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Un nouveau médicament suscite l’espoir dans la lutte contre la sclérose en plaques

Une femme plus jeune tient la main d'une femme âgée.

La sclérose en plaques touche un Canadien sur 400.

Photo : getty images/istockphoto / guvendemir

Radio-Canada

Si la sclérose en plaques reste une maladie incurable, les développements pour ralentir sa progression ont fusé au cours des dernières années. D'ailleurs, un nouveau médicament approuvé l'an dernier par Santé Canada, le Kesimpta, s'est ajouté en avril à la liste d'exception de la Régie de l’assurance maladie du Québec, et celui-ci soulève de grands espoirs. En ce Mois de la sensibilisation de la maladie, le Dr François Grand'Maison, neurologue à l'Hôpital Charles-LeMoyne affilié à l'Université de Sherbrooke, fait un retour sur les avancées dans le domaine.

Depuis 10 ou 15 ans, l'efficacité des médicaments s'est développée. C’est incroyable. Le premier objectif est de prévenir les poussées de sclérose en plaques, explique le Dr Grand’Maison.

C'est que les poussées, soient des crises de symptômes neurologiques, vont laisser des séquelles 40 % du temps. Selon le neurologue, 90 % à 95 % des personnes commencent la maladie avec des poussées.

Images du cerveau d'un patient atteint de sclérose en plaques

Images du cerveau d'un patient atteint de sclérose en plaques

Photo : iStock

Comparé à d'autres médicaments, le Kesimpta a une efficacité supplémentaire qui diminue le risque de poussées à des taux très faibles. Le dernier médicament d’exception [Kesimpta] qui vient de s’ajouter est hautement efficace. S’il n’y a pas de poussée, pas de plaque, la maladie évolue bien moins rapidement, souligne-t-il.

« Les plaques et les autres indices d'inflammation cérébrale qu'on peut mesurer avec la résonnance magnétique ont été de 80 à 98 % moins nombreux avec le Kesimpta. »

— Une citation de  Dr François Grand'Maison, neurologue

Un taux de prévalence parmi les plus hauts sur la planète

Une personne sur 400 vit avec cette maladie au Canada, soit 90 000 personnes. C’est l’un des taux de prévalence les plus élevés au monde. Plus on s'éloigne de l'équateur, soit vers le nord, soit vers le sud, plus la maladie est fréquente, nuance le médecin. Le nord de l'Europe et les pays scandinaves ont ainsi des taux de prévalence similaire au Canada.

Deux facteurs expliqueraient cette statistique, selon le neurologue. Le premier est la déficience en vitamine D, une carence liée avec le faible temps d'ensoleillement des pays nordiques.

La déficience en vitamine D a une corrélation avec la sclérose en plaques. Il y a moins d'ensoleillement dans les pays plus froids. Ça prend du soleil pour produire [de la vitamine D] avec les rayons ultraviolets, explique le Dr Grand’Maison.

Du saumon, des sardines, des oeufs, des produits laitiers, du persil et des champignons disposés sur une table, vus en plongée.

Les poissons gras et les sardines sont aussi de bonnes sources naturelles de vitamine D. Le lait et les produits laitiers enrichis (l'ajout de vitamine D doit être indiqué sur l'emballage) donnent aussi un bon apport. Les oeufs en contiennent une quantité modeste.

Photo : iStock / happy_lark

Le deuxième facteur serait le virus Epstein-Barr, qui cause la mononucléose, et qui a un lien fort probable avec la sclérose en plaques.

Ce virus induit un problème immunitaire 5, 10 ou 15 ans après la mononucléose, qui va développer la maladie. Le système immunitaire va attaquer les structures du système nerveux central ou lieu d'attaquer le virus, explique le Dr Grand’Maison.

Une autre avancée significative dans le domaine est la capacité de diagnostic, qui a fortement progressé au cours des dernières années.

Un homme dort dans son lit.

La mononucléose se fait entre autres ressentir par une grande fatigue. Le repos est le seul remède pour le moment.

Photo : iStock

Notre connaissance de la maladie s'est développée. La résonance magnétique et la détection d'anticorps permettent d’augmenter le diagnostic, affirme-t-il.

« Ça prend de six à neuf mois pour faire le diagnostic au lieu de 10 ans par le passé où la maladie ne pouvait jamais être diagnostiquée. »

— Une citation de  Dr François Grand'Maison, neurologue

La bataille est toutefois loin d'être gagnée, rappelle le neurologue, qui ajoute qu'un autre facteur pourrait bientôt compliquer la guerre : les changements climatiques. Le neurologue rappelle que la recherche permet de développer les connaissances sur la sclérose en plaques.

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