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Des avis de grève pourraient retarder la construction de logements en Ontario

Plusieurs corps de métiers de la construction pourraient entrer en grève lundi alors que leurs conventions collectives expirent ce week-end.

Des ouvriers sur un édifice en construction, avec une grue en arrière-plan.

Les travailleurs de la construction pourraient entrer en grève dès lundi en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Olivier Bernatchez

Radio-Canada

Une vague de grèves pourrait retarder la construction de logements résidentiels dans la province dès la semaine prochaine, avertit le Conseil de la construction résidentielle de l’Ontario (RESCON). L’organisation dit avoir informé ses membres qu’elle s’attend à un arrêt de travail dans le secteur résidentiel.

Nous espérons que des accords seront conclus au cours de la fin de semaine et que les interruptions de travail pourront être évitées, mais nous ne sommes pas optimistes quant au fait que toutes les conventions collectives en suspens seront résolues, a indiqué Andrew Pariser, le vice-président du RESCON.

Cette possible interruption de travail surviendrait alors que la province, en particulier la région du Grand Toronto, fait face à une crise du logement abordable et à une flambée des prix de l’immobilier en raison d’une offre restreinte et d’une forte demande.

Les conventions collectives des travailleurs syndiqués de la construction durent généralement trois ans. Beaucoup expirent le 30 avril. Andrew Pariser dit que, cette fois, il y a une pression supplémentaire pour conclure des accords en partie en raison des problèmes qui ont été causés par la pandémie.

Il y a l’inflation, mais aussi des problèmes dans la chaîne d’approvisionnement, tandis que la pandémie, elle, continue, dit-il.

Des grues sur un chantier de construction de la rue Dundas Est, à Toronto.

Des grues sur un chantier de construction de la rue Dundas Est, à Toronto

Photo : Radio-Canada / Pascale Bréniel

Grèves multiples

Il existe pas moins de 30 corps de métiers qui travaillent dans la construction résidentielle. Certains d’entre eux ont de nouveaux accords déjà en place, mais d’autres pourraient bien débrayer lundi.

Selon M. Pariser, d’autres métiers de l’industrie de la construction pourraient également entrer en grève, car pour nombre d'entre eux la convention collective expire à la fin du mois. Cela pourrait avoir un impact sur les délais des projets de logement.

La section locale 183 du Syndicat international des ouvriers d’Amérique du Nord (LIUNA), l’un des plus grands syndicats de construction de la province, représente environ 58 000 travailleurs dans le Grand Toronto. En date de jeudi, cette section négociait plus de 15 conventions collectives dans le seul secteur de la construction résidentielle, selon Jason Ottey, directeur des relations gouvernementales et des communications.

Vendredi, la section locale déclarait sur son site web que, même si certaines ententes ont été conclues et d’autres doivent encore passer par l'arbitrage, au moins un corps de métier sera en position de grève légale à compter du 1er mai.

Nous défendons nos membres et travaillons afin d'obtenir la meilleure offre possible pour eux et leurs familles, a déclaré M. Ottey par courriel.

Inflation galopante

Les négociations sont toujours en cours, mais l’enjeu majeur des négociations concerne les salaires, notamment avec la flambée du coût de la vie, explique Robert Whillans, avocat spécialisé en droit du travail dans la construction.

Une chose qui alimente les demandes provenant du côté syndical est une reconnaissance du rôle qu’ils ont joué au cours des deux dernières années pour faire avancer l’industrie de la construction. Ces personnes se sont présentées au travail et ont mis leur santé en danger. Elles pensent que leur rémunération devrait en tenir compte.

Un rapport de décembre du Center for Future Work montre que les salaires dans l’industrie ont largement stagné, bien que la construction soit l’un des rares secteurs qui est resté productif tout au long de la pandémie.

Le rapport a été commandé par le Conseil provincial des métiers du bâtiment et de la construction de l’Ontario. Il montre que la valeur des permis pour les projets résidentiels a augmenté de 19 % en 2020, atteignant un record absolu de plus de 30 milliards de dollars.

Toujours selon le rapport, qui cite des données de Statistique Canada, les salaires dans la construction en Ontario n’ont augmenté que de 1,9 % au cours des cinq dernières années, comparativement à 3,9 % pour l’ensemble de l’économie ontarienne.

Chantier de construction avec un travailleur et un camion à Toronto.

L'ouverture de cet édifice de logements abordables est prévue pour 2019. Le logement est un enjeu électoral dans la campagne municipale de Toronto.

Photo : Radio-Canada / Lyne-Françoise Pelletier

Un autre facteur dans les négociations pourrait d’ailleurs être la pénurie de travailleurs dans la construction, explique Me Whillans. Or, en ce moment, il y a de très grands projets en cours. Il faudra de la main-d'œuvre qualifiée pour les mener à bien.

Tarion, une agence de protection des consommateurs pour les propriétaires ontariens, a refusé de commenter la possibilité de grèves. Toutefois, sur son site web, l’agence indique que les grèves peuvent affecter un nouveau propriétaire de deux manières : en retardant la construction initiale et la livraison de sa maison, mais aussi en retardant des travaux et des réparations une fois la prise de possession réalisée.

L’organisation à but non lucratif affirme cependant qu’avec plus de 50 000 nouvelles maisons construites dans la province chaque année, un grand nombre d'entre elles ne seront pas touchées par les grèves.

M. Pariser dit que, dans certaines parties du Grand Toronto, la Loi sur les relations de travail de l’Ontario permet aux grèves de la construction résidentielle de durer environ six semaines avant qu'on puisse imposer un retour au travail et soumettre tout différend en suspens à un arbitrage exécutoire. Cela signifie que tout arrêt de travail commençant dans les prochains jours pourrait se terminer à la mi-juin.

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