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Les poubelles de l’Ontario débordent : quelles solutions offrent les partis?

L’Ontario peut-il s'engager dans l'économie circulaire ou la province va-t-elle s’enfoncer dans une crise des déchets imminente?

Des déchets.

Le site d'enfouissement de la région de Waterloo sera rempli au maximum de sa capacité d'ici 2034.

Photo : Radio-Canada

L’Ontario manquera d’espace d’enfouissement d’ici la prochaine décennie, et ce, en grande partie parce que les entreprises et les institutions ne recyclent pas assez en raison des coûts. Ouvrir un nouveau site prendrait une dizaine d’années, alors que la quantité de déchets ne fait qu'augmenter.

Mardi 5 avril, 13 h, grand soleil et mouettes qui virevoltent dans les airs. En fermant les yeux, on pourrait presque se croire au bord de la mer. Mais l’odeur, elle, nous rappelle vite à la réalité : nous sommes sur le site d’enfouissement de la région de Waterloo, à deux heures de route de Toronto.

Des déchets, il y en a à perte de vue ici. Ils s’entassent en d’impressionnantes montagnes recouvertes de terre. La nature reprend le dessus par endroits inégaux entre divers sachets de plastique qui, eux, mettront des années à se décomposer.

Plusieurs camions circulent, certains déchargent leurs ordures, d’autres écrasent et aplatissent les déchets de toutes sortes : ordures ménagères, sacs bleus normalement réservés au recyclage, bois de construction et déchets organiques qui ont loupé la case compostage.

Il existe peu de matériaux entièrement recyclables et jusqu’à 30 % de ceux qui pourraient l’être se retrouvent tout de même à la décharge parce qu’ils ont été contaminés, fait remarquer le directeur de l’Association de gestion des déchets de l’Ontario (OWMA), Mike Chopowick.

Des déchets sur un site d'enfouissement.

L'ouverture de nouveaux sites d'enfouissement en Ontario est compliquée par une loi adoptée en 2020.

Photo : Radio-Canada

Mais il y a aussi les raisons financières. Le recyclage peut coûter entre quatre et cinq fois plus cher que le fait d’envoyer les déchets à la décharge.

Des sites d’enfouissement en service, secteurs public et privé confondus, il y en a 805 en Ontario. Ils ont une capacité restante de 122 millions de tonnes, dont 85 % de la capacité restante est détenue par 15 décharges, selon l'OWMA.

Or, les données provinciales prédisent que la province produira 17 millions de tonnes de déchets chaque année d’ici le milieu du siècle et qu'elle aura besoin de 16 sites d’enfouissement, nouveaux ou agrandis.

Vers une crise des déchets?

La capacité d’enfouissement disponible dans la province sera donc épuisée d’ici 12 ans, soit en 2034. Si les États-Unis interdisent entre-temps à l’Ontario d’y envoyer ses déchets, cette capacité sera épuisée d’ici 2028.

Mais la cadence ne ralentit pas pour autant. La province est devenue fortement dépendante des sites d’enfouissement, non seulement les siens mais aussi ceux de son voisin américain.

En 2017, toujours selon l’OWMA, les mégadépotoirs de l’Ontario ont reçu 8,1 millions de tonnes de déchets, soit 5 % de plus qu’en 2016. Le Michigan et l'État de New York ont reçu environ 3,5 millions de tonnes de déchets de la province.

Un camion à ordures vide sa cargaison sur une montage de déchets.

Chaque Ontarien produit en moyenne une tonne de déchets par année et seulement le quart est recyclé, selon la commissaire à l'environnement de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada

Si on y pense sous l'angle du transport par camions, ça donne environ 150 000 camions long courrier qui traversent la frontière vers les États-Unis pour nous aider à répondre à nos besoins en matière de capacité d'élimination des déchets, fait remarquer le président du groupe Policy Integrity, Peter Hargreave.

Il rappelle aussi que l'exportation a des limites. Le Michigan a déjà commencé à renvoyer des déchets canadiens. Et on se souvient encore des Philippines qui avaient renvoyé un tas de déchets de plastique hautement contaminés au Canada, dit-il.

Des industriels peu responsabilisés

Dans son rapport de novembre dernier, la vérificatrice générale de l’Ontario, Bonnie Lysyk, pointait du doigt le fait que la province n’a pas pris de mesures concrètes pour accroître le réacheminement des déchets industriels, commerciaux et institutionnels.

« L'absence d'action gouvernementale au chapitre de la réduction des déchets commerciaux et industriels signifie que l'Ontario sera aux prises avec des questions comme "où mettre tous ces déchets" et "comment payer la note dans un avenir très rapproché". »

— Une citation de  Bonnie Lysyk, vérificatrice générale de l'Ontario
La vérificatrice générale de l'Ontario a présenté les conclusions de son rapport annuel devant les journalistes le 7 décembre 2021.

Dans son rapport d'audit, la vérificatrice générale de l'Ontario donnait 17 recommandations pour améliorer la situation.

Photo : The Canadian Press / Frank Gunn

Le problème, c'est que le coût de l’enfouissement est bon marché au Canada, et il n’y a pas d’incitations économiques à la réduction des déchets, selon le rapport publié par le Conseil des académies canadiennes (Nouvelle fenêtre) en novembre 2021.

Nous nous améliorons, nous avons maintenant un cadre de responsabilité des producteurs en Ontario, où les propriétaires de marques et les entreprises sont financièrement responsables des déchets qu’ils produisent, assure quant à lui M. Chopowick.

En chiffres, en Ontario :

  • 60 % des déchets sont produits par les entreprises et par les institutions.
  • 40 % des déchets sont de provenance résidentielle.
  • 50 % des déchets résidentiels ont été réacheminés en 2018.
  • 15 % des déchets industriels et commerciaux ont été réacheminés en 2018.
  • 98 % des entreprises et institutions ne sont pas obligées de recycler.

Les embûches pour ouvrir un site

Le projet de loi 197 adopté en 2020 par le gouvernement progressiste-conservateur complique la tâche pour ouvrir un nouvel espace d'enfouissement.

Cette loi stipule qu’avant de commencer une évaluation environnementale, un promoteur de site d’enfouissement doit obtenir une autorisation du conseil municipal où ce site sera aménagé. Si le site est situé à moins de 3,5 km d’une frontière avec une municipalité adjacente, il doit également obtenir une résolution distincte de ce conseil. Le veto ne s’applique toutefois pas aux agrandissements de décharges existantes.

Il y a un problème de géographie. Si vous imposez ces exigences en matière de distances, il n’y a aucun endroit en Ontario où vous pouvez créer un site d’enfouissement, indique Harry Dahme, un avocat spécialisé en environnement. Il a défendu des promoteurs et des opposants aux décharges.

« Personne ne veut d’une poubelle géante près de chez soi. »

— Une citation de  Harry Dahme, avocat
Harry Dahme, avocat.

Harry Dahme, avocat

Photo : Radio-Canada

La deuxième embûche, ce sont les lois, y compris celle sur les évaluations environnementales, qui est très stricte. Si un promoteur privé veut aller de l’avant avec une approbation pour un site d’enfouissement, cela va lui coûter plus de 10 millions de dollars et cela pourrait prendre jusqu’à 10 ans, sans aucune chance de succès, prévient-il.

Selon Mike Chopowick, il faut alléger les règles en vigueur, car depuis 2018, la quantité de déchets ne fait qu'augmenter malgré les promesses de réduction répétées et les programmes de recyclage mis en œuvre au fil des ans.

« Les 12 millions de tonnes de déchets que nous enfouissons chaque année en Ontario vont continuer à s'accumuler pendant des décennies. En même temps, nous devons nous améliorer pour recycler et pour réacheminer nos déchets afin de garder le plus de matériaux possible hors de nos décharges. »

— Une citation de  Mike Chopowick, directeur de l'OWMA
Vêtu d'un gilet de sécurité fluorescent, un homme est debout devant un site d'enfouissement.

Mike Chopowick, directeur de l'OWMA

Photo : Radio-Canada

Des impacts inégaux sur les communautés

À deux heures de route de Toronto, près de London, se trouve la décharge Green Lane, qui est gérée par la Ville Reine. Ce sont les déchets des Torontois qu'on trouve ici, à quelques kilomètres de la Première Nation Oneida of the Thames.

