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À Marioupol, l’armée russe resserre son étau sur l’usine d’Azovstal

Moscou annonce un cessez-le-feu autour de l'usine pour les journées de jeudi, vendredi et samedi. Un corridor humanitaire destiné aux civils doit être ouvert pour l'occasion.

De la fumée au-dessus du complexe industriel, devant les toits des maisons de Marioupol.

De la fumée se dégageait de l'usine d'Azovstal, à Marioupol, mercredi.

Photo : Reuters / ALEXANDER ERMOCHENKO

Radio-Canada

Des troupes russes sont entrées dans la zone du complexe métallurgique d'Azovstal, où se trouvent les derniers défenseurs de Marioupol et quelques civils, a annoncé mercredi David Arakhamia, leader de la majorité au Parlement ukrainien.

Des tentatives de prise d'assaut de l'usine continuent pour la deuxième journée de suite. Des troupes russes sont déjà dans la zone d'Azovstal, a-t-il déclaré à la radio RFE/RL. Les autorités ukrainiennes étaient tout de même en contact dans la soirée avec les combattants qui s'y terrent, a précisé M. Arakhamia.

Plus tôt dans la journée, le maire de Marioupol, Vadim Boïtchenko, avait confirmé que de violents combats étaient en cours dans le secteur de l'usine. Il disait cependant avoir perdu le contact avec les troupes ukrainiennes et ne pas savoir si elles étaient en sécurité.

Nos courageux combattants défendent cette forteresse, mais c'est très difficile parce que l'artillerie lourde, les chars et les avions tirent partout. Des navires s'approchent également et tirent sur la forteresse, avait décrit le premier magistrat de la ville portuaire.

M. Boïtchenko soulignait en outre qu'une trentaine d’enfants n'ayant pu être évacués du complexe industriel d’Azovstal en fin de semaine se trouvent toujours parmi les civils qui s’y réfugient, et que deux femmes seraient mortes mardi.

« Nous devons comprendre que des gens y meurent encore. Malheureusement, l'aviation et l'artillerie ennemies tirent constamment sur [Azovstal]. »

— Une citation de  Vadim Boïtchenko, maire de Marioupol

Le ministère russe de la Défense a confirmé mardi qu'un nouvel assaut russe sur l’usine d’Azovstal avait commencé. Il justifiait des frappes aériennes et des tirs d’artillerie en affirmant que les combattants ukrainiens avaient profité d’un cessez-le-feu pour installer de nouvelles positions de tir. Kiev avait confirmé cette information.

De violents combats sont en cours à l’usine d’Azovstal, selon le maire de Marioupol qui dit aussi avoir perdu le contact avec les combattants ukrainiens et les civils qui y sont retranchés depuis des semaines. Les explications de notre envoyée spéciale Céline Galipeau.

Mercredi cependant, le Kremlin a nié que ces frappes constituaient un assaut continu. L'ordre a été donné [le 21 avril] publiquement par le commandant en chef [Vladimir Poutine] d'annuler tout assaut. Il n'y a pas d'assaut à l'heure actuelle, a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

« Nous voyons des escalades liées au fait que des militants [ukrainiens] se mettent en position de tir. Ces tentatives sont réprimées très rapidement. Il n'y a rien à ajouter à cela. »

— Une citation de  Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin

Le 21 avril, tout en proclamant que Marioupol avait été conquise par l’armée russe, Vladimir Poutine avait affirmé que l’assaut d’Azovstal serait trop coûteux en vies de soldats russes. Il a plutôt ordonné d’assiéger la zone, de sorte que pas une mouche ne passe.

Notre         dossier Guerre en Ukraine

L’usine d’Azovstal est le dernier bastion ukrainien à Marioupol, qui est autrement sous contrôle russe. Les autorités ukrainiennes estiment que 2000 combattants résistent et plus de 200 civils se réfugient toujours dans ce vaste réseau de galeries souterraines, difficile à prendre d’assaut ou à détruire par des bombardements.

Plus d'une centaine de personnes en ont été évacuées dans les derniers jours et ont trouvé refuge à Zaporijia, une ville située à plus de 200 km au nord-ouest de Marioupol et contrôlée par les forces ukrainiennes.

Une femme souriante et tenant un chien dans ses mains ferme les yeux alors que le soleil frappe son visage.

Tetyana Trotsak, une résidente de Marioupol qui a été évacué vers Zaporijia, profite du soleil en compagnie de son chien devant un hôtel qui a été transformé en refuge pour les personnes déplacées par la guerre.

Photo : Reuters / UESLEI MARCELINO

L'armée russe a annoncé mercredi soir qu'un cessez-le-feu serait en vigueur dans le secteur de l'usine d'Azovstal de 8 h à 18 h, heure locale (de 1 h à 11 h, HAE), pour les journées de jeudi, vendredi et samedi. Un corridor humanitaire destiné aux civils doit être ouvert pour l'occasion.

La Russie dit rétablir « la vie en temps de paix » à Marioupol

Parallèlement, la Russie continue d'envoyer des vivres aux derniers résidents de Marioupol. Sans eau et sans nourriture depuis des semaines, ces derniers dépendent fortement de l'aide russe.

Selon les autorités ukrainiennes, quelque 100 000 civils sont toujours coincés à Marioupol.

Le ministre de la Défense russe, Sergueï Choïgou, a insisté mercredi sur le fait que la Russie contrôle maintenant Marioupol, mais qu'elle y rétablit la vie en temps de paix.

Il a également assuré que les combattants qui résistent à l'usine d'Azovstal sont encerclés et que la Russie tente de les persuader de libérer les civils qui y sont coincés et de baisser les armes.

Une foule se rassemble pour recevoir des boîtes de vivres provenant des Russes.

Le peu de citoyens ukrainiens qui sont toujours à Marioupol dépendent fortement de l'aide russe pour survivre. Celle-ci est envoyée dans des boîtes marquées d'un « Z », symbole de l'invasion et du slogan « Nous prenons soin des nôtres ».

Photo : Reuters / ALEXANDER ERMOCHENKO

L'offensive se poursuit dans l'Est ukrainien

Ailleurs en Ukraine, les forces russes continuent leur offensive dans l'est et tiraient aussi des missiles sur de nombreuses cibles à travers ce pays, jusqu'à Lviv près de la frontière polonaise, dans l'ouest, et la région montagneuse de Transcarpatie proche de la Hongrie, jusque-là préservée de la guerre.

Dans la partie orientale, les Russes cherchent à s'assurer le contrôle total des régions de Donetsk et Louhansk et à maintenir un couloir terrestre vers la Crimée occupée, a déclaré l'état-major de l'armée ukrainienne mercredi matin.

Afin de détruire les infrastructures de transport de l'Ukraine, l'ennemi a tiré des missiles sur des installations dans les régions de Dnipropetrovsk, Kirovograd, Lviv, Vinnytsia, Kiev, de la Transcarpatie, d'Odessa et de Donetsk, a-t-il ajouté.

Aux frontières nord de l'Ukraine, le Bélarus, un allié de Moscou, a entamé de son côté mercredi des manœuvres militaires surprise, censées tester les capacités de réaction de son armée, selon son ministère de la Défense.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, CNN, et BBC

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