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Succession d’Erin O’Toole : six prétendants se feront la lutte

Des candidats écartés exigent des explications.

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Il s'agit de la troisième course à la direction du PCC en cinq ans. Celle-ci a été rendue nécessaire par l'éjection d'Erin O'Toole, en février dernier.

Photo : La Presse canadienne / Michael Bell

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La moitié des 12 candidats déclarés à la chefferie du Parti conservateur du Canada (PCC) ne pourront plus faire campagne.

La formation a finalement dévoilé sa liste officielle d'aspirants chefs lundi par la voix d'Ian Brodie, président du comité organisateur pour l'élection.

En tout, six candidats se feront la lutte pour succéder à Erin O'Toole, soit Pierre Poilievre – considéré comme le favori –, Jean Charest, Leslyn Lewis, Patrick Bown, Scott Aitchison et Roman Baber.

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De gauche à droite, de haut en bas : Pierre Poilievre, Leslyn Lewis, Jean Charest, Roman Baber, Patrick Brown et Scott Aitchison.

Photo : Radio-Canada

Cinq autres prétendants s'étaient qualifiés en vertu de la première étape de la course, le 19 avril dernier, soit Leona Alleslev, Marc Dalton, Joseph Bourgault, Joel Etienne et Grant Abraham. Or, ceux-ci n'ont pas réussi à faire certifier leurs candidatures.

À la mi-mars, l'homme d'affaires torontois Bobby Singh avait également annoncé son intention de briguer la direction du parti, mais son nom ne faisait pas partie des candidats ayant franchi la première étape – celle du 19 avril –, qui nécessitait entre autres le versement de 50 000 $ en frais d'inscription.

Les 11 autres candidats avaient jusqu'à vendredi dernier pour remplir une série de conditions. Ils devaient notamment récolter 500 signatures et 300 000 $, dont 200 000 $ en frais d'inscription et 100 000 $ en dépôt de conformité (remboursable).

Des candidats écartés exigent des explications

L'ex-députée Leona Alleslev, qui a déjà été cheffe adjointe du PCC sous Andrew Scheer, et Marc Dalton, qui représente actuellement la circonscription britanno-colombienne de Pitt Meadows—Maple Ridge aux Communes, avaient annoncé dans les derniers jours ne pas avoir réussi à faire certifier leur candidature par le parti.

Les deux politiciens avaient reconnu ne pas avoir réussi à récolter les 300 000 $ nécessaires en date du 29 avril. Ce n'est pas le cas de trois autres prétendants écartés.

Sur Twitter, l'homme d'affaires saskatchewanais Joseph Bourgault et l'avocat britanno-colombien Grant Abraham ont fait savoir lundi qu'ils avaient demandé des explications au parti, car ils estiment avoir rempli toutes les conditions pour prendre part à la course.

Selon nos informations, l'avocat torontois Joel Etienne aurait également formulé une demande similaire, en privé.

La députée Leslyn Lewis, qui participe à sa deuxième course à la chefferie en deux ans, a estimé lundi sur Twitter que le parti devrait les laisser concourir.

« Nous voulons une course équitable. Je n'ai pas peur des luttes difficiles, et le Parti conservateur ne devrait pas écarter des candidats légitimes. »

— Une citation de  Leslyn Lewis, candidate à la direction du PCC

Il importe de souligner que, dans les règles de la course à la direction qui ont été dévoilées en mars, le Comité organisateur de l’élection du chef (CEOC) s'est réservé le droit d'écarter certains candidats, et ce, même si ceux-ci parvenaient à récolter 500 signatures et 300 000 $ avant le 29 avril.

Selon ces règles, le Comité d’investiture des candidats à la chefferie (CICC) peut s'appuyer sur toute autre information qu'il jugera utile pour vérifier l'aptitude d'un candidat et recommander au CEOC qu'un candidat particulier soit interdit de se présenter.

On sait par ailleurs que Joseph Bourgault et Grant Abraham – tout comme Leslyn Lewis et Marc Dalton – avaient reçu l'appui de la Campaign Life Coalition, un groupe pro-vie qui a longtemps cherché à tirer le parti vers la droite sur les questions sociales.

Admirateur de l'ex-président américain Donald Trump, M. Bourgault a également participé à la manifestation des camionneurs sur la colline du Parlement, l'hiver dernier.

Quant à Grant Abraham, il avait notamment critiqué les députés conservateurs après l'adoption à l'unanimité des Communes du projet de loi C-4 interdisant les thérapies de conversion, en décembre.

Bannière

Dans une déclaration écrite transmise à Radio-Canada lundi après-midi, le directeur général du PCC, Wayne Benson, a toutefois assuré que la vérification finale a été basée sur les exigences énoncées dans les règles, et non sur les convictions politiques d'un candidat potentiel.

Quatre débats ce mois-ci

Les aspirants chefs dont la candidature a été certifiée devront obligatoirement participer aux débats officiels du parti, qui auront lieu le 11 mai à Edmonton (en anglais) et le 25 mai à Montréal (en français). Une troisième joute pourrait aussi s'ajouter ultérieurement.

Entre-temps, un premier débat, non officiel celui-là, aura lieu jeudi en présence de tous les candidats, sauf Patrick Brown, qui mène une campagne à l'abri des caméras auprès des communautés culturelles. Ledit débat est organisé par le réseau Canada Strong & Free (l'ancien Manning Center). Il se tiendra en anglais, à Ottawa.

Un quatrième débat, en anglais également, est organisé par l'Independent Press Gallery of Canada le 30 mai à Toronto, mais pour l'instant, seuls Jean Charest, Leslyn Lewis et Roman Baber auraient promis d'y participer.

Poilievre premier au chapitre du financement

Selon des données accessibles sur le site web d'Élections Canada, c'est Pierre Poilievre qui, au 31 mars dernier, avait récolté le plus de dons, soit 545 298 $, devant Jean Charest (490 088 $), Leslyn Lewis (225 571 $), Patrick Brown (115 775 $), Scott Aitchison (90 945 $) et Roman Baber (53 987 $).

Même si plusieurs observateurs semblent croire que le député de Carleton pourrait être élu facilement le 10 septembre, chaque candidat peut avoir une incidence sur l'issue de la course, puisque les règles de celles-ci prévoient un mode de scrutin préférentiel, qui débouche souvent sur une élection à plusieurs tours.

Or, un tel système a tendance à avantager les candidats « de consensus ». Il a d'ailleurs mené à la défaite des « meneurs » lors des deux dernières courses à la chefferie du PCC, soit Maxime Bernier, en 2017, et Peter MacKay, en 2020.

Avec les informations de Christian Noël et de John Paul Tasker (CBC)

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