« On peut voir la décharge depuis la réserve et les résidents qui vivent à proximité sentent l'odeur tous les jours. Elle a imprégné leurs maisons et leurs vêtements et elle leur cause des maux de tête. Certains jours, les enfants ne peuvent pas jouer dehors. »

— Une citation de  Brandon Doxtator, consultant en environnement, Première Nation Oneida of the Thames
Un homme porte des écouteurs pendant une entrevue vidéo.

Brandon Doxtator, consultant en environnement, Première Nation Oneida of the Thames

Photo : Radio-Canada

Le consultant en environnement de la Première Nation, Brandon Doxtator, décrit une odeur pestilentielle qui cause bien des tracas aux résidents. Ce mégadépotoir n'a pas été approuvé par la communauté.

Au départ, il s'agissait d'un petit site d'enfouissement local géré par le secteur privé. Depuis 2007, c'est la Ville de Toronto qui gère le site. Il y a donc un suivi trimestriel depuis lors pour s'assurer que la nappe phréatique ne soit pas contaminée, précise Brandon Doxtator. La communauté reçoit depuis peu une indemnisation financière partagée avec la Première Nation des Chippewas of the Thames.

Il y a aussi de petites manifestations de temps à autre pour contester les désagréments causés par la décharge. Et il y a aussi des appels. En 2012, il y a eu 500 plaintes, mais ensuite, en 2016, presque plus personne n'a appelé, car rien ne changeait, raconte Brandon Doxtator.

Le jeune homme relate qu'ils ont alors lancé une petite campagne pour rappeler aux résidents de continuer à appeler s'ils se sentaient incommodés. En l'espace de deux mois, il y a eu 45 appels.

Les déchets comme une ressource

Peter Hargreave, de Policy Integrity, pense que l'Ontario aurait tout intérêt à accroître son taux de réacheminement plutôt que de miser sur des décharges à durée de vie limitée. Actuellement, le taux de détournement des déchets est d'à peine 20 %, dit-il, alors qu'en 2004 déjà, le gouvernement libéral s'était engagé à le faire passer à 60 %. Une partie de ces déchets pourraient servir à produire de l'engrais de haute qualité, par exemple.

« Il faut considérer les déchets comme une ressource économique. Nous générons une bonne quantité de déchets électroniques; or, ces appareils contiennent des ressources précieuses qui pourraient être réutilisées, notamment pour les véhicules électriques ou pour des électroménagers. »

— Une citation de  Peter Hargreave, Policy Integrity
Peter Hargreave, de Policy Integrity.

Peter Hargreave, de Policy Integrity

Photo : Radio-Canada

Il cite en exemple les politiques d'autres provinces, plus ambitieuses selon lui. Le Québec a créé une redevance d'élimination pour les matières résiduelles, le Manitoba a pris des mesures similaires, notamment une taxe d'élimination. Des États comme New York, le Vermont et le Massachusetts ont tous des mesures pour interdire les matériaux organiques dans les sites d'enfouissement, note-t-il.

Le traitement des déchets est une chose du passé. Il faut arrêter d’en produire et instaurer des programmes sérieux à grande échelle pour réutiliser le tout, les emballages, les contenants, les produits électroménagers, abonde Karen Wirsig, de l’organisme Environmental Defense.

Il y a trop peu d’incitatifs à la réduction des déchets en Ontario, explique-t-elle. On ne contrôle pas ce qui se passe dans les grands restaurants, dans les centres commerciaux et dans de nombreux commerces. Ils font ce qu’ils peuvent avec leurs déchets, dit-elle.

Karen Wirsig, Environmental Defense.

Karen Wirsig, Environmental Defense

Photo : Radio-Canada

« La seule solution consiste à produire moins de plastique, car il contamine tout, même la nourriture et les produits ménagers. Il y a un peu de plastique dans tout et cela complique beaucoup le recyclage et le compostage. »

— Une citation de  Karen Wirsig, Environmental Defense

Cette militante s’inquiète aussi de certains projets de gestion des déchets du gouvernement Ford, notamment celui désigné sous le nom de recyclage avancé. Il permet d’utiliser des produits chimiques et de la chaleur pour décomposer des déchets plastiques non recyclables afin de les convertir en carburant et en d’autres produits, notamment de l’essence.

