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Carl Girouard était délirant et en pleine psychose, estime l’expert de la défense

Un dessin qui représente Carl Girouard.

Carl Girouard lors de son procès. (Archives)

Photo : Radio-Canada / ILLUSTRATION HBÉ

L’auteur de l’attaque au sabre était en plein délire, selon un psychiatre, lorsqu’il a tué deux personnes dans le Vieux-Québec en plus de s’attaquer à cinq autres.

Le Dr Gilles Chamberland a rencontré Carl Girouard à deux reprises pour évaluer sa responsabilité criminelle.

Il en est venu à la conclusion que le tueur était en pleine psychose lors des événements, ce qui faisait en sorte qu’il n’était pas en mesure de savoir si les gestes qu’il posait étaient bons ou mauvais.

Mandaté par la défense, le psychiatre a préparé un rapport de 29 pages dans lequel il pose plusieurs diagnostics.

Schizophrénie

Il croit que le jeune homme de 26 ans a connu un épisode de schizophrénie, qu’il est atteint d’un trouble léger du spectre de l’autisme et possiblement de troubles psychotiques induits par l’usage de cannabis.

Le Dr Chamberland estime par contre que les troubles psychologiques de Girouard ont débuté bien avant sa consommation de drogue.

Il fait ce constat, puisqu'il a pu consulter des rapports d’experts réalisés dans l’enfance de l’accusé.

Dès le primaire, le garçon turbulent qui tient des propos vulgaires et à caractère sexuel rencontre différents intervenants.

Lors d'une séance visant à analyser son comportement alors qu'il a 12 ans, Girouard frappe une poupée avec un bâton. Le psychologue note chez lui un potentiel agressif et impulsif extrêmement important .

C'est presque prémonitoire, croit le Dr Chamberland. Déjà, on a un embryon de ce qui va arriver.

Les différents rapports notent que la mère offre un encadrement adéquat, mais qu'elle est débordée avec ses quatre enfants.

On est loin d’un enfant de qui on ne s’est pas occupé, au contraire, insiste le Dr Chamberland.

« On a déjà ici un individu rigide, formel. »

— Une citation de  Dr Gilles Chamberland, psychiatre

À l'âge de 16 ans, les jeux vidéos vont prendre une place de plus en plus importante dans la vie de Girouard.

C'est aussi là qu'il commence à consommer de la drogue et qu'il achète son premier sabre, au prix de 150 $. Au fil du temps, il va en acheter une vingtaine, toujours à la recherche de la meilleure arme.

Il associe violence et supériorité, note le Dr Chamberland.

Girouard lui a confié préférer les jeux vidéos violents, avec des personnages maniant des épées.

Le délire s'installe

La mission aurait alors commencé à prendre forme dans la tête de l'adolescent, et sa deuxième personnalité pointe. Lorsqu’il revenait dans la réalité, tout était banal et plate, résume le psychiatre.

Le délire s'installe alors tranquillement, ce qui n'empêche pas le jeune homme de fonctionner.

Pour imager son constat, le psychiatre expliquer qu'un ordinateur peut très bien fonctionner, mais exécuter une mauvaise fonction.

Par exemple, un ordinateur programmé pour envoyer des centaines de cartes de souhaits pourrait tout aussi bien continuer à faire le travail, mais envoyer des menaces de mort.

C’est le fait que Monsieur souffre d’un trouble du spectre de l’autisme qui permet de comprendre que les symptômes psychotiques ont pu évoluer graduellement, jusqu’à culminer aux événements, écrit le psychiatre dans son rapport.

Selon le Dr Chamberland, tout va basculer au début de la pandémie quand Girouard quitte son emploi.

Il consacre alors ses journées, isolé, à consommer du cannabis et à jouer à des jeux vidéos. Sa deuxième personnalité a alors pris le dessus, et le jeune homme n'a pu résister à ses pulsions.

Le psychiatre poursuivra son témoignage lundi.

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