pour se ravitailler. Il n’a pas prévu de faire comme dans le film mettant en vedette Reese Whiterspoon et se faire livrer par la poste de l’équipement ou des provisions.

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Jean-Michel apporte le strict minimum.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Sac à dos bien rempli, Jean-Michel a puisé quelques trucs et astuces sur YouTube afin de voyager léger et d'éviter entre autres d’apporter du papier de toilette.

Un bidet que je mets sur une bouteille d’eau, dit-il en nous faisant la démonstration dans l’évier de la résidence de ses parents.

Ensuite, il nous montre sa nouvelle maison. Vu sa taille, l’aventurier n’a eu d’autres choix que de prendre une tente pour deux personnes.

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Pendant sa randonnée, sa tente à deux places deviendra son nouveau chez-soi.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Normalement, les gens mettent leur sac à leurs pieds, mais je mesure 6'4'', avoue-t-il, couché au fond de sa tente, les pieds qui frottent à l’autre extrémité. Je vais mettre mon sac à côté de moi.

Telle une tortue, Jean-Michel porte dans son sac à dos toute sa vie. Il a vendu tous ses biens et porte tout ce qu’il lui reste sur ses épaules.

Un aventurier dans l’âme

Quand on parle de Jean-Michel Cantin à Hearst, personne ne s’inquiète de ce qui pourrait lui arriver sur la route. Son ascension du mont Kilimandjaro, 5895 mètres, en trois jours, est souvent citée comme un de ses plus grands exploits.

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En 2010, Jean-Michel Cantin a atteint le sommet du mont Kilimandjaro avec son sherpa.

Photo : Radio-Canada / Avec la permission de Jean-Michel Cantin

Il n’avait alors que 18 ans et son père était aux premières loges pour le voir gravir les échelons avec une telle facilité, soutient le paternel, Denis.

Ensuite, un défi n’attend pas l’autre : le camp de base du mont Everest. Quand on y pense [l'Himalaya], ce sont les plus hautes chaînes de montagnes au monde. Le paysage était fantastique.

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Denis et son fils en route vers le camp de base du mont Everest.

Photo : Avec la permission de Jean-Michel Cantin

Denis ne s’en cache pas : il a peut-être semé la graine d’aventurier dans sa progéniture.

Moi et mes frères, on est allés faire le sentier des Incas au Pérou. Jean-Michel, on ne l’avait pas amené parce qu’il avait juste 14 ans. Quand on est revenus, un de mes frères s’est mis à parler du Kilimandjaro. Jean-Michel a tendu l'oreille, raconte le pharmacien à la retraite, dont le fils s’est retrouvé au sommet du Kilimandjaro quelques heures avant les plus vieux.

Un testament avant le départ

Pour sa mère, il était hors de question de le laisser partir sans faire un testament. Depuis le début des années 1980, une quinzaine de personnes sont mortes en se noyant, happées par un véhicule, chutant d’une falaise ou à cause de la chaleur. Un constat : les serpents à sonnette et les ours représentent un risque moindre que la déshydratation, l’hypothermie ou l’inexpérience sur la Pacific Crest Trail.

Devant les faits, Ginette n’a d’autres choix que d’aborder la mort avec son fils : si tu pars et qu’il t'arrive quelque chose, il faut qu’on sache quoi faire avec ça.

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Jean-Michel compte sur le soutien inconditionnel de ses parents pendant sa randonnée.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Aucune question n’est tabou. Ce n’est pas évident de jaser de ça avec mon fils de 30 ans. C’est quelque chose d’important. Finalement, il a décidé que ses cendres soient transformées en arbre, raconte-t-elle alors que son fils ricane en arrière-plan.

On a fait ça dans la bonne humeur et l’on s’est amusé à travers de ça, conclut-elle.

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