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Depuis plusieurs années, la protection des caribous fait débat au Québec

Un caribou mâle dans la neige.

Le caribou est une espèce menacée au Canada.

Photo : shutterstock / saulty72 / saulty72

Radio-Canada

En avril 2022, les Canadiens apprennent que le gouvernement fédéral envisage d'émettre un décret pour protéger l’habitat essentiel des caribous au Québec. Cette mesure inédite, prévue par la Loi sur les espèces en péril du Canada, viserait à éviter le déclin de plus en plus marqué d’une espèce animale emblématique qui vit sur nos terres boréales.

Il y a quelques décennies, le caribou se portait bien…

Nous sommes le 12 juin 1966.

La télévision de Radio-Canada diffuse ce jour-là un épisode de l’émission La chasse et la pêche dans la province de Québec tourné dans la région de la Basse-Côte-Nord du Québec. Serge Deyglun en est le narrateur.

Extrait d'un reportage sur la chasse au caribou sur la Basse-Côte-Nord

Dans cet extrait, l’équipe de tournage constate que la population de caribou est très nombreuse dans cette région.

En 2002, soit 36 ans après la diffusion de ce reportage, Ottawa adopte la Loi sur les espèces en péril et désigne le caribou comme étant une espèce menacée que le gouvernement canadien devrait protéger.

La province de Québec reconnaît le cervidé vulnérable en 2005.

Que s’est-il passé en un peu moins de quatre décennies?

Puis il a amorcé un dangereux déclin…

Le contraste entre 1966 et notre époque est notable.

Les statistiques confirment le déclin généralisé du cheptel de caribous dans la quasi-totalité de ses aires de répartition au Québec.

Dans les années 1990, on recensait 1,3 million de caribous dans la province.

En 2020, cette population a chuté à 200 000 bêtes.

Celles-ci sont concentrées principalement près de la baie d’Ungava, dans le nord du Québec, et dans les monts Torngat, aux frontières du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador.

Les caribous forestiers, qui vivent plus près des zones habitées par les humains, ne seraient plus que 8000 bêtes.

Certaines des hardes de caribous forestiers ont pratiquement disparu.

C’est le cas près de Val-d’Or en Abitibi, dans le Charlevoix et en Gaspésie.

Reportage du journaliste Jacques Rivard sur le projet de loi du gouvernement du Canada sur la protection des espèces menacées.

Déjà dans les années 1990, comme le rappelle ce reportage du journaliste Jacques Rivard présenté au Téléjournal du 28 décembre 1994 et animé par Solveig Miller, le gouvernement canadien songeait à exproprier des portions du territoire québécois pour préserver certaines espèces.

La perspective de la mise en application d’un plan fédéral unilatéral déclenche une bataille de compétence entre les gouvernements du Canada et du Québec.

Ottawa invoque le retard du Québec dans la protection des espèces pour justifier son intervention.

Le ministre de l’Environnement du Québec, Jacques Brassard, reconnaît ce retard.

Mais du même souffle, il affirme que le Québec a les outils pour agir et exhorte poliment les autorités fédérales à « se mêler de ses affaires ».

… que provoque l’activité humaine

« Ces animaux sont devenus pour les écologistes un symbole de la biodiversité qu’il faut protéger. Mais pour d’autres, ils sont un obstacle au développement économique de la région. Et si Québec penche pour l’industrie forestière, la pression monte pour qu’Ottawa intervienne en faveur des caribous. »

— Une citation de  Céline Galipeau, animatrice du Téléjournal, 22 mai 2018

Reportage de la journaliste Emmanuelle Latraverse sur les raisons de la disparition du caribou en Abitibi

Le 22 mai 2018, la journaliste Emmanuelle Latraverse présente un reportage au Téléjournal.

Elle s’est rendue à Val-d’Or pour comprendre les raisons de la quasi-disparition du caribou forestier en Abitibi.

L'extinction du cervidé serait une tragédie, selon les scientifiques consultés par la journaliste.

Le professeur en biologie animale de l’Université du Québec à Rimouski, Martin-Hugues St-Laurent, le compare à « un canari dans la mine ».

Sa disparition appréhendée préfigure le sort d’autres espèces, affirme-t-il, et confirme que la gestion du territoire est inadéquate.

En survolant ce coin de l’Abitibi, la journaliste ne peut qu’en arriver à une conclusion.

C'est un ensemble d’activités humaines qui met en péril le caribou.

Construction de chalets, de camps de chasse et de routes pour les véhicules de loisir, petit à petit, le domaine de l'animal se rétrécit comme une peau de chagrin.

Mais il y a une autre grande responsable.

L’industrie forestière convoite les vieilles forêts où habitent les caribous.

Les politiciens sont souvent sommés de choisir entre les emplois et le respect de la biodiversité.

Le caribou est presque toujours le perdant dans cet arbitrage.

L'animatrice Anne-Marie Dussault interviewe Henri Jacob sur la politique québécoise de protection du caribou.

Le 22 mai 2018, l’animatrice Anne-Marie Dussault de 24/60 présente, en préambule à une entrevue qu’elle effectue avec Henri Jacob, président du groupe Action boréale, un extrait d’un discours du premier ministre du Québec Philippe Couillard.

Le message du chef du gouvernement québécois est le suivant.

Entre la protection des caribous et les emplois, il choisit ces derniers.

Henri Jacob déplore cette attitude et souligne l’absence de volonté de la province pour sauvegarder l’espèce.

En 2019 et en 2021, le gouvernement du Québec a retardé la mise en application d’une stratégie de protection de l’habitat du caribou.

Une possible intervention d'Ottawa dans ce dossier pourrait signifier l’établissement d’une aire de protection de plusieurs milliers de kilomètres carrés pour reconstituer les hardes.

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