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La C.-B. étend son système d’alerte d’urgence aux feux de forêt et aux inondations

La province testera son système d’urgence ce mercredi à 13 h 55 HP.

Une épaisse fumée remplit l'air et bloque presque le soleil. Au sol, le reste calciné d'une propriété détruite par un incendie de forêt à Monte Lake, en Colombie-Britannique, en août 2021.

Une propriété détruite par un incendie de forêt à Monte Lake, en Colombie-Britannique, en août 2021.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

En cas d'inondations ou d'incendies de forêt, la Colombie-Britannique pourra prévenir les communautés d’un « danger imminent » grâce à son système d’alerte d’urgence. Son utilisation n’est toutefois pas encore prévue pour les vagues de chaleur, comme celles qui ont frappé la province l'été dernier.

En 2021, la Colombie-Britannique a connu un cocktail d’événements météorologiques extrêmes : un dôme de chaleur mortel, une saison de feux de forêt destructrice, suivie de pluies torrentielles à l’automne, qui ont causé des inondations et des glissements de terrain à différents endroits de la province.

En prévision des futurs épisodes climatiques extrêmes, la province a étendu son utilisation du système national Alert Ready, utilisé jusqu'ici seulement pour les tsunamis et les alertes Amber. Le système est déjà opérationnel en cas d’inondation printanière, et le sera dès le début du mois de juin pour les feux de forêt, affirme le gouvernement.

Un message d’alerte d’urgence sera alors envoyé sur les téléphones cellulaires des résidents concernés, et pourra être diffusé sur les émissions de radio et de télévision. En cas d’évacuation, le message d’alerte pourrait donner des informations aux résidents sur les endroits où ils peuvent se réfugier.

Une personne regarde à l'horizon sur une plage de Vancouver.

La Colombie-Britannique a subi des chaleurs record en 2021.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson

Ce système d’urgence ne pourra pas être utilisé en cas de canicule extrême cet été, a indiqué le ministre de la Sécurité publique. Les vagues de chaleur présentent des enjeux spécifiques, qui doivent encore être réglés avec le ministère de la Santé, explique Mike Farnworth, ministre provincial de la Sécurité publique.

On doit savoir quelle est la meilleure manière d’utiliser une alerte de chaleur, et quand on doit le faire. Est-ce qu’on se base sur une gamme de températures, ou sur certaines zones? Le travail est en cours, mais on veut le faire bien, a-t-il souligné.

Près de 600 décès

L’an dernier, 595 personnes sont mortes à cause des épisodes de chaleur extrême dans la province, d’après les estimations des Services de coroners provinciaux.

Le gouvernement provincial a été critiqué pour son manque de préparation, après le dôme de chaleur du mois de juin, qui a fracassé des records de températures.

La mairesse d’Ashcroft, Barbara Roden, est surprise que l’outil ne puisse pas être utilisé lors des vagues de chaleur, qui ont causé bien plus de décès l’an dernier que les autres événements climatiques accumulés.

« Ce n’est pas que je veux réduire l’impact des feux de forêt, mais le dôme de chaleur a tué près de 600 personnes l’an dernier. De nombreux décès auraient pu être évités si on savait ce qui s’en venait.  »

— Une citation de  Barbara Roden, mairesse d’Ashcroft

L’utilisation de ce système d’alerte pour les feux de forêt et les inondations est malgré tout une excellente étape, croit Barbara Roden.

Il permettra de compléter le système d’alerte que certaines communautés disposent déjà, tout en ayant une étendue géographique plus large. Les feux de forêt ou les inondations ont des impacts bien au-delà des communautés, affirme-t-elle.

Un outil de plus à utilisation exceptionnelle

L’utilisation du système d’urgence sera limitée aux situations de danger ou de menace imminents et elle sera ajoutée aux moyens de communication habituels, souligne Mike Farnworth. Car trop utiliser ces alertes pourrait mener la population à les ignorer, prévient-il.

Le ministre s'adresse aux médias dans une salle bordée de grandes fenêtres.

Le ministre de la Sécurité publique, Mike Farnworth, explique que son gouvernement veut s'assurer d'utiliser le système le plus efficacement possible.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

La décision d’activer ce système reposera sur les gouvernements locaux et les Premières Nations, étant donné que ce sont eux qui en sont aux premières loges. La province pourra toutefois outrepasser leur décision si nécessaire, indique le ministre de la Sécurité publique.

« C’est un outil. Un outil de plus, qu’on aura pour alerter la population. Ce n’est pas une potion magique. »

— Une citation de  Mike Farnworth, ministre de la Sécurité publique de la C.-B.

Le système pourra par exemple être utilisé dans une zone faisant l’objet d’un ordre d’évacuation, si un incendie de forêt avance plus rapidement que prévu et menace directement les résidents. Le gouvernement local pourra alors demander l’activation de l’alerte sur-le-champ, pour cette zone spécifique, explique Mike Farnworth.

C’est un système qui se concentre sur une zone donnée, un périmètre fixe. On ne veut pas envoyer des alertes généralisées qui vont alerter inutilement la population, soutient-il.

Des débris jonchent une route inondée d'Abbotsford le jeudi 25 novembre 2021.

La vallée Sumas en banlieue de Vancouver en Colombie-Britannique a été inondée en novembre 2021.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Se tenir prêt

Pour le moment, les conditions météorologiques sont plus fraîches et humides que la normale en Colombie-Britannique, mais la situation peut rapidement changer, avertit Armel Castellan, météorologue à Environnement Canada.

Si la province connaît un réchauffement soudain, qui s’étale sur 5 à 6 jours, la neige des montagnes pourrait changer la donne, ajoute-t-il, et ainsi mener rapidement à des crues et à des inondations.

Les autorités provinciales conseillent aux populations de se tenir prêtes à toute éventualité et de mettre dès lors en place des plans d’évacuations, dans le cas où la situation dégénère rapidement.

Cela vaut également pour les feux de forêt, dont la saison a déjà commencé.

Avec des informations de Wildinette Paul

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