L’Université de Moncton affiche des postes réservés aux femmes et aux minorités
« Ce poste est destiné aux femmes et minorités de genre et aux membres des minorités visibles », peut-on lire dans les offres d’emploi.

L'Université de Moncton s'est expliquée, mercredi (archives).
Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc
Prenez note que cet article publié en 2022 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
L'Université de Moncton cherche deux nouveaux professeurs. Les offres d’emploi indiquent que seules les femmes, des personnes issues des minorités visibles et de genre ou celles vivants avec un handicap pourraient y avoir accès et que les candidatures ne correspondant pas à ces critères ne seraient pas recevables.
Il est fréquent que des institutions disposent de politiques d’inclusion pour favoriser l’embauche et l’intégration à compétence égale des membres des communautés sous représentées.
Par exemple, l’Université de Moncton écrit dans plusieurs de ses offres d’emploi qu’elle encourage les candidatures de toute personne qualifiée, femme ou homme, y compris les Autochtones, les personnes handicapées et les membres des minorités visibles.
Ce qui est différent cette fois c’est que ces deux offres d’emplois vont plus loin en ajoutant un passage qui exclut d’emblée les candidatures qui ne répondent pas aux communautés minoritaires.
L’objectif, selon l’offre d’emploi, est d’atteindre les cibles en matière d’équité et de diversité exigées par le Programme des chaires de recherche du Canada
.
Ces passages figurent dans les affichages pour un poste de professeur d’écotoxicologie et un poste de professeur en intervention en violence sexuelle.
C’est pour avoir des subventions, explique l’Université
Est-ce qu’un homme blanc sans handicap pourrait obtenir les postes affichés? Non
, répond la vice-rectrice Elizabeth Dawes.
Non parce que l’université ne peut pas obtenir la Chaire [de recherche du Canada] à moins d’obtenir les cibles. C’est la contrainte qui nous est imposée. On a des dates limites et on a des cibles à atteindre
, explique-t-elle.
Si on choisit de ne pas respecter les critères, on n'aura tout simplement pas les subventions.

Le campus de l'Université de Moncton à Shippagan.
Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul
En excluant certains profils, est-ce que l’offre d’emploi fait alors preuve de discrimination? La vice-rectrice refuse de répondre directement à la question.
Elle indique cependant que dans plusieurs secteurs, les femmes et les minorités visibles sont largement sous représentées et qu’il faut trouver une façon de les inclure à l’institution.
Dans notre faculté des sciences, on a moins de 15% des professeurs qui sont des femmes tandis que les femmes représentent la majorité des étudiantes de la faculté
, explique-t-elle pour illustrer l'importance de l’enjeu. Il y a une sous-représentation dans certains domaines
Huit postes de professeurs sont affichés sur le site Internet de l’Université de Moncton. Six sont accessibles à tous.
C’est maladroit
selon le Parti vert
Kevin Arseneau du Parti vert estime que les deux offres d’emploi de l’Université de Moncton sont maladroites.
Il y a une intention positive d’assurer une plus grande représentativité des minorités, par contre c’est la façon d’y arriver [le problème]
, indique-t-il.

Kevin Arseneau, député de Kent-Nord, le 9 décembre 2021 à Fredericton.
Photo : CBC / Jacques Poitras
Il dit toutefois vouloir demeurer prudent pour ne pas adopter une position simple à une question complexe
. Selon lui, il est regrettable d’appliquer une discrimination positive de cette façon.
Je m’en fous s’il n’y a pas un autre homme blanc qui se ramasse à l’université de Moncton. (...) On a amplement nos chances dans la société. [L’important], c’est la discussion sociale qu’on va avoir par rapport à ça.
Kevin Arseneau remet également en question les subventions fédérales qui requièrent des cibles de représentations et qui encouragent selon lui les universités à afficher de telles offres d’emploi.
Les affichages de l’Université de Moncton indiquent vouloir respecter les cibles de la Chaire de recherche du Canada, du gouvernement fédéral.
Les libéraux appuient
Le chef par intérim du Parti libéral du Nouveau-Brunswick dit être favorable à la façon dont les offres d'emplois ont été publiées.
Roger Melanson indique qu'il est louable que l'Université de Moncton cherche à accroître la diversité au sein de son personnel. (...) nous sommes favorables aux mesures visant à faire en sorte que le personnel universitaire reflète cette réalité.
Le ministre provincial de l’éducation postsecondaire, Trevor Holder a également réagi via une déclaration. Il indique que l’université gère ses ressources humaines de façon indépendante.
À la fin mars, des postes semblables ouverts à l’Université Laval à Québec avaient causé un tollé à l’Assemblée nationale. Les politiciens du Québec avaient alors unanimement critiqué l’offre d’emploi de l’Université Laval.

