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L’industrie aérospatiale se mobilise autour de la décarbonisation et des drones

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Le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, a annoncé une enveloppe de 85 millions de dollars pour soutenir trois initiatives dans l'aérospatiale.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

La Presse canadienne

L'industrie aérospatiale a choisi les thématiques autour desquelles elle se mobilisera pour créer une zone d'innovation dans la grande région de Montréal : la décarbonisation et l'autonomie (les drones et les taxis volants). Le projet ne sera vraisemblablement pas officialisé avant les élections provinciales, toutefois.

L'industrie québécoise devra innover dans ces deux domaines si elle veut demeurer concurrentielle, explique la présidente-directrice générale d'Aéro Montréal, Suzanne Benoit, en marge de l'assemblée annuelle de l'organisme, vendredi.

Elle donne l'exemple d'Airbus qui développe en France un avion fonctionnant à l'hydrogène, dont l'entrée en service est prévue pour 2035.

« Nous, si on ne fait pas ça, on ne sera plus dans la "game", carrément. »

— Une citation de  Suzanne Benoit, présidente-directrice générale d'Aéro Montréal

La décarbonation se décline sur plusieurs autres fronts, précise-t-elle, que ce soit les moteurs moins énergivores, les nouveaux types de carburant ou les structures plus aérodynamiques des avions. Il y a du court terme, du moyen terme et du long terme.

Le potentiel de l'autonomie est tout aussi crucial pour l'industrie, ajoute-t-elle. Le marché éventuel des drones est énorme, souligne-t-elle.

« Le chiffre, c'est hallucinant. Ce sera un marché de 44 millions de dollars américains en 2025. Nous étions à 22 millions en 2020. C'est un marché en pleine ébullition, et on a tout le savoir-faire pour en profiter au Québec. »

— Une citation de  Suzanne Benoit

Pour être admissible au programme de zone d'innovation, l'industrie doit trouver une thématique commune autour de laquelle regrouper les efforts, explique le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, en entrevue.

« Les zones, ça se veut un investissement en infrastructure où les gens, milieux de l'enseignement, entreprises et start-up vont partager un thème en commun. Faut que les compagnies veuillent travailler sur quelque chose "ensemble", sinon ça devient des silos indépendants. »

— Une citation de  Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie

L'industrie aérospatiale fait partie des quatre ou cinq industries considérées comme susceptibles de former une zone d'innovation. Le ministre ne croit toutefois pas que le projet sera assez avancé pour faire une annonce avant l'élection. Il dit avoir bon espoir que le projet se concrétisera.

« Peu importe qui va être au gouvernement, je crois que le concept d'innovation va perdurer. L'aéronautique, je m'attends à avoir ça en 2022 ou au plus tard en 2023. »

— Une citation de  Pierre Fitzgibbon

Le gouvernement a déjà annoncé les deux premières zones d'innovation en février, dans la région de l'Estrie, à Sherbrooke et à Bromont, dans les secteurs de la science quantique et des technologies numériques, respectivement.

Les contours de la zone se dessinent

En attendant, les contours de la zone d'innovation se dessinent. Le ministère nous a demandé des clarifications sur la gouvernance, sur comment on voit la collaboration avec les universités, les montants que les entreprises sont prêtes à contribuer pour des projets de recherche éventuelle, raconte Mme Benoit. Tout ça, c'est attaché, et là, on attend des nouvelles du ministère.

Certains projets liés à la zone d'innovation en aérospatiale ont déjà été ciblés, ajoute Mme Benoit. Des pourparlers ont lieu afin de revamper le Centre de technologies de fabrication en aérospatiale du Conseil national de recherches du Canada (CNRC). Le nouveau centre du CNRC déménagerait dans l'arrondissement de Saint-Laurent, affirme-t-elle.

Il va être dédié à tout ce qui est autonomie, décarbonisation, électrification, cybersécurité. Ça va être comme un point d'ancrage très important. On va profiter de tout le savoir pancanadien. Ils vont être localisés à Montréal, mais on va avoir accès à leurs chercheurs de partout au Canada.

Le « coeur » de la zone d'innovation se trouverait dans l'arrondissement de Saint-Laurent, mais elle aurait également des pôles à Saint-Hubert, à Mirabel et à Alma, précise-t-elle.

De nouvelles aides gouvernementales

Dans un discours prononcé devant l'assemblée, M. Fitzgibbon a annoncé une enveloppe de 85 millions de dollars pour soutenir trois initiatives dans l'aérospatiale.

De cette somme, un montant de 56,5 millions est alloué aux projets collaboratifs de l'aéronef de demain (LPCAD). Cinq projets de recherche et développement ont été sélectionnés pour explorer différentes technologies. En entrevue, le ministre a présenté cette initiative comme un exemple de ce qui pourrait se faire à l'intérieur d'une zone d'innovation, mais à plus grande échelle.

Un montant de 16 millions de dollars a également été accordé au Consortium de recherche et d'innovation en aérospatiale au Québec (CRIAQ) pour réaliser des projets de recherches précompétitives.

L'organisme Aéro Montréal, pour sa part, obtient 12,8 millions pour la phase 2 de l'initiative MACH FAB 4.0, qui vise à accompagner des projets de transformation numérique et à développer une approche de type fournisseur privilégié.

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