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La Première Nation de Neskantaga n’appuie pas le règlement fédéral sur l’eau potable

Un avis d'ébullition de l'eau est en vigueur dans la Première Nation de Neskantaga depuis 27 ans.

Un avis d'ébullition de l'eau est en vigueur dans la Première Nation de Neskantaga depuis 27 ans.

Photo : CBC/Olivia Stefanovich

Radio-Canada

La Première Nation de Neskantaga, dans le Nord-Ouest de l’Ontario, estime que le règlement du gouvernement fédéral qui permet aux résidents de Premières Nations affectées par l’insalubrité de l'eau de déposer des réclamations ne convient pas.

Je ne suis pas d'accord avec ce règlement, affirme Roy Moonias, membre de la Première Nation de Neskantaga, qui fait l'objet d'un avis d'ébullition de l'eau potable depuis près de trois décennies.

Roy Moonias estime que les termes de l'accord sont trop restrictifs.

J'ai entendu la communauté dire la même chose. Les membres ne sont pas d'accord.

Le règlement de huit milliards de dollars a été approuvé le 22 décembre dernier par la Cour fédérale du Canada.

Il fait suite à un recours collectif intenté par des Premières Nations qui font l'objet d’avis d’ébullition de l'eau depuis plusieurs années.

Un enfant transporte des bidons d'eau.

Un enfant transporte des bidons d'eau dans la Première Nation de Neskantaga.

Photo : Marcus Moonias

Cet accord prévoit une indemnisation de 1,5 milliard de dollars pour les personnes qui ont été privées d'eau potable.

Près de 142 000 personnes et 251 communautés autochtones sont admissibles à une indemnisation.

L'indemnisation est possible pour toute personne qui a vécu au sein d'une Première Nation qui a fait l'objet d'un avis d'ébullition de l'eau pendant au moins un an entre le 20 novembre 2013 et le 20 juin 2021.

Cependant, l'âge des demandeurs joue un rôle dans l'établissement du montant de l'indemnisation qu'ils peuvent obtenir.

Les personnes nées avant le 20 novembre 1995 ne sont admissibles à une indemnisation que pour la période qui va de 2013 à 2021.

Lors d’une conférence de presse, Roy Moonias a déclaré qu'il ne soutenait pas le règlement pour cette raison.

J'ai souffert pendant 27 ans. J'ai souffert, ma famille et toute la communauté ici, pendant 27 ans.

Selon les termes du règlement, M. Moonias a déclaré qu'il n'était admissible à une indemnisation que pour six ans sur un total de 27 ans.

Avec ce règlement, le gouvernement fédéral a également renouvelé son engagement à mettre fin aux avis d'ébullition à long terme de l'eau potable dans les Premières Nations.

Ce règlement prévoit aussi six milliards de dollars pour garantir un accès fiable à l'eau potable dans les communautés autochtones, la création d'un fonds de restauration économique et culturelle de 400 millions de dollars, la mise sur pied d'un comité consultatif des Premières Nations sur l'eau potable ainsi que la modernisation de la loi canadienne sur l'eau potable des Premières Nations.

Répercussions du manque d'eau potable

Le chef de Neskantaga, Wayne Moonias, indique que l'insalubrité de l'eau a causé des problèmes de santé chez les résidents de sa communauté.

Dans certaines maisons, nous avons vu de petits enfants qui portaient des bandages à cause de plaies et qui étaient exposés à de l'eau potable insalubre, a-t-il déclaré.

Le manque d'eau potable pendant une si longue période nuit également à la santé mentale des résidents, ajoute Wayne Moonias.

Avec ce règlement, le Canada reconnaît son rôle dans le manque d’accès des communautés autochtones à de l’eau potable, a indiqué la ministre des Services aux Autochtones, Patty Hajdu, lors d'un point de presse jeudi.

Assise devant des drapeaux canadiens, la ministre écoute une question lors d'une conférence de presse.

Patty Hajdu, ministre fédérale des Services aux Autochtones, en conférence de presse

Photo : La Presse canadienne / David Kawai

La ministre a indiqué qu'il y a 33 avis actifs à long terme d'ébullition de l'eau potable dans les communautés des Premières Nations. Une douzaine d'entre eux devraient être levés cette année.

Nous continuerons à travailler avec les 33 communautés et je parlerai personnellement aux chefs régulièrement afin que je comprenne comment nous pouvons les servir pendant que nous travaillons à la levée de ces avis sur l'eau, a-t-elle déclaré.

Avec les informations de CBC

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