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Avis partagés sur la fin prochaine de l’obligation de porter le masque au Québec

Le port du masque est obligatoire dans les lieux publics fermés du Québec.

Cela fait près de deux ans que le port du masque est obligatoire dans les lieux publics fermés du Québec.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Le retrait apparemment imminent de l’obligation de porter un masque dans la plupart des lieux publics au Québec ne fait pas l’unanimité chez les professionnels de la santé. Le maintien de la mesure pour les personnes jugées vulnérables, en revanche, semble faire consensus.

Le directeur national de santé publique du Québec par intérim, le Dr Luc Boileau, devrait annoncer mercredi que le port du masque ne sera plus obligatoire dans la majorité des lieux publics à compter du 14 mai.

L’information d’abord rapportée mardi par Le Journal de Québec et Le Journal de Montréal a été confirmée par Radio-Canada.

Exceptions

Le masque demeurerait obligatoire dans les établissements de santé et le transport en commun. Les personnes placées en isolement pour une période de 10 jours en raison de la COVID-19 devront également continuer de le porter.

Le port du masque devrait rester recommandé dans les situations jugées plus à risque, comme lorsqu’on se retrouve en présence de personnes vulnérables.

Le Dr Boileau retirant son masque.

Le Dr Luc Boileau fera le point sur le port obligatoire du masque dans les lieux publics au Québec mercredi à 11 h.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Le Dr Donald Vinh, infectiologue et microbiologiste médical au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), croit que la santé publique devrait y regarder à deux fois avant d’annoncer la fin d’une mesure sanitaire aussi longtemps à l’avance.

Malgré une certaine stabilisation du nombre de personnes hospitalisées pour soigner la COVID-19 au Québec, rien ne garantit que la situation va continuer de s’améliorer d’ici le 14 mai, prévient le Dr Vinh.

En médecine comme dans les autres sciences, effectuer des prévisions peut s’avérer hasardeux, rappelle-t-il.

Mise en garde

Il faut faire attention [et éviter de] faire des promesses qu’on ne peut pas tenir [...] Les choses peuvent changer d’une semaine ou d’un jour à l’autre, confie le scientifique en entrevue à Radio-Canada.

« On n’est pas dans ce "business" pour faire des prédictions et surtout pas des promesses basées sur des prédictions. »

— Une citation de  Le Dr Donald Vinh, infectiologue et microbiologiste médical, CUSM

Il croit que les personnes à risque, soit en raison de leur âge, de leur statut immunitaire ou de leur condition physique devraient continuer de porter le masque en public, un bon masque de préférence, et éviter les espaces clos et les activités intérieures dans des endroits.

Le Dr Donald Vinh dans un couloir.

Le Dr Donald Vinh croit que la santé publique devrait éviter d'annoncer la levée de mesures sanitaires plusieurs jours à l'avance. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Thomas Christopherson

Le Dr Vinh recommande également à ces personnes d’être entièrement vaccinées contre la COVID-19 afin de mettre toutes les chances de leur côté.

La Dre Élyse Berger Pelletier, urgentologue à l'Hôtel-Dieu de Lévis, fait pour sa part confiance aux autorités compétentes pour déterminer si oui ou non le temps est venu de mettre fin à l’obligation du port du masque dans la majorité des lieux publics.

Un vent d'espoir

La médecin estime que la santé publique a toujours joué de prudence à l’égard des assouplissements aux mesures sanitaires.

Si les autorités constatent que c'est le bon moment, je pense que ça va donner aussi un vent d'espoir à la population, puis ce n'est pas une mauvaise chose, fait valoir la Dre Berger Pelletier.

L'urgentologue Élyse Berger Pelletier à l'Hôtel-Dieu de Lévis. Elle porte un masque sur la photo.

L'urgentologue Élyse Berger Pelletier croit que les professionnels de la santé conserveront l'habitude de porter un masque, même quand il ne sera plus obligatoire. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Elle voit d’un bon œil le maintien attendu de l'obligation de porter le masque dans les hôpitaux. En plus de contribuer à ralentir la propagation de la COVID-19, le masque et les mesures barrières en général permettent de protéger le personnel et les patients d’autres virus tels que l’influenza et la gastro-entérite.

Là pour longtemps

L’urgentologue s’attend à ce que les professionnels de la santé continuent pendant longtemps de porter le masque, et ce, même une fois qu’il ne sera plus obligatoire.

« On a tellement de virus ces temps-ci aux urgences qu'on va continuer à le porter [...] On veut se protéger. »

— Une citation de  La Dre Élyse Berger Pelletier, urgentologue, Hôtel-Dieu de Lévis

Le président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), Marc Fortin, espère que les allégements entourant le port du masque seront adaptés en fonction des différents types d’établissements qui hébergent des aînés.

Marc Fortin lors d'une entrevue en vidéoconférence.

Marc Fortin insiste sur l'importance de faire une distinction entre les résidences pour aînés autonomes et celles pour aînés semi-autonomes. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Si la mesure doit selon lui être maintenue dans les aires communes des CHSLD, des ressources intermédiaires et des unités (sections ou étages) des RPA réservées aux personnes nécessitant des soins, il faut en exempter les aînés autonomes.

Éviter l'âgisme

On préférerait les traiter comme le reste de la population, ne pas faire d'âgisme. Ces gens-là sont libres, ils sont autonomes, fait valoir M. Fortin.

Le RQRA estime qu'environ 150 000 personnes vivent dans des RPA au Québec, ce qui représente 17 % des aînés.

Entre 60 et 65 % des résidents des RPA sont entièrement autonomes.

Avec des informations de Sébastien Bovet et de Pierre-Alexandre Bolduc

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