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Glissement de terrain : la mairesse de Whitehorse blâme les changements climatiques

Photo aérienne du glissement de terrain. Des débris recouvrent la chaussée, un sentier et le bord du fleuve toujours gelé.

Tout le secteur de la route Robert Service qui longe la falaise est à risque élevé de glissements.

Photo : gouvernement du Yukon

Le glissement de terrain le long d’une voie d’accès au centre-ville de Whitehorse, samedi, est attribuable aux changements climatiques, selon la mairesse de la capitale yukonnaise, Laura Cabott.

Nous surveillons l’escarpement depuis quelques années maintenant. C’est à notre ordre du jour, mais ce qui se passe actuellement n’a jamais été vu dans le passé, tout du moins, pas à cette échelle, affirme la mairesse.

Cette dernière explique que la Municipalité va faire venir un expert en géorisques pour qu’il évalue le glissement de terrain.

Des barrières bloquent l'accès à la zone du glissement de terrain à Whitehorse.

La zone sur laquelle s'est produit le glissement de terrain samedi est encore instable et son accès interdit, affirme la mairesse, Laura Cabott.

Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

Selon la mairesse, il n'y a pas de doute : les changements climatiques sont à l'origine de l’incident. Nous arrivons à la saison des inondations et, en fonction de ce qui se passe, nous verrons les dangers des incendies de forêt, affirme-t-elle.

« C'est le changement climatique et, à Whitehorse, nous ne sommes pas à l'abri. »

— Une citation de  Laura Cabott, mairesse de Whitehorse

Elle croit que de nombreuses choses peuvent être faites, à long terme, pour atténuer ces effets, mais elle s’interroge sur les mesures qui peuvent être prises de façon plus pressante.

Une fois que nous aurons évalué la situation, il faudra peut-être gérer la quantité de neige ou détourner l'eau, ou peut-être essayer de renforcer l'escarpement. Je ne sais pas, ce sont les réponses que nous espérons du spécialiste.

Une coulée massive

La géologue de surface pour le gouvernement du Yukon, Panya Lipovsky, explique pour sa part que le glissement de samedi a déversé l'équivalent de la taille d'une piscine olympique de matériaux.

Les débris d'un glissement de terrain recouvrent une route, un sentier et le bord du fleuve Yukon.

Samedi, un glissement de terrain est survenu sur la route Robert Service, à l'entrée du centre-ville de Whitehorse.

Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

Elle affirme que la neige et la pluie se sont infiltrées dans le sable, le limon et l’argile qui composent l’escarpement, ce qui a déséquilibré ce dernier et a provoqué la coulée.

« Si notre climat devient plus humide ou que nous avons un manteau neigeux plus important, je pense qu’on peut s’attendre à voir davantage d'événements de ce genre. »

— Une citation de  Panya Lipovsky, géologue

Elle rappelle que cet hiver, Whitehorse a connu des chutes de neige deux fois supérieures à la normale.

L’année dernière, un glissement de terrain s’est produit à environ 200 mètres de celui de samedi. Avant ça, il faut remonter à l’an 2000, dit-elle, pour avoir un événement significatif de ce genre.

Confusion des passants

Anne Pittens a assisté à la scène samedi alors qu’elle revenait de Riverdale pour s’engager sur la route Robert Service. En s’approchant, elle a remarqué que plusieurs personnes qui se trouvaient sur le sentier Millenium avaient cessé de marcher et regardaient partout autour d’elles.

Je pense qu'à ce stade elles avaient entendu le gros boum, mais personne ne savait où regarder.

Anne Pittens devant la colline touchée par le glissement de terrain à Whitehorse.

Anne Pittens était sur la route Robert Service quand le glissement de terrain s'est produit. Elle a dû faire demi-tour.

Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

Elle a alors vu plusieurs voitures devant elle faire demi-tour et a pensé que quelque chose se passait sur la rivière, avec les aigles peut-être. Puis elle a relevé la tête juste à temps pour voir un deuxième éboulement et explique avoir fait demi-tour comme les autres automobilistes.

Celle qui gère un immeuble situé au bout de la rue Hogue s’interroge sur les implications d’un tel incident et la sécurité dont bénéficient les structures bâties à flanc de falaises.

Nous devons faire des tests pour vérifier si nous devons ou non construire le long de ces falaises, car il est clair qu'elles ne sont pas aussi stables que nous le pensons tous, croit-elle.

Incertitude sur la réouverture des voies d'accès

Pour le moment, la mairesse avoue ne pas savoir quand les voies touchées vont rouvrir à la circulation. Elle affirme que la fermeture pourrait encore durer quelques jours.

Depuis samedi après-midi, l’une des principales voies d'accès à la capitale yukonnaise, la route Robert Service, est fermée. Ce contretemps oblige les automobilistes et les cyclistes qui arrivent du sud de la ville à faire un détour par la voie Two-Miles Hills pour se rendre au centre-ville. Le sentier Millenium et celui de l’Aéroport sont également fermés.

Laura Cabott explique que le terrain où s'est produit le glissement est encore très peu stable et considéré comme une zone de haut risque. Personne ne peut s’y rendre pour enlever les débris en ce moment. En revanche, plusieurs professionnels, comme des ingénieurs, se trouvent non loin pour surveiller la situation.

Une femme sourit à la caméra devant un sentier fermé.

Laura Cabott est la mairesse de Whitehorse.

Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

La mairesse ajoute que l’escarpement dans toute sa longueur est aussi surveillé, notamment près des zones résidentielles.

Nos ingénieurs marchent le long du sentier de l'Aéroport et l'évaluent, mais il n’y a pas de danger pour l’instant.

Si beaucoup de questions restent encore en suspens, la mairesse est néanmoins rassurée que personne n’ait été blessé dans le glissement de terrain.

Elle affirme aussi qu'elle devrait avoir plus d'information mardi ou au plus tard, mercredi.

Une barrière et un panneau de circulation indiquant la fermeture d'une route.

Les autorités affirment que la route Robert Service demeurera fermée à la circulation pendant plusieurs jours.

Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

Laura Cabott estime que cet incident rappelle surtout à la Ville et à ses habitants quelles sont leurs responsabilités.

Notre ville et notre communauté doivent faire ce qu'elles peuvent pour ralentir le changement climatique et réduire nos émissions de gaz à effet de serre, mais nous devons également consacrer du temps, des ressources et de l'argent à l'adaptation au changement climatique et à acquérir une plus grande résistance.

Avec des informations d'Elyn Jones et de Vincent Bonnay

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