C’est une stratégie du gouvernement pour faire disparaître les déchets en créant d’autres polluants et il y a un grand lobby à ce sujet parce que cela permet de produire beaucoup d’argent, estime-t-elle.

Que faire des émissions?

Dans les décharges comme celles de Waterloo, il y a une grande quantité de déchets alimentaires et organiques qui, lorsqu’ils se décomposent, produisent des émissions de méthane.

Les décharges modernes doivent disposer d’un système de collecte de gaz. Si certaines d’entre elles ne réutilisent pas les émissions de méthane, d’autres les utilisent pour produire de l’électricité. Nous utilisons un système de vannes et de tuyaux pour capter les émissions de méthane. Dans la décharge de Waterloo, les émissions sont conduites vers une petite usine qui les transforme en électricité afin d'alimenter la collectivité, décrit Mike Chopowick.

M. Chopowik ajoute que dans d’autres cas, ces émissions peuvent être converties en gaz naturel renouvelable. Un autre engagement lors du processus d’évaluation environnementale consiste à garantir que les cours d’eau ou les lacs aux alentours ne seront pas pollués par ces émissions. Beaucoup de ces décharges sont construites avec une base d’argile qui empêche l‘eau de s’échapper et ont des bassins de drainage pour capturer tout ruissellement, affirme-t-il.

Une usine de traitement des émissions de méthane pour les transformer en électricité.

Les déchets organiques produisent des émissions de méthane qui sont acheminées vers une usine pour produire de l'électricité destinée à la communauté.

Photo : Radio-Canada

Toutefois, selon Karen Wirsig, seule une minorité de ces sites d’enfouissement utilisent vraiment les émissions de méthane pour en faire de l’électricité. Il y a sans aucun doute de la pollution dans l’air, on peut la sentir, et cela peut créer des maux de tête, souligne-t-elle.

Peter Hargreave explique que les systèmes de captage des gaz sur les sites sont sûrs mais pas infaillibles. Il est de loin préférable pour nous de garder ce matériau hors du site d'enfouissement en premier lieu pour ne pas avoir d'émissions et pour récupérer le maximum de la valeur des matériaux organiques, souligne-t-il.

Les positions des partis

Pour le chef des verts, Mike Schreiner, les maîtres mots sont le réacheminement et l’élimination des déchets. Nous faisons pression en faveur d'une économie circulaire, dans laquelle les déchets sont éliminés, car ils y sont traités comme des produits de valeur qui peuvent contribuer à bâtir notre économie, explique-t-il, citant en exemple la réutilisation de matériaux pour produire les batteries des véhicules électriques. Selon lui, la transformation de ces déchets permettrait de créer sept fois plus d’emplois que le simple fait de les enfouir.

Mike Schreiner, chef du Parti vert de l'Ontario.

Mike Schreiner, chef du Parti vert de l'Ontario

Photo : Radio-Canada / Michael Charles Cole

« Nous faisons pression en faveur de l'adoption de lois sur la responsabilité élargie afin d'inciter les entreprises à réduire leurs déchets, non seulement en les faisant payer davantage, plutôt que les contribuables, mais aussi pour les amener à réduire leurs déchets grâce à des incitatifs. »

— Une citation de  Mike Schreiner, chef du Parti vert de l'Ontario

Cela passera néanmoins par des règles plus claires et plus cohérentes, selon lui. Présentement, elles varient trop souvent d’un lieu à l’autre. Par exemple, il y a encore un très faible taux de recyclage des granulats, qui sont utilisés pour construire des routes et des bâtiments.

Le Parti libéral s'engage à mettre en œuvre un plan qui permettra de détourner et de recycler 60 % des déchets des décharges d'ici 2030 et 85 % d'ici 2050. La députée d’Ottawa-Vanier, Lucille Collard, assure que la stratégie d’un gouvernement libéral se concentrerait sur l’importance de moins gaspiller et de réutiliser davantage. On sait qu’on est de grands consommateurs ici, en Ontario et au Canada, et je pense que nos habitudes de vie doivent être modifiées si on veut vraiment changer les choses.

