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Une usine de transformation de homard réduit son impact sur l’environnement

Scott Weare tient une chaussette de filet rempli de débris.

Scott Weare dit que les chaussettes de filet ont permis de ramasser beaucoup de débris seulement après deux semaines.

Photo : Radio-Canada / Robert Short

Radio-Canada

Angela Riley est la fondatrice de Scotian Shores, une entreprise dédiée au nettoyage des rivages de la province. Elle passe la plupart de ses journées à ramasser de la corde, du ver et de milliers de petits élastiques sur les plages de la Nouvelle-Écosse.

« Il semble que tous les rivages de la Nouvelle-Écosse ont tendance à avoir ces bandes élastiques de homards. »

— Une citation de  Angela Riley, fondatrice de l'organisme environemental Scotian Shores

Il y a deux mois, elle a découvert une grande concentration de ces bandes pour retenir les princes de homard sur la plage près des tuyaux de décharge de l’usine de transformation de homard Atlantic ChiCan Seafood Ltd, sur l'île du cap de Sable.

Une jeune femme près d'une étendue d'eau.

Angela Riley compte maintenant des centaines de bénévoles dans son équipe de Scotian Shores qui nettoient quotidiennement les plages de la province.

Photo : Radio-Canada / Robert Guertin

Elle a appelé l'entreprise qui a été réceptive à ses préoccupations.

Depuis, une équipe a mis en place des moyens de contrôler les déchets rejetés par l'usine.

L'équipe a installé des écrans sur les drains de l'usine, et a fixé des manchons de tuyaux faits maison aux neuf tuyaux de décharge qui se jettent dans l'océan.

20 $ par chaussette et 20 minutes pour faire

Scott Weare, le responsable de la maintenance de l'usine, a cousu et installé les chaussons à partir d'un filet d'appât et les a fixés aux tuyaux avec des pinces métalliques.

Un homme tient un bout de filet attaché à l'extrémité d'un tuyau.

Scott Weare tient un prototype de chaussettes de tuyau qu'il a fabriqué.

Photo : Radio-Canada / Robert Short

À son avis, les chaussettes de pipe commerciales peuvent être chères, mais sa conception coûte 20 $ par chaussette et prend 20 minutes à fabriquer.

L'entreprise espère devenir un chef de file dans l'industrie et inspirer les autres à utiliser les mêmes méthodes.

J'espère que nous pourrons aider d'autres personnes, transmettre notre connaissance de ce que nous avons inventé à d'autres.

Depuis l’installation il y a deux semaines, les chaussettes de filets ont ramassé une quantité importante de déchets qui auraient échappé aux grilles à l'intérieur de l'usine.

Angela Riley ne blâme pas toutes les usines, mais elle a vu de multiples cas de bandes et de plastique provenant de tuyaux de décharge sur la rive sud et dans la baie de Fundy, où la transformation du homard est courante.

Je pense que parfois, ce qui se passe, c'est qu'une usine se dit c'est très peu de déchets, dit Angela Riley.

Mais ensuite, quand vous allez dans la baie de Fundy et que vous voyez la quantité qui s'y trouve, c'est vraiment un effort combiné de pollution.

Réponse du gouvernement

Dans une déclaration envoyée par courriel, Tracy Barron, porte-parole du ministère, dit que les bandes de homards sont considérées comme des déchets d'un point de vue provincial.

Nous avons récemment reçu une plainte concernant des bandes de homard, écrit-il. Le ministère a fourni à l'établissement du matériel pédagogique et a contacté l'agence fédérale responsable de la réglementation de ces établissements, l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

L'Agence canadienne d'inspection des aliments dit avoir inspecté toutes les usines de homard en Nouvelle-Écosse au cours des cinq dernières années, mais que l'inspection de la libération des déchets ne relève pas de son mandat.

Quatre tuyaux qui se vident sur le rivage.

Les tuyaux de décharge sans chaussettes de filet peuvent laisser passer des élastiques de pinces à homard.

Photo : Gracieuseté : Scotia Shores

Le porte-parole du ministère des Pêches et de l'Aquaculture, Bruce Nunn, écrit qu'une disposition spécifique existe dans les règlements provinciaux sur l'inspection du poisson qui réglementent les installations de transformation.

Ces règlements exigent que la zone et la plage entourant et sous le contrôle d'un établissement soient maintenues propres.

Mais, il ne précise pas si le ministère va exiger des chaussettes sur les tuyaux de décharge.

Problèmes en usine

Mary Blades, superviseure du contrôle de la qualité chez Atlantic ChiCan Seafood explique que les bagues ne sont pas censées se détacher des homards dans l'usine de transformation, mais elles le font souvent.

Des travailleurs dans une usine décortiquent des homards cuits

Le processus en usine fait en sorte que certains élastiques se détachent des pinces et se retrouvent au fond des drains.

Photo : CBC

Nous stockons les homards dans le réservoir avec des bandes dessus et parfois, quand ils sortent, ils n'ont pas de bandes, dit-elle.

Les bandes se retrouvent ensuite au fond des réservoirs, qui sont périodiquement nettoyés et évacués dans l'océan, ou sur le sol de l'usine, qui est arrosé dans les égouts en fin de journée.

Répercussions de cette pollution

Tony Walker, professeur à l'École des ressources et des études environnementales de Dalhousie s’inquiète de ce plastique expulsé par les usines de transformation.

Tout ce qui est créé par l'homme qui se retrouve dans l'environnement est préoccupant, dit-il.

Il ajoute que même si certains fabricants disent que leurs élastiques sont biodégradables, il ne faut pas qu'ils se retrouvent dans la nature parce qu'ils peuvent mettre jusqu'à 15 ans à se décomposer.

Tony Walker debout devant un quai.

Tony Walker dit que le caoutchouc qui se déverse dans l'océan pourrait poser un risque écologique important pour les organismes marins.

Photo : Radio-Canada / Robert Guertin

L'élastique lui-même pourrait être ingéré par la faune marine ou les oiseaux de mer, ce qui empêcherait l'ingestion de nourriture, de sorte que les organismes pourraient encore mourir, explique Tony Walker.

Ou si les bandes continuent à se dégrader, elles peuvent former de petites particules comme des microplastiques ou des microparticules de caoutchouc.

Scott Weare dit qu’il y a plus de 15 usines de transformation sur sur l'île du cap de Sable seulement, et il a l’intention de fournir les chaussettes à toutes les usines intéressées.

Ma femme, moi et ma famille aimons nous promener sur la plage. Et, vous savez, nous ne voulons pas voir d'élastiques, d'étiquettes et tout le reste. Nous voulons être fiers de nos plages, dit-il. Je ferai volontiers les chaussettes si les gars veulent les mettre.

Avec les informations de Nicolas Segin de CBC

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