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Louise Forestier : la sagesse et la rébellion

La chanteuse Louise Forestier chante sur scène avec un micro à la main.

Louise Forestier à l'émission Zoom, le 3 novembre 1968

Photo : Radio-Canada / Francis J Menten

Radio-Canada

Depuis la fin des années 1960, la chanteuse Louise Forestier a marqué le paysage québécois de la chanson. « Flyée », rebelle et poète, cette passionaria de la musique a connu une carrière riche et variée alliant le chant et le jeu. Retour sur le parcours d’une artiste empreinte de vitalité qui ne semble pas connaître l’usure du temps.

Louise Forestier, de son vrai nom Louise Belhumeur, naît à Shawinigan le 10 août 1942. Sa famille déménage à Montréal alors qu’elle est encore une enfant.

Elle choisit d’étudier à l’École nationale de théâtre et y fera une rencontre déterminante, celle de Robert Charlebois, qui deviendra un ami et un partenaire important dans sa carrière artistique.

La comédienne obtient son diplôme en 1964. Dans cet extrait de l’émission Reflets diffusée le 25 novembre 1964, l’animateur Jacques Ouvrard s’entretient avec des finissantes de l’École nationale, dont Louise Belhumeur (Louise Forestier), Louisette Dussault et Monique Rioux.

Reflets 1964, 25 novembre 1964

Le petit côté sage qu’on perçoit de la jeune actrice qui fixe la caméra en articulant à la perfection chaque syllabe n’est qu’une facette de l’artiste.

Louise Forestier a aussi un côté rebelle et délirant bien assumé que le public ne tardera pas à découvrir.

En 1966, elle est sacrée révélation de l’année de la chanson au Patriote de Montréal et reçoit le prix Renée-Claude. La même année, l’émission Jeunesse oblige la nomme découverte de l’année. Elle interprète alors des chansons de Boris Vian, de Léo Ferré et des succès de Robert Charlebois, comme La Boulé.

À l’instar des envolées de sa voix dans la chanson Lindberg, composée par Robert Charlebois et Claude Péloquin, tout décolle en 1968 pour Louise Forestier.

Avec Robert Charlebois, Yvon Deschamps et Claudine Monfette (Mouffe), elle est du spectacle L’Osstidcho  présenté pour la première fois au théâtre de Quat’sous en mai 1968.

Après une trentaine de représentations au Quat’sous, la troupe transportera son spectacle à la Comédie canadienne, puis à la salle Wilfrid Pelletier du théâtre de la Place des Arts, passant d’une salle de 159 places à un espace de près de 3000 places en à peine six mois.

« Quand on est jeune, on ne profite pas des choses, ça fait partie du mouvement de la jeunesse. On n’est pas à l’âge où on savoure, on est à l’âge où on mord, où on avale tout rond la vie. Alors je n’en ai pas profité à ce moment-là, mais j’en profite maintenant. »

— Une citation de  Louise Forestier

Lors d’une entrevue avec l’animatrice Marie-Claude Lavallée présentée à Entrée des artistes le 11 juin 2000, elle revient sur cette période effervescente.

Dans cet extrait d’entrevue, Louise Forestier aborde également ses moments plus sombres où elle a dû mettre sa carrière en pause.

Entrée des artistes, 11 juin 2000

L’Osstidcho changera à jamais l’univers musical québécois. Désormais, il est permis d’être fous, libres, iconoclastes et engagés sur scène comme sur disque.

Louise Forestier traversera en France pour présenter le spectacle à l’Olympia de Paris. À son retour, elle participera à la comédie musicale Demain matin, Montréal m’attend, écrite par Michel Tremblay et François Dompierre.

Mêlant le jeu théâtral et le chant, la comédie musicale est un genre qui sied bien à Louise Forestier. Au cours de sa carrière, le public pourra apprécier son talent dans Starmania (1981), où elle personnifie Marie-Jeanne, la serveuse automate, et dans Nelligan (1990), où elle joue Émilie Hudon, la mère du célèbre poète.

Louise Forestier, souriante, porte un costume extravagant sur scène avec danseurs en arrière-plan.

La chanteuse Louise Forestier dans un extrait de la comédie musicale «Demain matin, Montréal m'attend» lors de l'émission Faut voir ça, le 3 juillet 1980.

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

Durant les années 1970, Louise Forestier est de plusieurs productions cinématographiques à succès, dont IXE-13 de Jacques Godbout (1971) et Les ordres de Michel Brault (1974).

Elle continue à évoluer dans le monde de la chanson, mais revient à des sonorités plus folkloriques qui tranchent avec le côté rock psychédélique qu’on lui avait connu au moment de L'Osstidcho, notamment avec Lindberg et California.

La chanson La prison de Londres sera un de ses grands succès. Le 17 décembre 1972, à l’émission Spécial Boubou animée par Jacques Boulanger, elle interprète cette pièce dans le cadre du 10e Gala des orphelins au Centre sportif Maisonneuve.

Spécial Boubou, 17 décembre 1972

Au cours de sa carrière, Louise Forestier participera à plusieurs revues de l’année humoristique Bye bye (1970, 1978, 1979, 1980).

Louise Forestier chante, déguisée en Patsy Gallant.

Louise Forestier personnifie la chanteuse Patsy Gallant au Bye bye du 31 décembre 1978.

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

L'artiste sera de plusieurs téléromans, dont Des dames de cœur (1987 à 1989). Elle remportera en 2007 le Gémeaux de la meilleure actrice pour son rôle d’Irma dans la série Le négociateur, diffusée de 2005 à 2008 au réseau TVA.

Aujourd’hui dimanche, 23 décembre 1990

Dans une entrevue donnée à Denise Bombardier pour l’émission Aujourd’hui dimanche le 23 décembre 1990, Louise Forestier aborde sa définition de l’artiste. L’animatrice lui fait alors remarquer qu’elle fait partie de ces rares artistes qui ont su traverser les modes et le temps.

« Je n’ai jamais cru que c’était à l’artiste de penser produit; moi, je chante parce que je cultive l’émotion, c’est ma matière première. Ce que j’aime avec une chanson, c’est créer des climats, mettre des couleurs. D’après moi, un artiste est terriblement lié à son monde intérieur et décide que c’est avec ça qu’il va travailler. »

— Une citation de  Louise Forestier
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