Elle ajoute que les matières organiques pourraient facilement être utilisées comme de l’engrais pour les fermiers et ne pas se retrouver dans les sites d’enfouissement. Mme Collard aimerait aussi qu'il y ait des règles plus strictes pour diminuer les emballages dans le milieu de la grande distribution.

Une photo de Lucille Collard.

La députée libérale d'Ottawa-Vanier, Lucille Collard

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia Tremblay

« Il y a un moyen persuasif de les amener à changer leurs habitudes. Je pense qu’on a des choses à faire au chapitre des incitatifs. On doit être innovateurs et travailler avec les industries. »

— Une citation de  Lucille Collard, candidate libérale d'Ottawa-Vanier

Les données de l’OWMA montrent que les Ontariens expédient environ 12 millions de tonnes de déchets dans les sites d’enfouissement chaque année, soit l’équivalent de 2,21 kilos par personne par jour.

Peter Tabuns est le critique en matière d’énergie et de crise climatique du NPD ontarien. Selon lui, il faut avoir des exigences de recyclage plus strictes dans le secteur non résidentiel. Son parti s’est engagé à éliminer l’utilisation du plastique à usage unique à l'exception du domaine médical d’ici 2024. Le député est persuadé qu’il est possible d’agir rapidement avec un programme ambitieux de réutilisation et de recyclage sans devoir ouvrir une nouvelle décharge.

Le député néo-démocrate Peter Tabuns.

Le député néo-démocrate Peter Tabuns

Photo : Radio-Canada

« Il faut s’assurer que les programmes nécessaires sont là pour obtenir le détournement nécessaire et pour prolonger considérablement la durée de vie de nos décharges de cette façon. »

— Une citation de  Peter Tabuns, candidat néo-démocrate de Toronto-Danforth

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada avant le déclenchement de la campagne électorale, un porte-parole du ministère de l'Environnement avait rappelé que le gouvernement conservateur sortant avait préparé un nouveau règlement sur les boîtes bleues de recyclage en juin 2021 pour étendre ce service à davantage de matériaux et à un plus grand nombre de communautés. Selon lui, ce changement permettra de détourner 200 000 tonnes de déchets supplémentaires chaque année.

Il citait aussi la mise en œuvre de l'énoncé politique sur les déchets alimentaires et organiques, qui fixe des objectifs et qui donne des directives aux municipalités, aux entreprises et aux institutions pour réduire et pour détourner les déchets alimentaires et organiques des sites d'enfouissement.

Dans son courriel, le porte-parole du ministère ajoutait que les déchets alimentaires peuvent être convertis en carburants alternatifs et en énergie renouvelable. En ce qui concerne de nouveaux sites d'enfouissement, la province dit reconnaître l'importance de l'autonomie dans le processus de prise de décision local.

Un bac de recyclage bleu.

En Ontario, c'est le bac bleu qui est utilisé pour le recyclage.

Photo : iStock / Radio-Canada

En attendant, tous les Ontariens ne seront pas touchés de la même manière par le manque de sites d'enfouissement. De nombreuses municipalités, en particulier les petites et les moyennes, ont une capacité suffisante pour répondre aux besoins de leurs résidents. D’autres villes, notamment Toronto, York et Peel, manquent au contraire de terrains disponibles.

La seconde vie des décharges

Une fois recouverte de terre puis de végétation, une décharge finira par avoir l'apparence d'une colline naturelle, mais il faudra l'avoir à l'œil pendant plusieurs décennies. Il faut donc surveiller les eaux souterraines et l’air et il faut inspecter périodiquement la décharge pour s’assurer que cela reste comme c’est censé être, précise M. Dahme.

À Mississauga, l’ancien site d'enfouissement est devenu un terrain de golf. Certains sites deviennent des parcs municipaux ou des pistes de ski, comme à North York et à Toronto. Lorsqu'on remonte la Don Valley, les collines qu'on y voit sont toutes d’anciennes décharges.

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