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Peu d’espoir pour les demandes de réfugiés au Canada, selon un avocat de Saskatoon

Une famille marche dans la rue en hiver avec une valise.

En mars, CBC a dévoilé que l’arriéré d’Ottawa en matière de demandes d’immigration avait atteint près de deux millions de dossiers. (archives)

Photo : getty images/istockphoto / OLGA RYAZANTSEVA

Radio-Canada

Selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), 110 661 demandes d'établissement d'un réfugié sont en attente de traitement, dont 36 681 prises en charge par le gouvernement et 71 980 réfugiés parrainés par le secteur privé.

Une famille afghane séparée depuis deux décennies

Sultan Ali Sadat, de la Saskatoon Open Door Society, sourit à la caméra dans un parc, en pleine journée.

Originaire d'Afghanistan, Sultan Ali Sadat s'inquiète pour sa famille alors que les demandes répétées en matière d'immigration rencontrent des problèmes.

Photo : Radio-Canada / Omayra Issa

Vivant à Saskatoon, Sultan Ali Sadat essaie d’amener ses parents au Canada depuis 19 ans maintenant. Ceux-ci ont fui l'Afghanistan dans les années 90, se réfugiant au Pakistan. 

En 2015, Sultan Ali Sadat et ses frères ont soumis une demande de réfugiés pour leurs parents, et le dossier n’est toujours pas traité. Ils ont contacté des députés à ce sujet.

Lorsqu’une faible lueur d’espoir se manifeste, les parents vendent toutes leurs possessions afin de se préparer pour un départ vers le Canada.

Et à chaque incident bureaucratique (une demande de visa égarée par une agence fédérale, une réponse maladroite à une seule question, des examens médicaux qui expirent), ils doivent tout racheter en attendant la suite.

Au mois d’août, en 2021, l’espoir était tel que les frères ont loué une maison au Québec, vide et inhabitée depuis, en période d’inflation.

« Je n’arrive pas à établir de communication avec l’IRCC. Le système est brisé. »

— Une citation de  Sultan Ali Sadat, résident de Saskatoon

Les craintes des communautés LGBT

Gros plan sur des doigts en V avec à l'arrière le drapeau LGBT

Des membres de la communauté LGBT faisant face à des persécutions systématiques cherchent refuge au Canada.

Photo : The Canadian Press / Mark Blinch

Selon le site web d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, le traitement des demandes de réfugiés provenant du Liban peut prendre jusqu’à 46 mois. 

À 37 ans, Nour a fui la Syrie avec sa partenaire afin de rejoindre le Liban. Mais sa partenaire a dû retourner chez elle, incapable de trouver des traitements adéquats pour son diabète au pays de Cèdre. 

Nour a soumis sa demande auprès du gouvernement fédéral le 25 mai 2020. À l’époque, le temps d’attente prévu était de deux ans.

Elle craint pour sa sécurité alors qu’un cousin s’est établi dans son immeuble afin de la surveiller. Ouvertement LGBT, elle ne peut pas facilement trouver de nouvel appartement à louer.

« Je pleure si souvent. J’ai envie de hurler. »

— Une citation de  Nour, réfugiée LGBT

Alors que l’arriéré continue de grandir, il faut de plus en plus que la vie des demandeurs soit en danger immédiat, explique la présidente du conseil d’administration de Capital Rainbow Refuge, Lisa Hébert. 

C’est le cas pour Michel, qui a été relogé au Kenya grâce au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, alors que sa demande est en processus de traitement.

Le processus a connu du progrès récemment, après les attaques répétées à l’endroit de Michel et son partenaire, qui subissent les violences des réfugiés et des policiers du camp de Kakuma. 

Il a pris contact avec un groupe de parrainage de réfugiés, le Rainbow New Beginnings, qui a soumis une demande en son nom en décembre 2020. 

Selon un membre de l’organisation, les réfugiés ne peuvent pas se fier à la police de Nairobi. Les policiers sont des persécuteurs qui encouragent les crimes de haine contre la communauté LGBT, explique-t-il.

Je veux juste m’établir au Canada, devenir fonctionnaire, et me marier avec mon amoureux, qui lui veut devenir plombier, explique Michel.

Pas de lumière au bout du tunnel

L’avocat spécialisé en droit de l'immigration et des réfugiés basé à Saskatoon, Omer Khayyam

L’avocat spécialisé en droit de l'immigration et des réfugiés basé à Saskatoon, Omer Khayyam

Photo : Fournie par Omer Khayyam

En mars, CBC a dévoilé que l’arriéré d’Ottawa en matière de demandes d’immigration avait atteint près de deux millions de dossiers. Par courriel, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a confirmé l’ampleur des retards, ajoutant que les progrès technologiques permettront d’accélérer le processus. 

Grâce au soutien de 85 millions de dollars de la Mise à jour économique et budgétaire de 2021, nous poursuivons nos efforts afin de réduire les retards accumulés pendant la pandémie, a affirmé l’agence par voie de communiqué. 

Selon l’avocat spécialisé en droit de l'immigration et des réfugiés basé à Saskatoon, Omer Khayyam, l’agence fédérale utilise la pandémie comme excuse afin de justifier son arriéré. 

Les réfugiés souffrent. L’arriéré continue de croître, alors que le système est frappé par l’iniquité. Il n’y a pas beaucoup de lumière au bout du tunnel.

Avec les informations de Pratyush Dayal

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