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Cyrille Hogan-Saindon, une passion du football qui ne voulait pas mourir

Il court sur le terrain lors d'un match.

Inconnu des recruteurs de la LCF il y a encore un an, Cyrille Hogan-Saindon est maintenant considéré comme le plus bel espoir universitaire québécois en vue du repêchage de mardi soir.

Photo : Mathieu Bélanger

Aucun joueur étoile du Rouge et Or n’a regardé autant de matchs des lignes de côté durant sa carrière universitaire que Cyrille Hogan-Saindon. Le centre de Québec a eu besoin de quatre ans pour percer la formation de l’équipe. Une histoire de persévérance qui devrait devenir un conte de fées, mardi soir, lors du repêchage de la Ligue canadienne de football (LCF).

Ça m’a traversé la tête d’arrêter le football à plusieurs reprises. Je pense que c’est normal. À certains moments, je ne voyais pas le bout. Je me demandais si ça valait la peine de continuer, lance au bout du fil Cyrille Hogan-Saindon.

L’athlète format géant de Québec raconte son parcours sans s'apitoyer sur son sort. Au contraire, dit-il, il n’en changerait rien. Mardi soir, le footballeur sera là où il a toujours voulu être. Entouré de ses proches et de ses coéquipiers en attente que son nom soit prononcé au repêchage de la LCF. Je suis excité et nerveux en même temps. C’est une grosse étape et le début de quelque chose de nouveau. J’ai vraiment hâte de savoir qui va prendre une chance sur moi.

Il pointe des joueurs adverses avant de se placer sur la ligne offensive lors d'un match.

Le centre Cyrille Hogan-Saindon

Photo : Mathieu Belanger

Classé 18e espoir par le bureau de recrutement de la LCF, le footballeur de 24 ans semble pratiquement assuré de devenir le 20e joueur de ligne offensive de l’histoire du Rouge et Or sélectionné dans les rangs professionnels. Son parcours à l’Université Laval, toutefois, est sans précédent.

Une passion venue sur le tard

Il faut dire que le football est arrivé plutôt tard dans la vie de Cyrille Hogan-Saindon. Ce n’est qu’en 5e secondaire, au Petit Séminaire de Québec, qu’il a enfilé les épaulettes pour la première fois.

J’étais un joueur de hockey et un skateur. J’avais un bon gabarit et ça faisait plusieurs années que les gars à mon école me demandaient de venir jouer au football. Je disais toujours non. Quand j'ai fini par accepter, j’ai tout de suite eu la piqûre, raconte-t-il.

Hogan-Saindon protège son quart-arrière pendant qu'il décoche une passe lors d'un match.

Le quart-arrière Arnaud Desjardins et le centre Cyrille Hogan-Saindon

Photo : Mathieu Belanger

Utilisé sur les lignes offensive et défensive par ses entraîneurs cette année-là, Cyrille Hogan-Saindon a dû apprendre les rudiments du ballon ovale en accéléré. En commençant, c’est rare qu’on est bon, mais mes entraîneurs étaient des anciens du Rouge et Or et ils ont tout de suite vu le potentiel que j’avais.

Assez pour que les Élans de Garneau lui proposent de venir poursuivre son apprentissage avec l’équipe, puis que trois ans plus tard, Glen Constantin le recrute à son tour chez le Rouge et Or.

Quatre ans sans jouer de match

Laval n’était pas la seule équipe intéressée par les services du colosse de 1,94 m (6 pi 4 po) et 136 kg (301 lb), mais il ne se voyait pas jouer ailleurs que dans sa ville natale. Le Rouge et Or venait de remporter la Coupe Vanier et était reconnu comme l’équipe avec la meilleure ligne offensive au pays.

Hogan-Saindon l’a un peu appris à ses dépens à son arrivée. Durant ses trois premières saisons avec l’équipe, entre 2017 et 2019, jamais les entraîneurs ne l’ont habillé pour un match. D’autres joueurs le devançaient dans l’organigramme du Rouge et Or. Puis juste quand son tour semblait arriver, la pandémie a frappé et la saison 2020 est passée dans le tordeur. Il a songé quelques fois à raccrocher ses épaulettes pour de bon.

« Je me suis accroché parce que j’aimais quand même ça, pratiquer. J’aime tellement le football et juste être sur le terrain avec mes amis tous les jours et essayer de m’améliorer, je ne me suis jamais tanné de ça. »

— Une citation de  Cyrille Hogan-Saindon

De réserviste à joueur étoile

S’améliorer, c’est ce qu’a tenté de faire le centre en mettant les bouchées doubles à la salle d’entraînement durant l'année de pause de football forcée. Quand est finalement arrivé le premier match de 2021, fin août, l’étudiant en administration des affaires était non seulement en uniforme, mais partant.

Quand j’ai appris que j’étais partant, ça a été très émotif. C’est un rêve que j’avais depuis tellement longtemps et, tout au long de la saison, j’ai vraiment profité de chaque moment. J’ai été tellement longtemps sur le banc à regarder que je savais ce que ça valait.

Sur le terrain, Hogan-Saindon a vite prouvé qu’il était non seulement capable de se débrouiller, mais bien souvent de dominer les joueurs de lignes défensives en face de lui. Les années à s'entraîner dans l’ombre contre des futurs pros comme Mathieu Betts et Vincent Desjardins portaient fruit.

Il sort d'un caucus avec ses coéquipiers lors d'un match au stade Telus.

Cyrille Hogan-Saindon (numéro 59) a dû attendre quatre saisons avant de pouvoir revêtir l'uniforme du Rouge et Or lors d'un match. Le voilà maintenant aux portes de la LCF.

Photo : Nicolas Mallard

Les entraîneurs du réseau universitaire québécois l’ont remarqué. Suffisamment pour le nommer dans l'équipe d’étoiles du circuit à l’issue de la saison. Soudainement, les équipes de la LCF se sont mises à s’informer au sujet de celui qui n’avait encore jamais joué de match universitaire quelques mois auparavant.

Un diamant à polir

Cyrille Hogan-Saindon n’a pas laissé passer sa chance. Invité aux tests d'évaluation physique (combine) de la LCF à Toronto, l’athlète de 24 ans a dominé. Autant au développé-couché, où il a devancé tous les autres joueurs de ligne offensive présents, que dans les épreuves d'agilité.

À la fin de la journée, toutes les équipes du circuit Ambrosie voulaient lui parler. Quelques semaines plus tard, il bondissait au classement des meilleurs espoirs en vue du repêchage, devançant tous les autres joueurs universitaires québécois.

Le joueur de centre voit maintenant son inexpérience comme une carte de plus dans son jeu. Il est en quelque sorte un diamant à polir pour les équipes de la LCF. Un athlète hors-norme dont le plein potentiel est encore inexploité.

Ça a souvent été difficile au cours des dernières années, mais je pense que rien n’arrive pour rien. Cette adversité-là m'a transformé comme joueur de football et m’a mené là où je suis aujourd’hui. Je suis en bonne santé, en forme et prêt à faire mes preuves chez les professionnels.

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