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Les Wolastoqiyik Wahsipekuk s’élèvent contre le braconnage du homard

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Depuis cinq ans, quatre bateaux, dont trois appartiennent à la Première Nation, sont autorisés à pêcher le homard dans cette zone où pourrait émerger d'ici quelques années une nouvelle pêche commerciale (archives).

Photo : Radio-Canada

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L’abondance du homard attire de plus en plus de braconniers au grand dam de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk qui pratique une pêche expérimentale dans le secteur de la Haute-Gaspésie et de la Matanie.

La Première Nation a lancé cette semaine sa saison de pêche expérimentale au homard entre Rivière-à-Claude et la rivière Tartigou, à l’ouest de Saint-Ulric, près de Matane. Les premiers casiers ont été relevés, mardi.

Depuis cinq ans, quatre bateaux, dont trois appartiennent à la Première Nation, sont autorisés à pêcher le homard dans cette zone où pourrait émerger d'ici quelques années une nouvelle pêche commerciale.

Toutefois, le braconnage perturbe de plus en plus les activités de pêche scientifique ce qui freine la transition vers une durabilité des activités de pêche, malgré une cueillette de données favorables effectuées par la communauté autochtone.

Une zone en évaluation scientifique

L’objectif d’une pêche expérimentale est de vérifier trois éléments, soit l’abondance de la ressource, sa distribution et sa productivité. L’analyse des prises des pêcheurs permet par exemple d’évaluer le nombre de juvéniles, de femelles, la taille moyenne, etc.

C’est une pêche exigeante, c’est une pêche dirigée, en ce sens qu’on ne largue pas les engins de pêche où on veut, explique Guy-Pascal Weiner, directeur des pêches commerciales pour la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk.

Toutes ces données, détaille Guy-Pascal Weiner, vont permettre, entre autres, de déterminer si c’est du homard qui vit dans la zone ou qui est en phase migratoire. En fonction de tous les juvéniles qu’on a capturés, de toutes les femelles œuvées qu’on a capturées et qu’on a remises à l’eau, il y a lieu de croire que les homards en Haute-Gaspésie et en Matanie fait partie d’une population locale qui y passe tout son cycle de vie, constate le responsable.

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La Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk a commencé sa saison de pêche lundi.

Photo : Radio-Canada

Comme ailleurs en Gaspésie, la pêche s’étale sur 10 semaines.

Pendant sept semaines, les casiers sont relâchés selon des longitudes et des latitudes déterminées. Puis, les pêcheurs disposent de trois semaines pour pêcher aux endroits qui leur paraissent les plus prometteurs.

Malgré les contraintes, la pêche est intéressante, observe Guy-Pascal Weiner : Les captures sont abondantes et on souhaite une progression, lentement, mais sûrement, vers un statut commercial.

Le homard est donc bel et bien présent en Matanie et en Haute-Gaspésie. Avec l’explosion démographique de cette espèce, on est en mesure de dire que le homard occupe une tranche du littoral assez importante et pas seulement à petit taux, assure Guy-Pascal Weiner.

Il espère d’ailleurs que la pêche expérimentale de 2022 soit la dernière. Bien qu’il reste certaines incertitudes autour de quelques éléments, nous avons tout fait, dit-il, pour répondre aux trois enjeux scientifiques.

Des prélèvements non évalués

Guy-Pascal Weiner aimerait passer en 2023 à une pêche exploratoire puis, rapidement, d’arriver à un stade commercial.

Toutefois, les pêcheurs de la communauté Wolastoqiyik Wahsipekuk ne sont pas les seuls à observer l’augmentation de l’aire de répartition du homard. Les braconniers aussi.

Cette pêche illégale vient altérer les données sur l’état des stocks. Chaque homard braconné, chaque homard volé emporte avec lui des données biologiques importantes au-delà d’abondance, distribution et productivité, fait valoir Guy-Pascal Weiner.

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Chaque bête braconnée prive les scientifiques de données sur l'importance de la population, sa distribution et sa productivité (archives).

Photo : Getty Images / JS Photog

Le gestionnaire note que contrairement au sud de la Gaspésie, où la pêche au homard est bien ancrée, les résidents et touristes de la Haute-Gaspésie et de la Matanie ne semblent pas savoir qu’il est interdit de pêcher le homard.

D’autres, ajoute-t-il, sont des voleurs très organisés, très conscients de leurs gestes : On a toute la palette!

La ponction non évaluée de braconniers organisés ou d'aventuriers de la fin de semaine a des conséquences monétaires pour la Première Nation, mais aussi pour l’ensemble de la communauté côtière.

« Les bouées oranges appartiennent à quelqu’un. Ce quelqu’un fait une pêche expérimentale qui pourrait simplement disparaître.  »

— Une citation de  Guy-Pascal Weiner, directeur de la gestion des pêches commerciales pour la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk

Guy-Pascal Weiner rappelle que déjà la pêche génère des retombées et crée ou consolide des emplois que ce soit sur le bateau, sur les quais ou dans les usines: Indirectement, immédiatement, ça freine tout le rayonnement économique de cette pêcherie au niveau commercial.

Au stade commercial, les permis ne seront pas seulement pour la flottille de la communauté autochtone, mais aussi pour celle de la côte, ajoute Guy-Pascal Weiner.

Les homards pêchés par la Première Nation sont débarqués à Matane, Tourelle et Cap-Chat. Ils sont transformés dans les usines de la région, notamment à celle de Cusimer à Saint-Maxime-du-Mont-Louis et aux Pêcheries de l’estuaire à Rimouski.

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