•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’ours polaire égaré en Gaspésie était un jeune mâle

L'ours s'éloigne à la nage du bateau du chasseur

L'ours qui s'est aventuré sur les rives de la Haute-Gaspésie était un jeune mâle en santé.

Photo : Facebook/Kerry Noble

La Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal a effectué une nécropsie de l’ours polaire qui a été abattu à Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine, en Gaspésie.

L'examen a eu lieu lundi après-midi, un peu plus de 24 heures après son décès.

Le responsable de la nécropsie, le professeur titulaire à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, Stéphane Lair, indique qu’il s’agit d’un jeune mâle de 5 ou 6 ans environ. Il était en excellent état corporel et ne souffrait pas de malnutrition.

Il avait de très bonnes réserves graisseuses, observe le spécialiste. Le contenu stomacal était vide, mais cette bonne quantité de graisse fait dire au vétérinaire que l’animal avait été en mesure de s’alimenter dans les derniers mois.

Aux premiers abords, Stéphane Lair estime que l’ours lui a paru en bonne santé. L’examen de prélèvements devrait confirmer cette observation, croit le professeur de la Faculté de médecine vétérinaire.

En entrevue à l'émission Bon Pied, bonne heure, Stéphane Lair a aussi indiqué que les comportements d’exploration ne sont pas inhabituels pour des ours de cet âge.

Un ours loin de chez lui

L’organisme Polar Bears Canada rappelle d'ailleurs qu’il n’est pas rare que les ours polaires s'aventurent en périphérie de leur aire de répartition normale.

Les ours sont parfois très présents au printemps à l’île de Terre-Neuve et sur les côtes du Labrador.

Des observations inusitées d’ours blancs à l’extérieur de leur aire de répartition normale ont été faites au lac Saint-Jean, au Québec, en 1939 et dans le nord-est de la Saskatchewan en 2003, rapporte Polar Bears Canada.

L'ours polaire se trouve dans un champ enneigé.

L'ours polaire dans un champ enneigé

Photo : avec l'autorisation de Jean Bergeron et de Sophie Bonneville

Polar Bears Canada note qu’un ours polaire peut facilement et rapidement franchir de grandes distances. Une observation qu'a corroboré la biologiste, Lyne Morissette, sur les ondes de Radio-Canada. Elle rapporte qu’en 2012, une ourse, dotée d’un collier télémétrique, a franchi 687 kilomètres en neuf jours.

Le professeur de la Faculté de médecine vétérinaire, Stephane Lair, croit toutefois que les changements climatiques modifient grandement l’environnement de l’ours blanc. La bête, dit-il, s’adapte et change peu à peu sa diète.

Le spécimen qui s’est aventuré en Gaspésie était sans doute à la recherche de nourriture, croit le spécialiste.

Une question de sécurité publique

Bien que la mort de l'ours, abattu par les agents de la faune, ait soulevé l'indignation de beaucoup d'internautes. La plupart des spécialistes y voient un enjeu de sécurité publique.

Pour l’ours, l’homme est essentiellement une proie, rappelle le vétérinaire. Il s’agit, dit-il, de l’espèce la plus dangereuse et la plus imprévisible au Canada.

À côté d'un pied d'homme, on distingue la trace d'une patte de l'ours.

Un ours polaire peut peser entre 350 et 600 kilos (archives).

Photo : Gracieuseté de Jean Bergeron et Sophie Bonneville

L’ours polaire peut peser jusqu’à 600 kilos et mesurer, debout, jusqu’à 3 mètres, renchérit Lyne Morissette. C’est aussi un animal qui peut courir aussi vite qu’un cheval. Ces animaux, qui sont, dit-elle, aussi intelligents que les grands singes, peuvent avaler jusqu’à 46 kilos en un seul repas.

Il était très très loin de son habitat naturel. Sa relocalisation aurait été difficile aussi, juge Stéphane Lair.

Polar Bears Canada souligne qu’il est aussi très rare, lorsqu’un ours s’aventure hors de son habitat naturel, que les autorités locales de l’endroit où il vagabonde possèdent l’expérience et le matériel nécessaires pour gérer la situation.

Immobiliser, anesthésier et relocaliser l’animal posent des défis logistiques, et dans la plupart des cas, ils ne peuvent être menés à bien , estime l'organisme.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !