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Marioupol vit dans l’espoir de nouvelles évacuations

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Des civils évacués de l'usine d'Azovstal, à Marioupol, jettent un coup d'œil à l'extérieur depuis un autocar qui les a transportés jusqu'à Bezimenne, dans la région de Donetsk.

Photo : Reuters / ALEXANDER ERMOCHENKO

Radio-Canada

Des résidents de Marioupol, essentiellement sous contrôle de l’armée russe, espèrent être évacués à leur tour de leur ville en ruines, lundi, comme l’ont été des dizaines de leurs compatriotes en fin de semaine.

L’espoir s’amenuise cependant à mesure que le temps s’écoule. Des autobus attendus à 7 h, heure locale (minuit, HNE), n'étaient toujours pas arrivés au point de rencontre convenu à 13 h, a fait savoir la mairie de Marioupol sur son compte Telegram, sans donner plus de détails.

Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a néanmoins assuré plus tard que les opérations étaient en cours, sans autre détail.

Les civils qui comptent quitter Marioupol lundi ne sont pas ceux qui sont toujours retranchés dans les galeries souterraines du gigantesque complexe métallurgique Azovstal, en compagnie des derniers combattants ukrainiens.

Plus d’une centaine de personnes qui s’y trouvaient ont été évacuées en fin de semaine, selon les autorités ukrainiennes, mais elles ne sont toujours pas arrivées à Zaporijia, ville contrôlée par l’Ukraine à 250 km au nord-ouest de Marioupol.

Selon l'armée russe, 57 personnes sont parties vers le nord, vers des territoires occupés par les Russes, et 69 vers des territoires contrôlés par les Ukrainiens.

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Des membres du régiment Azov, qui font partie des derniers défenseurs de Marioupol, escortent des civils évacués du complexe d'Azovstal, dimanche.

Photo : Reuters / DAVID ARAKHAMIA/AZOV HANDOUT

Cette évacuation, qui ne concerne pas les combattants armés, a été menée grâce à un accord entre Kiev et Moscou, en collaboration avec le Comité international de la Croix-Rouge et les Nations unies.

La possibilité que cette opération de secours se poursuive lundi semble mince, les autorités ukrainiennes ayant annoncé que les bombardements russes sur le complexe avaient repris dès la fin des évacuations.

Notre     dossier Guerre en Ukraine

À Zaporijia, deux 4x4 blindés du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) les attendent pour leur venir en aide dans un stationnement transformé en centre d’accueil pour les réfugiés.

De nombreux journalistes qui souhaitent les entendre témoigner de leurs conditions de vie dans les bunkers d’Azovstal sont également présents.

Le maire adjoint de la ville, Sergueï Orlov, a cependant déclaré à la BBC que le convoi des personnes évacuées ne progressait que lentement, et qu'il n'arriverait probablement pas à Zaporijia lundi. Il n'a pas expliqué les raisons de ce retard.

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À Zaporijia, les évacués du complexe d'Azovstal sont attendus dans un stationnement transformé en centre d'enregistrement et de tri par les autorités ukrainiennes.

Photo : Getty Images / AFP/ED JONES

L’agence Reuters en a cependant rencontré dimanche à Bezimenne, un village situé à une trentaine de kilomètres à l’est de Marioupol, dans le territoire de la république prorusse autoproclamée de Donetsk.

L’une d’elles, Natalia Ousmanova, a raconté les affres de la vie dans les bunkers du complexe métallurgique, et la terreur instillée par les bombardements de l’armée russe.

Quand le bunker s'est mis à trembler, j'étais hystérique, mon mari peut en témoigner. J'avais terriblement peur que le bunker s'effondre, a raconté la femme de 37 ans.

Vous n'imaginez pas ce que nous avons traversé : la terreur. J'ai vécu et travaillé toute ma vie là-bas. Ce que nous avons vu est juste terrible.

Selon les autorités ukrainiennes, quelque 100 000 civils sont toujours coincés à Marioupol, dont des centaines qui vivent terrés à Azovstal.

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De nombreuses pénuries d'essence sont signalées depuis quelques jours en Ukraine, et les automobilistes doivent se résigner à faire la file devant des stations qui rationnent néanmoins le carburant, comme ici, à Kiev. Plusieurs dépôts de carburant ukrainiens ont été attaqués par la Russie ces dernières semaines.

Photo : Getty Images / AFP/SERGEI SUPINSKY

L'armée russe ne progresse que lentement

L'Ukraine est confrontée lundi dans l'est de son territoire à une lente progression des forces russes, plus nombreuses et mieux équipées en armements lourds.

L'armée russe grignote du terrain en cherchant à prendre en étau son adversaire depuis le nord et le sud, afin de compléter son emprise sur le bassin minier du Donbass.

Les forces russes ont continué de mener des assauts infructueux au sol, le long de la ligne de front Donetsk-Louhansk, et n'ont pas enregistré de gains territoriaux substantiels le 1er mai, affirme l'Institute for the Study of War.

Les forces ukrainiennes ont mené une frappe à l'artillerie sur un poste de commande russe à Izioum, au sud-est de Kharkiv, le 30 avril, ajoute l'institut de recherche basé à Washington aux États-Unis.

