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Étudier dans la ville ou la nature pour éviter l’isolement des francophones au secondaire

L’École francophone des Sentiers-alpins, à Nelson, en Colombie-Britannique, le 7 avril 2022.

L’École des Sentiers-alpins se situe à une douzaine de kilomètres du centre-ville de Nelson, et certains élèves s’y sentent isolés.

Photo : Radio-Canada / Raluca Tomulescu

La communauté scolaire francophone de Nelson, en Colombie-Britannique, a imaginé un système original pour que ses élèves de huitième et neuvième années évitent l’isolement lors de la transition graduelle vers une école francophone homogène, où tous les cours seront offerts en français.

Depuis septembre 2021, un programme hybride permet à ces élèves de l’École des Sentiers-alpins d’y étudier trois jours de la semaine, et les deux autres jours dans la ville, dans la nature ou dans un local de l’École secondaire anglophone L.V. Rogers.

Par exemple, ils peuvent suivre un atelier de leadership et engagement communautaire à l’Association des francophones des Kootenays Ouest (AFKO), s’initier à la cuisine en français au sein d’un restaurant ou encore faire de la randonnée en guise de cours d’éducation physique.

Le programme a vu le jour dans la foulée de la transition des écoles secondaires dites hétérogènes vers des écoles homogènes, que le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSF) voulait entamer en septembre 2021, après le jugement de la Cour suprême en sa faveur. Il s’était toutefois heurté à une opposition importante de parents et d’élèves et a dû revoir son échéancier.

Parallèlement, l’École secondaire anglophone L.V. Rogers, qui accueillait dans ses locaux des élèves francophones et anglophones de la neuvième à la douzième année, a décidé de ne plus offrir de neuvième année, faute d’espace.

La 9e année ayant été intégrée dans une école entièrement anglophone, les parents francophones ont perdu l'option d'un programme hétérogène pour ce niveau.

Qu’est-ce qu’une école secondaire homogène?

Des 14 écoles secondaires que compte le réseau du CSF en Colombie-Britannique, seules 6 sont homogènes, c’est-à-dire qu’elles offrent l’entièreté de leur cursus scolaire en français.

Les 8 autres, dites hétérogènes, sont jumelées à des écoles secondaires anglophones (L.V. Rogers dans le cas de Nelson) et offrent aux élèves francophones deux à quatre cours en français par an, le reste de leurs cours devant se dérouler en anglais.

Émilie Leblanc Kromberg dans son atelier de confection de bijoux, à Nelson, en Colombie-Britannique, le 6 avril 2022.

Selon la présidente de l’Association des parents de l’École des Sentiers-alpins, Émilie Leblanc Kromberg, il est important pour les élèves francophones qui arrivent au niveau secondaire d'être au coeur de la communauté de Nelson.

Photo : Radio-Canada / Raluca Tomulescu

Rester dans la communauté

Le programme hybride est une bonne chose, selon la présidente de l’Association des parents de l’École des Sentiers-alpins, Émilie Leblanc Kromberg.

Elle explique que les jeunes francophones de la région ont hâte d’arriver en neuvième année pour pouvoir côtoyer leurs amis de l’école secondaire anglophone, pour bénéficier d’un meilleur choix de cours complémentaires et d’activités parascolaires, mais aussi pour se trouver au coeur de la communauté de Nelson, où est située l’École secondaire L.V. Rogers.

L’École des Sentiers-alpins, quant à elle, se trouve à une douzaine de kilomètres du centre-ville de Nelson, et certains élèves s’y sentent isolés.

L'École secondaire anglophone L.V. Rogers, à Nelson, en Colombie-Britannique, le 7 avril 2022.

L'École secondaire anglophone L.V. Rogers accueille des élèves de la dixième à la douzième année à Nelson, en Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Raluca Tomulescu

Elle raconte que plusieurs parents, satisfaits du programme hétérogène, craignaient que d’y mettre fin provoque un exode des élèves vers le système 100 % anglophone ou l’immersion française.

« Plusieurs parents se demandaient pourquoi réparer quelque chose qui n'était pas brisé. »

— Une citation de  Émilie Leblanc Kromberg, présidente de l’Association des parents de l’École des Sentiers-alpins

Selon elle, l’idéal serait de développer plus de cours en français au sein du programme hétérogène plutôt que d’y renoncer complètement.

Sylvie Mazerolle dans une classe de l'École secondaire anglophone L.V. Rogers de Nelson, en Colombie-Britannique, le 7 avril 2022.

La directrice de l’École des Sentiers-alpins, Sylvie Mazerolle, souhaite être à l'écoute des jeunes et de la communauté.

Photo : Radio-Canada / Raluca Tomulescu

Un pari réussi

La directrice de l’École des Sentiers-alpins, Sylvie Mazerolle, affirme que toute une équipe d’enseignants, de parents et d’élèves ont été impliqués dans le processus de rêver et d’imaginer ce que serait une neuvième année aux Sentiers-alpins, [...] avec une composante vraiment ancrée dans la nature.

« On a essayé d'aller chercher les meilleures idées et la richesse de ce qui est disponible ici. »

— Une citation de  Sylvie Mazerolle, directrice de l’École des Sentiers-alpins

Selon elle, les jeunes sont fiers du résultat du travail d’équipe et souhaitent que le programme se poursuive l’an prochain.

Une approche plus flexible, dit le CSF

Quant à la conversion des écoles secondaires hétérogènes en écoles homogènes, le CSF adoptera une approche plus flexible, en espérant y parvenir d’ici trois à cinq ans.

Ce dont on se rend compte sur le terrain, explique son directeur général, Michel St-Amant, c’est qu’on va y arriver à des vitesses différentes dans les différentes communautés pour permettre aux gens de comprendre où on s’en va, de l’accepter et d’en voir l'avantage.

Il comprend que certains parents et élèves sont satisfaits du fonctionnement hétérogène actuel. Le Conseil ne travaille pas juste dans l'actuel, précise-t-il, il faut préparer également le futur.

« Tant qu'on n'a pas le contrôle sur l'ensemble de ce qui est offert aux élèves [...] on n’a pas la possibilité de faire les améliorations ou les ajustements que l'on devrait faire en fonction de notre mandat de l’éducation de langue française.  »

— Une citation de  Michel St-Amant, directeur général du CSF

Pour l’instant, Michel St-Amant est en faveur d’un système hybride, qui permettrait l’ajout de cours en français dans le programme hétérogène, pour tenir compte du développement social des élèves.

Il affirme que l’objectif est tout de même d’arriver rapidement à un programme complètement francophone de la maternelle à la douzième année.

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