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Les jeunes et l’écologie : entre angoisses et volonté d’agir

Trois adolescents masqués derrière un comptoir. Devant eux sont posés des caisses en plastique remplies de noix et de fruits séchés.

Tous les mercredis et vendredis matin, des collations zéro déchet sont distribuées aux élèves de l'école Joseph-François-Perrault, à Québec.

Photo : Gracieuseté école Joseph-François-Perrault

Le Sommet jeunesse sur les changements climatiques est de retour, ce samedi, au Centre des congrès de Québec. L’écologie est au cœur des préoccupations des adolescents, conscients que leur futur dépend de celui de notre planète.

Ce sommet organisé par la Fondation Monique-Fitz-Back avait été annulé en 2020, puis proposé sous forme virtuelle l’année dernière. Cette fois, une centaine de jeunes de 12 à 17 ans, venant de partout au Québec, vont se retrouver et parler d’environnement.

Pour participer, chacun s’est inscrit de son plein gré. Pas de présence forcée ou d’obligation scolaire, il s’agit bien d’un engagement personnel.

Ce sont des jeunes qui sont déjà très sensibles à la cause climatique, qui ont soif d’apprendre et surtout de partager ce qu’ils font et de réseauter avec d’autres jeunes qui ont les mêmes valeurs qu’eux, renseigne Émilie Robitaille, coordonnatrice générale à la fondation.

Agir à son niveau

Surconsommation, limitation du plastique à usage unique… les élèves du secondaire en connaissent beaucoup sur ces questions. Et la crise sanitaire n’est pas venue à bout de leurs ambitions.

Pendant la pandémie, beaucoup de projets et d’actions ont été mis sur pause. Maintenant, les jeunes veulent aller plus loin, passer à l’étape supérieure, faire des projets d’envergure.

« Les jeunes veulent avoir un impact réel au sein de leur communauté, sentir qu’ils font partie d’un changement et que le changement a lieu. »

— Une citation de  Émilie Robitaille, coordonnatrice générale à la Fondation Monique-Fitz-Back

À l’école Joseph-François-Perrault, chemin Sainte-Foy à Québec, nombreux sont les adolescents qui sont passés à l’action.

L’écologie occupe une place centrale dans notre établissement et c’est grâce à nos élèves, confie Doreen Perreault, animatrice de vie spirituelle et d’engagement communautaire dans cet établissement.

Madeleine Patenaude, 16 ans, a mis en place la collation 0 déchet. Tous les mercredis et vendredis matin, elle et des camarades distribuent noix, fruits séchés et biscuits en vrac récupérés au magasin La Récolte, dans l’avenue Cartier.

Alors que l’école a déjà une serre hydroponique à l’intérieur de laquelle poussent des fines herbes et des légumes, Flavie Bouchard, 16 ans, et d’autres s’organisent pour doter la cafétéria d’un mur végétal.

Antonin Girard, 14 ans, est l’un de ceux qui s’efforcent d’implanter un système de compostage.

Des élèves assis sur des structures en bois en train d'écouter un professeur qui leur fait classe dehors.

Quand il fait beau, certains cours se font à l'extérieur à l'école Joseph-François-Perrault.

Photo : Gracieuseté école Joseph-François-Perrault

En plus de notre jardin, nous avons aussi aménagé nos espaces extérieurs pour faire classe dehors. Ça devrait d’ailleurs prochainement revenir avec les beaux jours, ajoute Doreen Perreault.

Antonin Girard a hâte. Des études prouvent que dans un milieu naturel, on apprend mieux. Profiter du beau temps, ça rend les élèves heureux.

L'inquiétude des lendemains incertains

Ces jeunes agissent; cela ne les empêche pas de se sentir impuissants parfois.

C’est difficile en tant qu’ado de ne pas avoir de pouvoirs concrets et avec les réseaux sociaux, d’être constamment abreuvés d’informations. Ça nous met dans cette position où on ne peut rien faire, acculés au coin du mur, et en même temps, on sait absolument tout ce qui se passe, soutient Flavie Bouchard.

Colère, frustration, déprime, tristesse… Madeleine, Flavie, Antonin et leurs amis connaissent tous les symptômes de l’écoanxiété. Ils en sont la proie.

Les adultes disent : ''Oh, les jeunes sont toujours en dépression'', mais les jeunes sont toujours en dépression parce qu’on leur met la pression de sauver le futur de toute une espèce. C’est quand même énorme, lâche Antonin Girard.

Souffrir d’écoanxiété quand on se soucie de la préservation de l’environnement est presque inévitable, note Isabelle Béliveau, la fondatrice et directrice générale du collectif Éco-motion.

Lutter contre les changements climatiques nous donne l’impression d’être engagés dans une guerre qu’il faut à tout prix gagner parce qu’il en va de notre survie. C’est comme avoir le poids du monde sur nos épaules.

Aussi inquiets soient-ils, les adultes de demain gardent espoir. La Fondation Monique-Fitz-Back a lancé un sondage, l’automne dernier, auprès des 12 à 18 ans du Québec.

Une femme en entrevue par visioconférence.

Émilie Robitaille est la coordonnatrice générale de la Fondation Monique-Fitz-Back.

Photo : Radio-Canada

On a reçu plus de 1000 réponses et on constate que dans la très grande majorité, les jeunes estiment qu’il est encore temps de lutter contre les changements climatiques, indique Émilie Robitaille.

Le mot de la fin revient à Antonin Girard qui rappelle l’évidence : Ce n’est pas aux jeunes de sauver le monde, c’est à tout le monde de le faire parce que tout le monde pollue. Tout le monde a une responsabilité.

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