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Des écarts salariaux qui ne passent pas au CHSLD Plaisance des Îles

Des balcons de la résidence sont  multicolores.

À l'ouverture du CHSLD Plaisance en 2021, les administrateurs ont négocié avec le gouvernement pour proposer les mêmes conditions salariales qui prévalaient dans le secteur public (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Perrine Bullant

Les employés du Centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) Plaisance des Îles ont manifesté lundi pour réclamer des conditions salariales équivalentes aux employés du secteur public.

Le CHSLD Plaisance est une propriété de Résidence Plaisance des Îles, un organisme à but non lucratif (OBNL). L’établissement privé est non conventionné, c'est-à-dire que les employés ne peuvent bénéficier du rehaussement des conditions négociées dans la convention collective qui s'applique au secteur public.

Les employés du CHSLD Plaisance, qui avaient d’abord choisi de garder l’anonymat, ont finalement accepté de partager leurs revendications à visage découvert.

« Que ce soit une infirmière, infirmière auxiliaire ou un préposé aux bénéficiaires, on ne vaut pas moins que tous les autres, ailleurs dans le réseau de la santé. »

— Une citation de  Monica Cormier, porte-parole des employés du CHSLD Plaisance

Ce qui nous a été mentionné au départ [à l'ouverture du CHSLD], c’est qu’on serait au bout d’un an environ, un CHSLD privé conventionné, relate Monica Cormier, infirmière auxiliaire, porte-parole des employés.

Le mois dernier, les travailleurs madelinots ont adressé une lettre au ministre de la Santé, Christian Dubé dans laquelle ils lui demandaient de tenir ses promesses. La porte-parole des salariés explique que le silence radio du gouvernement a forcé les travailleurs à passer à l’étape suivante pour réitérer leur droit à l’équité.

À l'ouverture de l'établissement en avril 2021, les administrateurs du CHSLD ont négocié avec le gouvernement pour proposer à leurs employés les mêmes conditions salariales qui prévalaient dans le secteur public.

Le gouvernement nous permettait d’avoir des salaires compétitifs pour recruter la main-d’œuvre régulière, explique le président du conseil d’administration de la résidence Plaisance, Louis Fournier.

Depuis, les conditions salariales dans le secteur public ont été améliorées. L’écart entre les travailleurs du public et du privé s’est creusé. Pour le même travail, les employés ne bénéficient pas des mêmes conditions.

Le défi de retenir la main-d'œuvre

Louis Fournier s’inquiète de voir partir ses employés si l’établissement ne présente pas des salaires compétitifs : On va être obligé d’avoir encore plus de main-d’œuvre indépendante, ce qui va coûter encore plus cher pour donner nos services.

Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine à l’Assemblée nationale du Québec et porte-parole en matière de Santé, appuie la démarche des administrateurs du CHSLD.

Selon lui, un meilleur financement de l’établissement privé permettrait d'assurer la rétention des employés et maintenir les services aux résidents des Îles.

« Le Ministère doit s’assurer qu’on ait le même service offert à tous les usagers aînés des Îles-de-la-Madeleine. »

— Une citation de  Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine à l’Assemblée nationale du Québec et porte-parole en matière de Santé
Joël Arseneau en entrevue avec Radio-Canada.

Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, considère que la valorisation des conditions de travail permettrait d'assurer la rétention des employés et maintenir les services aux résidents des Îles (archives).

Photo : Radio-Canada

Ce qu’on veut à tout prix éviter, c’est une rupture de services ou une diminution des services pour les personnes aînées qui sont hébergées aux Îles, qu’elles soient au privé ou au public, déclare le député.

Sur l’archipel, le Centre intégré de santé et de services sociaux des Îles (CISSS) coordonne la répartition des personnes aînées entre deux établissements. Ces deux établissements sont le CHSLD Eudore LaBrie, géré par le CISSS, qui peut accueillir 64 résidents et le CHSLD Plaisance, qui est géré par un OBNL, qui héberge 65 personnes.

Les deux établissements sont tenus d’offrir aux usagers la même qualité de services, précise Sophie Doucet, présidente-directrice générale du CISSS des Îles.

La présidente-directrice du CISSS des Îles, Sophie Doucet, photographiée dans son bureau.

La présidente-directrice du CISSS des Îles, Sophie Doucet, confirme que les CHSLD privés et publics sont tenus à la même qualité de service (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Il y a des exigences de qualité de service, il n’est pas censé avoir moins d’employés à un endroit qu’à l’autre, donc la personne qui va être hébergée est en droit de s’attendre à la même qualité de services à l’un ou l’autre des endroits, maintient-elle.

Du côté du gouvernement, Natalie Rosebush, sous-ministre adjointe aux Aînés et aux proches aidants, réitère que les soins prodigués aux aînés restent la priorité.

Elle informe que l'harmonisation des CHSLD privés et publics est un projet en chantier. Elle avance qu'en attendant des mesures de soutien financier seront accordés aux établissements privés non conventionnés pour leur permettre de rehausser le salaire de leur personnel.

Elle mentionne qu'il y a une possibilité que le centre d'hébergement des Îles reçoive un montant additionnel pour rehausser le salaire du personnel.

Le député des Îles, Joël Arseneau, a demandé au ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, de désigner un interlocuteur au gouvernement pour assurer le suivi avec les administrateurs du CHSLD Plaisance.

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