•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Joute politique sur la protection du droit à l’avortement en Alberta

Dix femmes néodémocrates se tiennent sur les marches extérieures de l'Assemblée législative de l'Alberta, devant un podium.

Les femmes du caucus du Nouveau Parti démocratique de l'Alberta ont fait front commun pour défendre le droit à l'avortement et son accès, mardi 3 mai, devant l'Assemblée législative de l'Alberta, à Edmonton.

Photo : Radio-Canada / Audrey Neveu

Le Nouveau Parti démocratique de l’Alberta appelle le gouvernement conservateur uni à s’engager pour protéger le droit à l’avortement dans la province, alors que la Cour suprême des États-Unis s’apprête à l’annuler, selon un média américain.

Selon Politico, une majorité de juges de la Cour suprême des États-Unis serait sur le point de renverser l’arrêt Roe c. Wade, qui légalisait l’avortement depuis 1973. Cette nouvelle a créé une onde de choc partout en Amérique du Nord, notamment en Alberta, où l’opposition néo-démocrate et plusieurs groupes militants craignent en conséquence un recul du droit à l’avortement.

« On ne peut jamais tenir pour acquis ces droits humains fondamentaux. Il faut toujours se battre pour l’égalité. »

— Une citation de  Rachel Notley, cheffe de l'Opposition officielle de l'Alberta

Interdire l’avortement est une forme de discrimination contre les femmes et leur droit de choisir ce qui arrive avec leur corps, continue Rachel Notley.

Celle-ci a interpellé le premier ministre albertain Jason Kenney à l’Assemblée législative mardi, l’enjoignant à condamner cette attaque sur les droits reproductifs en Amérique du Nord.

La cheffe de l’opposition pose une question sur une décision potentielle d’une cour étrangère dans un autre pays. C’est une question pour le système légal et politique américain. Il n’y a eu aucun changement par rapport à cette procédure en Alberta et aucune n’a été proposée, a répondu Jason Kenney.

Son gouvernement a rejeté une motion pour un débat d’urgence sur le droit à l’avortement.

Quelques instants plus tôt, la ministre associée à la Condition féminine répétait le même message que le premier ministre. Whitney Issik reconnaît cependant que l’accès à l’avortement est plus difficile en région rurale en Alberta. Les trois seuls établissements de santé qui offrent l’avortement dans la province sont situés à Calgary et Edmonton. Il s’agit de l’un des plus bas taux de sites fournissant l’avortement par habitant au pays, selon la Coalition pour le droit à l’avortement au Canada.

L’Alberta rembourse depuis 2017 le médicament Mifegymiso, qui permet l’avortement dans les sept premières semaines de grossesse. Selon l’Institut canadien d’information sur la santé, il y a eu 74 000 avortements chirurgicaux en 2020 au Canada, dont environ 12 000 en Alberta. Les avortements médicaux ne sont pas comptabilisés cependant.

« Nous savons que les femmes doivent parfois voyager, mais les services sont largement accessibles dans cette province. »

— Une citation de  Whitney Issik, ministre associée à la Condition féminine de l'Alberta

La ministre associée se décrit comme pro-choix. Quelques membres du Parti conservateur uni se décrivent comme pro-vie, soit contre l’avortement. Le premier ministre Jason Kenney, qui s’est positionné contre l’avortement plus tôt dans sa carrière comme ministre fédéral, a affirmé il y a quelques années que ses opinions avaient évolué et promis que son gouvernement provincial ne s’engagerait pas dans le débat sur l’accès à l’avortement.

De leur côté, tous les députés néo-démocrates se sont prononcés en faveur du droit à l’avortement. La cheffe Rachel Notley s'engage, si elle était élue première ministre l’an prochain, à protéger le droit à l’avortement et à analyser avec Services de santé Alberta comment élargir l’accès à ce droit, notamment en région rurale.

Le NPD a également talonné le gouvernement conservateur uni mardi pour qu’il modifie son projet de loi sur le congé payé pour deuil parental, afin d’y inscrire spécifiquement l’avortement comme cause donnant droit au congé, aux côtés de la fausse couche et d’un enfant mort-né.

Le ministre responsable du projet de loi, Kaycee Madu, a affirmé qu’un amendement au projet de loi sera fait, mais n’a pas donné plus de détails.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !