•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les femmes autochtones sont davantage victimes de violence, selon deux enquêtes fédérales

Une femme regarde son téléphone dans une chambre.

Le contexte socioéconomique plus précaire des communautés autochtones serait lié à ce taux de femmes qui ont subi des violences (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Une situation longtemps décriée est maintenant démontrée : les femmes autochtones subissent proportionnellement plus de violence au cours de leur vie que les autres femmes.

C’est ce que concluent deux enquêtes statistiques du gouvernement fédéral menées en 2018 et en 2019.

Ces vastes sondages de plus de 45 000 répondants révèlent que près des deux tiers des femmes autochtones au pays (63 %) auraient subi une agression physique ou sexuelle au cours de leur vie.

Cette proportion est encore plus élevée chez les femmes métisses, dont 65 % auraient été victimes d’une agression.

Quant aux femmes inuk, ces enquêtes démontrent que 45 % d'entre elles ont subi une forme ou une autre de violence, soit la même proportion que les femmes non autochtones.

Contexte socioéconomique

Comment expliquer ces taux vertigineux?

Les enquêtes soulignent la responsabilité du passé colonial de l’État, qui aurait encore des répercussions sur les communautés et sur les familles autochtones de nos jours. Parmi ces répercussions, le contexte socioéconomique plus précaire dans les communautés autochtones serait lié au fait que les femmes autochtones subissent davantage de violence, d’après ces deux études.

Les enquêtes signalent que 11 % d'entre elles auraient été sous la responsabilité légale de l’État durant leur enfance, soit cinq fois plus que les allochtones (2,3 %). À l’âge adulte, 81 % de ces anciens enfants de l’État auraient subi une forme d’agression sexuelle ou physique. Selon ces études, cette donnée démontre le lien direct entre la victimisation des femmes autochtones et le contexte dans lequel elles évoluent.

De plus, toujours selon ces rapports, parmi les autres facteurs de victimisation, l’itinérance et une situation de handicap seraient directement liées à une proportion plus élevée de violence subie.

Violence conjugale

Les deux études démontrent par ailleurs que 44 % des femmes autochtones et 48 % des femmes métisses ont été victimes de violence conjugale.

Les auteurs de l’étude jugent cette proportion considérablement plus élevée que chez les femmes allochtones (25 %).

La travailleuse sociale Germaine Mckenzie, qui œuvre dans la communauté de Uashat mak Mani-utenam, n’est pas surprise par ces nouvelles données.

Elle estime qu’il est particulièrement difficile pour une femme autochtone de se sortir de ce qu’elle appelle le cercle de la violence.

Germaine Mckenzie se tient debout devant la mer, des arbres et des arbustes.

Germaine Mckenzie travaille auprès des femmes inuk victimes de violence conjugale.

Photo : gracieuseté de Germaine Mckenzie

Au début, c’est toujours difficile, parce qu’on pense qu’il n’y a plus personne qui va t’aimer, personne qui va t’accepter dans la communauté. On se victimise beaucoup, explique Mme Mckenzie.

Selon elle, la peur de déstabiliser leur noyau familial au détriment de leurs enfants pousse certaines femmes à rester dans ce contexte de violence.

Face à ce constat, Mme Mckenzie estime qu'il est du devoir des proches des victimes de dénoncer les comportements violents et d’accompagner les femmes de leur communauté.

Germaine Mckenzie espère qu'au-delà des statistiques, les témoignages de celles qui s’en sont bel et bien sorties permettront d’en inciter d’autres à aller chercher de l’aide.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !