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Les usines Stellantis de Windsor et de Brampton produiront des véhicules électriques

Une ouvrière participe à l'assemblage d'une automobile.

Les chaînes de montage des deux usines seront remodelées pour produire les prochaines séries de véhicules électriques du groupe Stellantis. (Archives)

Photo : Associated Press / Carlos Osorio

Les usines de Stellantis de Brampton et de Windsor feront l’objet d’une refonte de leurs chaînes de production vers l’assemblage de véhicules électriques.

Un investissement tripartite d’une valeur de 3,6 milliards de dollars signé par le géant de l’automobile (anciennement Fiat Chrysler) et les gouvernements fédéral et provincial a été annoncé lundi en présence des premiers ministres du Canada, Justin Trudeau, et de l’Ontario, Doug Ford.

Ce remodelage permettra à Stellantis de mettre plus de 25 véhicules sur le marché en Amérique du Nord qui représenteront 53 % de nos ventes pour les véhicules électriques d'ici 2030, a déclaré le directeur de l’exploitation nord-américaine de la compagnie, Mark Stewart.

Ce dernier a par ailleurs assuré le retour des trois quarts de travail par jour dans les deux usines concernées, après plusieurs années de réduction des plages horaires et de mises à pied de personnel.

Plusieurs grands constructeurs automobiles au Canada (Stellantis, General Motors, Ford, Honda) disposent donc des fonds pour amorcer leur virage vers les automobiles nouvelle génération, tandis que la première usine de production de batteries électriques au Canada va être construite.

L’engagement fédéral pour la modernisation des usines Stellantis est de 529 millions de dollars; celui de l’Ontario à hauteur de 513 millions.

Nous faisons de ces usines des leaders mondiaux, a déclaré M. Trudeau, qui a mis l'accent sur l’importance du secteur automobile pour l’économie du pays lors de l'annonce à Windsor.

MM. Trudeau et Champagne devant une voiture.

Justin Trudeau et le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne, ont visité le Centre de recherche et développement de Stellantis à Windsor lundi.

Photo : La Presse canadienne / Geoff Robins

C'est merveilleux, nous sommes ravis de ce qui va se passer dans l'usine, s’est enthousiasmé le président de la section locale 444 du syndicat Unifor. Si vous voulez bien construire, vous voulez construire au Canada.

Les récents investissements pour produire des véhicules électriques sont décisifs pour la vitalité économique du secteur automobile canadien par rapport à la concurrence mondiale, a estimé le professeur de stratégie Yan Cimon lors d'une entrevue avec Radio-Canada.

« C’est essentiel, parce que le positionnement, il est en ce moment. Les grandes chaînes d'approvisionnement, les grandes chaînes de valeur à l'international sont déjà en train de se bâtir. »

— Une citation de  Yan Cimon, professeur de stratégie à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval

Par ailleurs, si l’Ontario arrive à marquer son positionnement dans ce type de chaînes là, c’est garant d’emplois qui seront beaucoup plus durables dans l’industrie, a-t-il poursuivi.

Une annonce bénéfique pour Doug Ford?

L'Ontario a tout ce dont il a besoin pour redevenir le moteur de la fabrication automobile en Amérique du Nord, a commenté le premier ministre Doug Ford lors de l'annonce. Là où d'autres gouvernements sont restés les bras croisés et ont vu des emplois fuir cette province, nous le faisons et nous veillons à ce que les voitures du futur soient fabriquées en Ontario par des travailleurs ontariens.

Cette pique à destination des gouvernements passés survient à la veille du lancement de la campagne électorale en Ontario.

Doug Ford tire la langue.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford

Photo : CBC/Evan Mitsui / Evan Mitsui

Pour la politologue Stéphanie Chouinard, l'annonce du jour est, par son ampleur, susceptible de faire sourciller les candidats qui tentent de succéder à Doug Ford, lui-même en course pour un deuxième mandat.

Selon elle, un tel investissement empiète sur une règle non écrite, une courtoisie, nommée convention de transition.

« Habituellement, à la veille du déclenchement d'une élection ou en plein milieu d'une campagne électorale, les gouvernements vont s'abstenir de signer des grosses ententes, de faire des changements importants, pour ne pas finalement lier les mains d'un éventuel gouvernement, qui pourrait être un gouvernement d'une autre couleur. »

— Une citation de  Stéphanie Chouinard, professeure de sciences politiques au Collège militaire royal de Kingston

En général lors d’un moment électoral, on va mettre les gros morceaux sur la glace et on va simplement faire la gestion au jour le jour, a-t-elle résumé.

Mais l’urgence de la transition vers les véhicules électriques dépasse le contexte électoral, a poursuivi Mme Chouinard.

C’est tellement important pour la transition énergétique pour garder des emplois au Canada au regard du protectionnisme américain de M. Biden, au regard de certaines incertitudes qui ont été suscitées à l’égard de l’automobile américain avec le convoi de la liberté, qui a bloqué le pont à Windsor.

Avec les informations de Philippe de Montigny

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