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Des intervenants demandent d’élargir la portée d’un congé proposé pour perte de grossesse

Les députés néo-démocrates Janis Irwin (à gauche) et Rakhi Pancholi (à droite), lors d'une mêlée de presse dans les couloirs de l'Assemblée législative de l'Alberta, en avril 2022.

Les députés néo-démocrates Janis Irwin (à gauche) et Rakhi Pancholi (à droite) soutiennent que le Nouveau Parti démocratique proposera des amendements au projet de loi 17.

Photo : Radio-Canada / Jamie McCannel

Radio-Canada

Des députés d’opposition et un groupe de soutien aux personnes affectées par une perte de grossesse de Calgary tente de convaincre le gouvernement de l’Alberta d’amender un projet de loi qui offre notamment un congé sans solde aux travailleurs qui perdent un membre de leur famille afin d’inclure toutes les personnes qui subissent une perte de grossesse.

Le projet de loi 17, qui vise à modifier les normes du travail de la province en matière de deuil, obligera les employeurs à accorder un congé sans solde d’un maximum de trois jours sans pénalité une fois par année à un employé en deuil d’un membre de sa famille qui en fait la demande.

Les modifications apportées aux normes du travail s’appliqueront notamment aux parents lors d’une fausse couche ou lors de l’accouchement d’un enfant mort-né. Le congé est aussi ouvert à ceux qui auraient été les parents adoptifs ou de remplacement.

La fondatrice et présidente du Pregnancy & Infant Loss Support Centre de Calgary, Aditi Loveridge, croit toutefois que cette définition est trop restrictive. Elle demande ainsi au gouvernement de modifier les termes utilisés pour les remplacer par perte de grossesse.

Portrait officiel d'Aditi Loveridge obtenu en avril 2022.

La fondatrice et présidente du Pregnancy & Infant Loss Support Centre de Calgary, Aditi Loveridge, croit que le congé devrait être payé, être ouvert à tous les parents qui perdent une grossesse et s'étendre à trois semaines, plutôt que trois jours.

Photo : Fournie par le Pregnancy & Infant Loss Support Centre

Les fausses couches, les cas d’enfants mort-né, les avortements ou les arrêts de grossesse pour des raisons médicales méritent tous d’être couverts par la loi, [comme] toutes les perte de grossesse, explique-t-elle.

Si je vais voir mon employeur pour lui dire que j’ai le cancer, il n’a pas le droit de me demander de quel type de cancer il s’agit. Je pense donc que cette loi [qui touche les pertes de grossesse] devrait exiger le même respect.

Elle voudrait également que le congé offert soit plus long que trois jours. Elle affirme que ces trois jours ne sont pas suffisants pour se rétablir des effets psychologiques et physiologiques d’une perte de grossesse.

Elle croit qu’un congé de trois semaines serait plus réaliste pour permettre aux parents touchés de se rétablir.

L’opposition veut un projet de loi amendé

Le ministre du Travail et de l’Immigration et responsable du projet de loi, Kaycee Madu, soutient que rien n’empêche de demander le congé prévu par ce projet de loi en cas d’avortement, notamment.

Kaycee Madu répond à une question à un podium.

Le ministre du Travail et de l'Immigration de l'Alberta, Kaycee Madu, a présenté le projet de loi 17 à l'Assemblée législative. (Archives)

Photo : Peter Evans

Malgré cette assurance du ministre, la porte-parole de l’opposition officielle pour les questions touchant les femmes et les personnes LGBTQ2+, la néo-démocrate Janis Irwin, veut que la loi utilise un vocabulaire plus spécifique.

À l’heure actuelle, le projet de loi ne parle que de fausse couche et d’enfant mort-né, explique-t-elle. Nous voulons que la définition de perte de grossesse soit élargie afin d’inclure les interruptions pour des raisons médicales et le avortements.

Le Nouveau Parti démocratique compte proposer des amendements au projet de loi no 17 lors des débats en comité parlementaire.

Dans un courriel, l’attaché de presse du ministre Madu, Roy Dallmann, soutient que tous les amendements proposés seront considérés.

Le congé sans solde est une barrière, selon certains

Dans son état actuel, le projet de loi 17 fait également sourciller la député néo-démocrate d’Edmonton Whitemud, Rakhi Pancholi.

Celle qui a perdu deux grosses avant d’avoir son premier enfant se dit privilégiée d’avoir eu droit à une semaine de congé de maladie payé après sa deuxième fausse couche.

Elle croit toutefois que d’autres femmes, notamment celles qui travaillent au salaire minimum, n’ont pas cette chance.

Je ne sais pas si elles seront à l’aise avec l’idée d’aller voir leur employeur pour lui demander des jours de congé sans solde, note-t-elle. Ça pourrait faire la différence entre mettre de la nourriture sur la table et jeûner.

Malgré tout, le NPD pense qu’il est plus important d’assurer aux parents en deuil qu’ils peuvent conserver leur emploi que d’exiger que le congé soit payé.

Aditi Loveridge croit aussi que le congé lié au deuil devrait être payé et qu’il devrait être offert pour chaque perte, plutôt qu’une fois par année.

Avec les informations de Michelle Bellefontaine

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