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Un engouement pour la poésie chez les jeunes de l’Outaouais

Un groupe d'adolescent assis par terre sur un tapis qui sont en train de livre des livres.

La poésie connaît un engouement important auprès des jeunes.

Photo : iStock / LeoPatrizi

Slam, publication de courts poèmes sur les réseaux sociaux et popularité grandissante de poètes comme la Canadienne d’origine indienne Rupi Kaur contribuent depuis quelques années à faire grandir l’engouement pour la poésie chez les jeunes. Les adolescents de la région ne sont pas en reste. Plongée à la découverte de ce phénomène.

C’est à travers le slam que Jeanne Fusade et Emmanuel Cyr, tous deux en quatrième année du secondaire au Collège Saint-Alexandre, à Gatineau, ont d’abord découvert le plaisir de la poésie. Ces derniers sont d’ailleurs membres du club de slam de leur école.

C’est mieux défini, maintenant, la poésie. Les plus vieux ont une vision de la poésie [comme étant] difficile d'accès, qu’on ne comprend pas trop. Maintenant, [la poésie] prend plein de formes, fait valoir Emmanuel Cyr.

Avec le slam, les rimes ne sont pas obligatoires et le slameur crée son propre rythme lorsqu’il récite son poème.

On voit le slam en troisième secondaire, donc ça ouvre plus d’horizons et plus de gens ont envie d’en écrire [parce qu’il] n’y a pas autant de règles, renchérit Jeanne Fusade.

Selon leur enseignante Annie St-Jean, elle-même slameuse, cette forme de poésie orale permet à davantage d’adolescents de s'initier à ce style d’écriture.

« Le slam, [pour] les jeunes qui ne sont pas nécessairement compétents en français et qui font beaucoup d’erreurs, ça prend une importance moindre parce qu’il vont travailler à l’oral. »

— Une citation de  Annie St-Jean, enseignante et slameuse
Annie St-Jean, directrice générale de SlamOutaouais.

L’enseignante et slameuse Annie St-Jean

Photo : Radio-Canada / André Dalencour

Les réseaux sociaux, un tremplin pour la poésie

Les réseaux sociaux – TikTok et Instagram, par exemple – ont, entre autres, joué un rôle important dans la démocratisation de la poésie, estime Jade Bérubé, éditrice chez les Éditions La Bagnole.

« Leur habitude de lecture [aux adolescents] est plus créative [et] fragmentée. Leur intérêt pour le langage est très marqué. On le voit [notamment] avec le retour du spoken words [...] sur TikTok », explique-t-elle. Le spoken word est une façon de réciter un texte à l’oral, en se concentrant sur les mots, le ton de la voix, les gestes et les expressions.

Profitant de cet engouement, les éditions La Bagnole ont lancé leur propre collection de livres de poésie jeunesse Fuwa Fuwa, dont l’expression signifie aérer, en japonais – l’objectif étant, avec ces livres, de décloisonner et de jouer avec la structure du récit.

« Les ados connaissent des centaines de vers par cœur de rap francophone, donc leur intérêt pour le récit non-traditionnel est vraiment clair. »

— Une citation de  Jade Bérubé, éditrice chez La Bagnole

Le phénomène Rupi Kaur

Rupi Kaur lors de la cérémonie de remise du Prix Giller à Toronto, en novembre 2017.

L'écrivaine canadienne Rupi Kaur

Photo : The Canadian Press / Chris Young

Avant d’être l’écrivaine à succès qu’elle est devenue aujourd’hui, la Canadienne Rupi Kaur s’est bâtie un lectorat en publiant de courts poèmes sur les réseaux sociaux. Le féminisme, l’acceptation de soi et la santé mentale figurent parmi ses thèmes de prédilections.

Depuis 2015, ses trois recueils (Lait et miel, Le soleil et ses fleurs et Corps refuge) se sont vendus à plusieurs millions d’exemplaires.

Montage de la couverture du livre « lait et miel » de Rupi Kaur. La couverture est sombre et il y a deux silhouettes de mouches blanches dessinées dessus.

Le premier recueil de poésie de Rupi Kaur, «Lait et miel», s’est vendu à des millions d'exemplaires à travers le monde.

Photo : Guy Saint-Jean Éditeur

Dès sa première lecture, la jeune gatinoise Emmanuelle de Grandpré-Champagne a tout de suite été touchée par les poèmes directs et sincères de Rupi Kaur.

J’ai une certaine affection envers ce qu’elle écrit. C’est une artiste plus accessible pour les jeunes, souligne-t-elle.

« Les mots et les tournures de phrases qu’elle [Rupi Kaur] utilise me charment et m’inspirent beaucoup dans mon écriture. »

— Une citation de  Emmanuelle de Grandpré-Champagne, jeune lectrice de l’écrivaine Rupi Kaur

Selon l’éditrice Jade Bérubé, l’écriture de Rupi Kaur est concrète et constitue un langage complètement nouveau dans l’univers de la poésie.

Je pense que les gens commencent à comprendre que la poésie peut être autre chose que très hermétique, fait-t-elle valoir. À l’époque, on apprenait la technique, les rimes, compter les pieds… S’il y a un endroit où on ne devrait pas être technique, c’est la poésie, parce [qu’avec elle], on essaie d’exprimer l’émotif, conclut Jade Bérubé.

Avec les informations de Camille Bourdeau

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