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L’économie canadienne fait bonne figure malgré la guerre en Ukraine

Le pays bénéficie de son rôle de producteur et d’exportateur d’énergie, estime l’économiste en chef du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas.

Vue aérienne d'un complexe pétrochimique.

L'économiste en chef du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas, estime que le Canada bénéficie de son rôle de producteur et d'exportateur d'énergie.

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

Micheline Laflamme

La guerre en Ukraine a freiné la reprise de l’économie mondiale, mais le Canada s’en tire à bon compte, selon l’économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), Pierre-Olivier Gourinchas.

Dans une entrevue accordée à l’émission Les coulisses du pouvoir, M. Gourinchas avance que le Canada bénéficie de sa position de producteur et d’exportateur d’énergie. Pour cette raison, la croissance du pays devrait atteindre les 3,9 %. Pour 2022, nous avons une révision de croissance pour le Canada qui est très modeste, de l'ordre de 0,2 point de pourcentage. En comparaison, le FMI a réduit de 1,1 % les perspectives de croissance de l’économie de l’Union européenne.

Il n’empêche que les consommateurs canadiens, tout particulièrement ceux à faible revenu, sont touchés par le conflit en Ukraine, qui a accentué la hausse des prix de l’essence et des denrées alimentaires.

Le gouvernement fédéral doit maintenant composer avec une nouvelle réalité, constate le représentant du FMI.

« Il faut arriver à naviguer avec cette espèce de tension entre, d'un côté, le retrait des mesures de soutien très généreuses et massives qui ont été instaurées [pendant la pandémie] et, de l'autre côté, la mise en œuvre de mesures de soutien ciblées sur les produits alimentaires et sur le prix de l'énergie pour protéger les ménages les plus vulnérables. »

— Une citation de  Pierre-Olivier Gourinchas, économiste en chef du Fonds monétaire international, à propos de la nouvelle réalité de l'inflation

L’économie mondiale a généralement bien rebondi après le choc provoqué par la propagation de la COVID-19. En janvier, le FMI s’attendait à une croissance de 4,4 % en 2022-2023, mais il a revu à la baisse ses prévisions de 0,8 %, à 3,6 %, à cause de la guerre.

Plusieurs nuages pourraient cependant assombrir ce pronostic. Une intensification du conflit en Ukraine avec un accroissement des sanctions contre la Russie en est un. Un variant plus mortel du virus de la COVID-19 pourrait également nuire à l’économie mondiale. Et il y a l’inflation, qui fait des ravages et que les banques centrales cherchent à contrôler.

Portrait de Pierre-Olivier Gourinchas.

Pierre-Olivier Gourinchas est le nouvel économiste en chef du Fonds monétaire international.

Photo : AFP / STEFANI REYNOLDS

Pierre-Olivier Gourinchas ne s’attend pas à ce que l’inflation revienne à un taux annuel de 2 % en 2022. Elle pourrait s’en approcher en 2023 sans en franchir le seuil. Néanmoins, elle ne sera peut-être plus à 8, 9 ou même 10 % comme on risque de le voir dans les mois à venir.

Au Canada, le taux d’inflation a atteint 6,7 % en mars, du jamais vu en plus de trois décennies. Dans la zone euro, la hausse des prix a franchi le cap des 7,5 %, alors qu’elle est passée à 8,5 % aux États-Unis. Le resserrement monétaire par les banques centrales fait craindre une récession dans certains pays.

L’économiste en chef du FMI croit que le risque est réel, mais il note que la reprise économique dans les pays avancés, dont le Canada, a été forte et que le marché du travail reste vigoureux avec des taux de chômage relativement bas. Il y a quand même une marge avant que le resserrement des politiques monétaires nous conduise dans une situation de récession, estime-t-il.

Inquiétudes géopolitiques

À plus long terme, M. Gourinchas s’inquiète d’une fragmentation de l’économie mondiale en blocs géopolitiques. La menace est apparue à la suite de la guerre en Ukraine avec sa kyrielle de sanctions. Le risque n’est pas immédiat, mais il pourrait avoir des conséquences graves et compromettre la lutte contre les changements climatiques ou une autre pandémie, par exemple. « Le monde deviendrait plus petit. Le monde ne serait plus à même de faire face aux problèmes, aux idéaux et aux défis auxquels il est confronté. »

Et pour une organisation qui s’appuie sur le multilatéralisme, un tel scénario irait à l’encontre des principes d’entraide, d’échanges et de partenariat pour lesquels le FMI a été créé à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

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