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Deux femmes sont assises sur des chaises devant la tombe d'un proche, dimanche, à Lviv. Une tradition ukrainienne veut que les familles visitent leurs défunts la fin de semaine suivant la Pâque orthodoxe.

Photo : Getty Images / Leon Neal

Les Russes poursuivent de leur côté des avancées marginales vers la ville de Lyman, dans la région de Donetsk, mais sont bloqués par leurs adversaires sur la ligne de front d'avant le 24 février, date du début de l'invasion russe en Ukraine.

Selon le ministère britannique de la Défense, Moscou a engagé dans la guerre 120 bataillons tactiques en Ukraine, soit 65 % de sa capacité totale au sol. Un quart de ces bataillons seraient aujourd'hui inaptes au combat.

L'armée ukrainienne a par ailleurs affirmé lundi avoir détruit deux patrouilleurs russes de classe Raptor près de l'île aux Serpents, en mer Noire, devenue symbole de la résistance ukrainienne depuis le début de l'invasion.

Bayraktar fonctionne, a affirmé le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Valeri Zaloujny, dans un message Facebook, en référence aux drones de combats turcs que possède l'armée ukrainienne.

Le message du commandant Zaloujny était accompagné d’une vidéo où l’on aperçoit deux bateaux touchés par deux missiles distincts.

Moscou n'a pas confirmé l'attaque sur ses patrouilleurs Raptor, qui font partie des navettes les plus rapides de la marine russe, pouvant atteindre près de 90 km/h à pleine vitesse.

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À Lviv, des bénévoles continuent d'offrir des vêtements à leurs compatriotes venus de partout en Ukraine pour trouver du répit dans l'ouest du pays, voire se réfugier dans un pays voisin.

Photo : Getty Images / Leon Neal

Le conseil municipal d'Odessa rapporte pour sa part sur Telegram qu'un missile s'est abattu lundi soir sur un immeuble abritant cinq personnes. Un garçon de 15 ans est mort, un autre enfant mineur a été transporté à l'hôpital, a-t-il annoncé sur Telegram, sans donner plus de détails sur les trois autres personnes présentes.

Plus de 3000 civils morts en Ukraine

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, 3153 civils ont été tués en Ukraine depuis le début de l'invasion russe, le 24 février. Il s'agit d'une hausse de 254 décès depuis vendredi. La plupart des victimes ont été tuées par des armes explosives ayant une large zone d'impact, comme des frappes de missiles et des frappes aériennes. L'agence onusienne réitère cependant que le bilan réel de la guerre est certainement plus élevé.

Nouvelles explosions en Russie

Deux nouvelles explosions ont retenti tôt lundi à Belgorod, une région russe frontalière de l'Ukraine, où de précédentes attaques ont été imputées à Kiev par Moscou.

Le plus haut responsable de la région, le gouverneur Viatcheslav Gladkov, a affirmé que les explosions n'ont fait aucun dégât ni engendré de menace pour la sécurité.

Le gouverneur Gladkov a d'ailleurs dit vouloir dissiper les appréhensions des habitants de la région selon lesquelles quelqu'un ou quelque chose se serait envolé depuis le territoire de l'Ukraine.

Ce n'est pas le cas. Notre aviation militaire effectuait des missions de combat dans le cadre de l'opération militaire spéciale, a-t-il plaidé, en utilisant le terme officiel imposé par le Kremlin.

Le fait qu'il ait ressenti le besoin de rassurer les habitants suggère un certain degré de nervosité au sein de la population face à ces attaques, dont l'Ukraine n'a jamais directement assumé la responsabilité.

En fin de semaine, un conseiller du président Zelensky, Oleksei Arestovych, a expliqué que l'Ukraine avait adopté une politique d'ambiguïté stratégique face à ces événements.

Nous ne confirmons pas, nous ne démentons pas, a-t-il résumé en une formule.

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À Lviv, des travailleurs s'affairent à construire un « village de conteneurs » pour des Ukrainiens déplacés par la guerre.

Photo : Getty Images / Leon Neal

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a pour sa part démenti des informations selon lesquelles le Kremlin souhaite terminer la guerre en Ukraine le 9 mai.

Cette journée, célébrée comme le jour de la Victoire de l'Union soviétique et de ses alliés contre l'Allemagne nazie, donne toujours lieu à un grand déploiement patriotique par la Russie.

Nos militaires n'ajusteront pas artificiellement leurs actions à une date quelconque, y compris le jour de la Victoire, a toutefois soutenu Sergueï Lavrov dans un entretien diffusé dimanche.

M. Lavrov a avancé par la même occasion qu'Hitler avait du sang juif, dans une réplique au président Zelensky, qui conteste l'objectif de dénazification de l'Ukraine avancé par le Kremlin pour justifier la guerre en rappelant notamment qu'il est lui-même juif.

Le ministre des Affaires étrangères israélien Yaïr Lapid a fustigé lundi les propos de M. Lavrov et a convoqué l'ambassadeur russe pour obtenir des clarifications.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et New York Times

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