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Amendes pour deux sociétés un mois après l’ouverture des jeux en ligne en Ontario

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Des dizaines d'opérateurs privés comme PointsBet et BetMGM se sont inscrits depuis l'ouverture du marché le 4 avril.

Photo : Associated Press / Wayne Parry

Radio-Canada

La Commission des alcools et des jeux de l'Ontario (CAJO) a infligé des amendes à PointsBet et BetMGM, deux entreprises du nouveau marché concurrentiel des paris sportifs de la province, pour avoir prétendument enfreint ses normes.

Ces sanctions sont les premières prononcées depuis que l'Ontario a commencé à autoriser le marché des jeux et casinos en ligne le mois dernier, avec un foisonnement de publicités qui s’en est suivi.

La CAJO supervise les paris sportifs légaux dans la province, où plusieurs dizaines d'opérateurs privés comme PointsBet et BetMGM se sont inscrits. Selon un communiqué de presse publié mardi, la Commission a émis des avis d’infractions présumées liées à la publicité et aux incitations aux branches canadiennes des deux sociétés étrangères.

PointsBet Canada a été condamné à une amende de 30 000 $ pour non-respect présumé de la norme 2.05, qui interdit le matériel de publicité et de commercialisation qui communique des incitations au jeu, des primes et des crédits [...] sauf sur le site de jeu d’un exploitant et sauf sous forme de publicité et de commercialisation directes, après avoir reçu le consentement du joueur actif.

La CAJO affirme que l'infraction alléguée est liée à des affiches sur les trains GO et dans les gares GO, dans la région de Toronto, qui comprenaient une incitation à jouer gratuitement.

BetMGM Canada a été condamné à une amende de 48 000 $ pour non-respect présumé des normes 2.05, ainsi que 2.04, qui stipule que la commercialisation, y compris la publicité et les promotions, doit être véridique et ne doit pas induire les joueurs en erreur ni présenter les produits sous un faux jour.

Le régulateur pointe vers un tweet du 10 avril de la société qui indique plus vous mettez d'argent par pari, plus vous avez de chances de gagner. La CAJO note également trois infractions présumées liées à la norme 2.05. L'une d'elles fait référence à des tweets du 8 avril qui offraient une chance de remporter 100 chances de gagner pour quiconque suivait le compte Twitter de BetMGM Canada.

Dans un communiqué, le PDG de PointsBet Canada s'excuse personnellement pour notre erreur commise dans l'interprétation des normes de la CAJO.

« Nous sommes des défenseurs de la légalisation et de la légitimation de cette industrie et croyons en l'importance de créer des règles du jeu équitables dans lesquelles tous les opérateurs contribuent à un jeu sûr et responsable. »

— Une citation de  Scott Vanderwel, PDG de PointsBet Canada

BetMGM n'a pas répondu aux demandes de commentaires de Radio-Canada.

Dans une entrevue, le porte-parole de la CAJO Raymond Kahnert dit considérer que ces pénalités donnent aux joueurs ontariens l'assurance que les opérateurs seront tenus aux normes les plus élevées.

Les normes publicitaires sont très spécifiques, insiste-t-il.

Par exemple, les publicités ne peuvent pas sous-entendre que les gens vont gagner plus d’argent s’ils en parient plus, tandis que les offres spéciales de jeux ne peuvent pas être annoncées au grand public, mais seulement aux personnes qui ont consenti à les recevoir, c’est à dire ceux et celles qui se sont inscrits pour jouer en ligne.

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Des bornes de paris sportifs de la compagnie BetMGM.

Photo : Associated Press / Julio Cortez

Mais certaines compagnies sont parfois prêtes à prendre le risque, constate le spécialiste en marketing sportif en ligne Michael Naraine.

Devant la nouveauté du secteur en Ontario, les opérateurs de jeux en ligne ne savent pas où se trouve la limite actuellement, donc ils sont prêts à la repousser jusqu’à ce que la CAJO leur dise d’arrêter, dit-t-il.

Dans le cas des amendes imposées par le régulateur, c'est punitif, mais ils ne vont pas faire deux fois la même erreur. Les autres opérateurs [...] peuvent le voir aussi et s'en inspirer, explique M. Naraine.

Le jeu ne doit pas être considéré comme un gagne-pain

Même si l'Ontario s'est doté de restrictions parmi les plus strictes selon le porte-parole de la Commission, des experts martèlent le message de la prudence.

Quand la publicité est agressive et se multiplie, cela peut avoir des effets néfastes sur les populations plus vulnérables, comme les jeunes ou les personnes qui ont des dépendances au jeu, reprend Shelley White, PDG du Conseil du jeu responsable (CJR).

Si elle se dit rassurée par l'absence de période de grâce démontrée par la CAJO, elle souhaite voir plus de pédagogie et d'éducation pour le public. Il faut que les gens soient au courant des risques associés au jeu.

Pour le chercheur en santé mentale au Centre for Addiction and Mental Health (CAMH) Nigel Turner, il est crucial de mettre en avant qui profite réellement de l'argent dans l'industrie du jeu.

Certaines publicités veulent convaincre les gens qu’ils vont gagner de l’argent, dit-il.

« Le jeu, c’est une façon de se divertir, et non un gagne-pain. »

— Une citation de  Nigel Turner, chercheur au CAMH

Il ajoute qu'avec le jeu, seules les compagnies gagnent de l'argent à long terme.

Avec les informations de Anne-Marie Trickey

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