•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Comment surmonter les obstacles pour raviver les feux culturels autochtones?

Les communautés autochtones déplorent de ne pas être autorisées à participer à la prise de décisions concernant la gestion des feux de forêt alors qu'elles en subissent souvent les conséquences.

Ronald Ignace devant un petit feu sur une colline.

Ronald Ignace mène un brûlage culturel sur une colline près de sa maison dans la communauté de Skeetchestn.

Photo : Marianne Ignace

Des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) et des communautés autochtones engagées dans la gestion des incendies à travers le Canada ont identifié les principaux obstacles à la reprise des pratiques ancestrales de brûlages culturels.

Les communautés autochtones ont les connaissances nécessaires pour réduire le risque d'incendie de forêt dans leurs communautés, mais elles ne sont pas en mesure de les mettre en œuvre, affirme Amy Cardinal Christianson, principale auteure de l’étude et chercheuse au Service canadien des forêts (SCF).

Pourtant, des solutions existent, selon une récente étude publiée dans la revue scientifique Facets.

Une personne allume un feu sur une colline.

« C'est comme avoir un feu à côté duquel on peut marcher », explique la chercheuse Amy Cardinal Christianson, à propos des feux culturels.

Photo : Université de la Colombie-Britannique

Vaincre les idées préconçues

Les incendies sont souvent associés à des images négatives, telles que des flammes hors de contrôle, d'intenses nuages de fumée et des évacuations. Les brûlages culturels sont tout le contraire, selon la chercheuse métisse Amy Cardinal Christianson.

Les feux culturels sont de plus faible intensité que les brûlages contrôlés effectués par les services de lutte contre les incendies, mais offrent des avantages semblables pour l'environnement. Ils permettent de réduire les combustibles végétaux aux sols, ce qui peut réduire les risques d'incendies de forêt importants, précise la scientifique.

Les feux culturels sont dirigés par des experts qui ont une connaissance très intime du territoire.

« Le brûlage culturel est généralement un événement familial ou communautaire et il n'est pratiqué qu'à certains moments et dans certaines régions. »

— Une citation de  Amy Cardinal Christianson, chercheuse en incendies au SCF

Amy Cardinale Christianson affirme que la diversité au sein des pratiques culturelles au Canada est telle que ces nations ont besoin d’une certaine flexibilité de la part des institutions gouvernementales : Ce que nous devons vraiment faire, c'est soutenir et financer les nations et ce qu'elles veulent faire sur le terrain.

Un feu contrôlé dans une forêt.

Après avoir longtemps été bannis, les brûlages contrôlés sont reconnus par la Colombie-Britannique comme un moyen de prévenir des feux de forêt à haute intensité.

Photo : Université de la Colombie-Britannique

Reprendre le contrôle

L’étude révèle que les communautés autochtones sont plus susceptibles, dans une proportion de 30 %, d'être évacuées et de souffrir des conséquences des incendies de forêt que le reste de la population canadienne. Pourtant, elles ne sont toujours pas autorisées à participer à la prise de décisions concernant la gestion des incendies de forêt, déplore Amy Cardinal Christianson.

Ce sont les organismes gouvernementaux provinciaux qui choisissent qui a le droit de déclencher des brûlages contrôlés, selon la chercheuse.

En Colombie-Britannique, il est possible, pour les Premières Nations, de diriger leur propre brûlage, affirme Tony Pesklevits, responsable de l'engagement provincial de développer les feux culturels au service provincial de lutte contre les incendies BC Wildfire.

Nous travaillons avec elles à l'élaboration d'un plan pour réaliser ce brûlage et, souvent, pour déterminer si notre soutien ou notre assistance est nécessaire, ajoute-t-il.

Reprendre le contrôle de cette pratique culturelle peut cependant engendrer des problèmes de responsabilité légale pour les communautés en cas de perte de contrôle du feu. En Californie, une nouvelle loi adoptée en 2021 ajoute des protections juridiques pour ceux qui mènent des brûlages dans l'intérêt du public.

Une fierté à partager

Le chemin à parcourir pour faire reconnaître ces connaissances ancestrales est encore long, admet Tony Pesklevits, mais le gouvernement de la Colombie-Britannique se dit prêt à travailler avec les peuples autochtones afin d'utiliser leurs connaissances pour une meilleure gestion des feux.

L’un des problèmes soulevés par l’étude est le manque de financement pour former des intervenants à la pratique sécuritaire des feux traditionnels autochtones. Or, cet enseignement permet également d’en apprendre sur la santé des écosystèmes.

La revitalisation de ce savoir est également bénéfique pour la santé mentale des communautés, dont les connaissances ont longtemps été dénigrées par les autorités, note l'étude. Cela aide vraiment les gens à avoir confiance en eux et à être fiers de leur nation et de leurs aînés, conclut la chercheuse.

Ailleurs sur le web :

Radio-Canada n'est pas responsable du contenu des sites externes.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !